« L’amour est la réalisation la plus complète des possibilités de l’homme. Il est l’actualisation maximale de la potentialité propre à la personne [1] ».
Karol Wojtyla propose une dense et complexe analyse de l’amour dans Amour et responsabilité, chap. 2. Il multiplie les distinctions et même les principes de distinction. Ceux-ci sont au nombre de trois. Le premier est la distinction des points de vue, c’est-à-dire l’objet formel. Elle détermine la répartition des trois sous-parties du chapitre : analyse générale, psychologique et morale de l’amour. Les deux autres concernent l’objet matériel (au sens scolastique), c’est-à-dire l’amour, selon qu’on le distingue en ses parties subjectives, c’est-à-dire ses espèces (autrement dit les formes d’amour), ou en ses parties intégrales, c’est-à-dire ses éléments (autrement dit les composantes de l’amour).
Sa forme d’esprit étant plus à l’aise avec l’analyse, le philosophe polonais n’a pas cherché à unifier son exposé. Tel sera, en revanche, notre propos : élaborer une approche récapitulative ou synthétique. Pour cela, nous allons dessiner différentes tableaux, du plus simple au plus synoptique (le tableau final qui ne peut se comprendre qu’après avoir parcouru les tableaux précédents). Nous développerons surtout l’analyse générale, qui est la plus complexe.
Il serait bon de présenter ces tableaux et l’accès au dernier tableau, avec l’aide d’un PowerPoint : 1. en avançant de manière progressive ; 2. en le couplant avec la pyramide des facultés humaines (car ils se superposent) ; 3. en le rendant plus attractif, par exemple avec des couleurs différentes, voire avec des images (!).
Précisons que l’ouvrage est un traité de morale sexuelle. Aussi Wojtyla parle-t-il de manière privilégiée de l’amour entre un homme et un femme, et vise l’accomplissement parfait de l’amour qui est le don de soi réciproque dans le cadre du mariage. Toutefois, en vue de mieux situer l’amour conjugal, il traite aussi des autres formes d’amour interpersonnel et même unilatéral.
L’ouvrage de Wojtyla se fonde sur l’anthropologie de saint Thomas (elle-même arrimée à celle d’Aristote) qu’il présuppose connue.
1) Présupposés
Pour être complet, il faudrait convoquer en amont deux autres tableaux, encore plus globaux : le premier est la distinction du corps et de l’âme (voire, de l’esprit et du cœur) ; le second est l’articulation dynamique de l’âme et des puissances (ou facultés). Nous considérerons seulement, en aval, la structure des facultés et la structure interne à une faculté. Ils sont à la fois nécessaires et suffisants pour comprendre le tableau des formes d’amour. Ces mises au point qui président implicitement au texte de Wojtyla, permettent aussi de mieux fixer le vocabulaire.
a) La structure de l’être humain
Par souci pédagogique, nous partirons des actes et non pas des facultés qui les fondent. Nombreux, ils se répartissent doublement.
La présentation peut se faire de deux manières, circulaire ou hiérarchique.
b) La structure d’un acte humain
Tout acte humain, d’un côté s’enracine dans une puissance ou faculté, de l’autre est orienté vers un objet (que, pour une part, on peut confondre avec sa fin).
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Structure générale |
Puissance (ou faculté) |
Acte (ou opération) |
Objet (ou fin) |
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Exemple dans le domaine cognitif |
Intelligence |
Connaître |
Être |
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Exemple dans le domaine affectif |
Affectivité sensible |
Désirer |
Bien sensible |
La puissance, l’acte et l’objet sont des données structurelles innées. En plus, avec l’histoire, s’ajoute une réalité fonctionnelle acquise, la disposition ou habitus. Sa finalité est de stabiliser le passage de la puissance à l’acte tout en inclinant celle-ci avec facilité vers celui-là. D’un point de vue ntologique, elle est donc intermédiaire entre la faculté et l’opération, autrement dit entre la puissance et l’acte. D’un point de vue éthique, elle se distingue en disposition bonne ou vertu, et disposition mauvaise ou vice. Ce nouveau tableau ajoute une vertu (qui est toujours plus spécialisée que la puissance).
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Structure générale |
Puissance (ou faculté) |
Disposition (ici vertueuse) |
Acte (ou opération) |
Objet (ou fin) |
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Exemple dans le domaine cognitif |
Intelligence |
Vertu de science, par exemple l’algèbre |
Calculer |
Nombres |
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Exemple dans le domaine affectif |
Affectivité sensible |
Vertu de tempérance |
Intégrer |
Bien sensible dans le bien spirituel |
2) Les différentes composantes de l’amour
Nous entrons désormais dans le texte du philosophe polonais et ses apports, toujours plus novateurs.
a) La cellule de base de l’amour
Cette cellule est composée de deux éléments constitutifs : la connaissance (qui précède l’amour) et l’amour (qui se fonde sur la connaissance).
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Connaissance |
Amour |
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Relation |
La connaissance fonde l’amour : je n’aime que ce que je connais ; je n’aime pas ce que je ne connais pas |
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Facultés humaines |
Spirituelles |
Intelligence |
Volonté |
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Sensibles |
Sens (externes et internes) |
Affectivité sensible |
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Source |
Amour et responsabilité, p. 92-95 |
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b) Les deux formes fondamentales de l’amour
Cette distinction, très traditionnelle, concerne l’essence de l’amour, car elle distingue les objets de l’amour ; or, l’objet spécifie l’acte (qui spécifie la faculté). Elle oppose deux formes ou deux espèces d’amour, selon qu’il est tourné vers soi ou vers l’autre. Le premier amour est l’amour de concupiscence et le second, l’amour de bienveillance.
Le point essentiel, avec la définition, est de comprendre qu’il ne s’agit pas d’une distinction morale : notamment, l’amour de concupiscence (malgré son nom) n’est pas mauvais en lui-même, mais seulement lorsqu’il est appliqué aux personnes, car cela revient à les utiliser (c’est-à-dire de faire appel à une norme utilitariste) et donc à s’opposer à leur respect (prescrit par la norme personnaliste).
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Nom |
Amour de concupiscence |
Amour de bienveillance |
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Définition |
Aimer un bien pour soi |
Aimer un bien pour l’autre |
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Application aux choses |
Légitime et bon |
Destructeur |
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Application aux personnes |
Destructeur |
Légitime et bon |
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Application à la norme |
La norme utilitariste |
La norme personnaliste |
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Source |
Amour et responsabilité, p. 72-75 |
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c) Les deux degrés d’amour
Cette distinction ne concerne plus l’essence de l’amour, spécifiée par son objet, mais son sujet, qui le reçoit et en vit.
La première répartition est celle de l’amour sensible et de l’amour spirituel. Elle se fonde sur l’anthropologie qui hiérarchise les facultés de l’homme en fonction des degrés de vie : les facultés sensibles (les sens et l’affectivité sensible), qui sont communes à l’homme et à l’animal ; les facultés spirituelles (l’esprit, c’est-à-dire intelligence et volonté), qui lui sont propres.
Il est essentiel, là encore, de ne pas moraliser cette distinction (par exemple, en affirmant que l’amour sensible, en soi désordonné, devrait être dépassé par l’amour spirituel, en soi ordonné), ni de la reconduire à la précédente (l’amour sensible serait l’amour de concupiscence et l’amour spirituel l’amour de bienveillance).
Métaphysicien et phénoménologue, Wojtyla fait appel à un double registre pour exprimer son propos. Selon le registre métaphysique, l’amour est déterminé par un objet qui, ici, est un bien. Selon le registre phénoménologique, il est déterminé par ce qui lui apparaît comme une valeur (et éveille en lui un vécu affectif).
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Nom |
Amour sensible |
Amour spirituel |
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Objet en termes de bien |
Biens sensibles, enracinés dans le corps (beauté, force, attrait sexuel, etc.) |
Bien en tant que bien perçu par l’intelligence (qualités morales, spirituelles, etc.) |
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Objet en termes de valeurs de l’être aimé |
Valeurs sensibles, sensuelles, etc. |
Valeurs de la masculinité et de la féminité, de la personne, etc. |
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Valeur morale |
Neutre |
Bon |
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Lien avec les deux formes de l’amour |
Tend vers l’amour de concupiscence |
Tend vers l’amour de bienveillance |
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Application aux choses |
Légitime et bon |
Destructeur |
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Application aux personnes |
Destructeur |
Légitime et bon |
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Source |
Amour et responsabilité, tout le chapitre 2 |
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d) Subdivision des objets
C’est ici que l’apport de Wojtyla est le plus original. En effet, il affine cette première distinction en subdivisant chaque niveau de l’amour selon son objet. Cette nouvelle distinction en espèces est aussi hiérarchique :
Au plan spirituel, Wojtyla distingue quatre niveaux qui vont de la bien-veillance (vouloir le bien) au don de soi, du moins au plus total, du plus extérieur au plus intime, du plus large au plus exclusif, du plus spirituel au plus intégré (spirituel et incarné), donc du plus pauvre au plus riche en signes (langages de l’amour). Le tableau n’a recueilli qu’une partie des caractéristiques.
Au plan sensible, Wojtyla distingue aussi quatre formes en fonction de leur objet selon qu’elles se portent sur les valeurs sensibles en général ou les valeurs sensibles liées à la sexualité. Les valeurs sensibles en général sont distinguées à partir d’un critère qui sera étudié dans le prochain paragraphe, selon qu’elles sont ou non réciproques. Les valeurs sensibles liées à la sexualité sont distinguées, selon qu’elles s’attachent soit à la sexualité liée au corps, c’est-à-dire à la génitalité, soit à la sexualité dans sa globalité, c’est-à-dire le masculin et le féminin
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Les deux genres d’amour |
Les espèces d’amour |
Caractéristiques de leur objet |
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Amour spirituel |
Amour sponsal conjugal |
Don de soi réciproque et total |
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Amour sponsal |
Don de soi unilatéral et total |
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Amour d’amitié |
Bienveillance réciproque intime |
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Camaraderie |
Bienveillance réciproque sans intimité |
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Amour sensible |
Amour de sympathie |
Valeurs sensibles et réciproques |
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Amour affectif |
Valeurs du masculin et du féminin |
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Sensualité |
Valeurs sexuelles de la génitalité |
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Émotion |
Valeurs sensibles sans réciprocité nécessaire |
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Source |
Amour et responsabilité, p. 80-104 |
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e) Les degrés d’achèvement de l’amour
L’amour trouve sa finalité, c’est-à-dire son accomplissement dans la communion des personnes. Concrètement, celui qui aime veut être uni à l’être aimé. On peut donc distinguer deux degrés dans l’amour selon qu’il atteint ou non sa finalité.
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Nom |
Amour unilatéral |
Amour réciproque |
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Définition |
Amour non partagé |
Amour partagé, communion |
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Exemple dans le cadre de l’amour sensible |
Sensualité, amour affectif |
Amour de sympathie |
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Exemple dans le cadre de l’amour spirituel |
Amour sponsal |
Camaraderie, amitié, amour conjugal |
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Source |
Amour et responsabilité, p. 76-80 |
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f) Les vertus de l’amour
Les vertus sont les dispositions habituelles à bien agir. L’entrée dans la sphère morale exige la présence de ces vertus qui ordonnent les mouvements affectifs vers le bien de la personne.
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Vertu |
Chasteté |
Amitié |
Charité |
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Les formes grecques de l’amour [2] |
La vertu de l’éros |
La philia |
L’agapè |
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Définition |
Vertu morale acquise, espèce de la tempérance, |
Vertu morale acquise, annexe à la justice, qui règle la relation gratuite à autrui |
Vertu théologale qui donne d’aimer comme Dieu aime, c’est-à-dire en se donnant |
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Perfectionne l’amour… |
sensible et surtout sensuel |
volontaire, c’est-à-dire de bienveillance |
de don de soi |
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Source |
Amour et responsabilité, p. 104-129 |
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3) Le tableau synthétique
Les différentes études qui précèdent sont complexes ; de plus, elles peuvent paraître juxtaposées. En réalité, elles se composent. Un unique tableau tentera de synthétiser l’essentiel de ces analyses. Il doit être parcouru de bas en haut, car il s’achemine vers la forme la plus élevée de l’amour. Toutefois, une forme plus élevée, loin d’effacer ou de nier les formes moins hautes, les intègre et en a besoin pour s’incarner.
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Formes et degrés d’amour |
La connaissance qui fonde l’amour [3] |
L’amour [4] |
Relation aux formes d’amour |
Vertus [5] |
Sources |
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Faculté |
Opération |
Objet (valeur) |
Faculté |
Opération |
Objet (valeur) |
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Amour sponsal conjugal |
Intelligence et sens |
Connaissance réciproque et intime |
Personnes en leur intimité unique |
Volonté libre et affectivité sensible |
Don de soi réciproque et total |
Communion totale des personnes |
Tend vers l’amour de bienveillance et l’amour de concupiscence |
Charité, amitié et chasteté |
p. 89-91 |
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Amour sponsal |
Intelligence et un peu les sens |
Connaissance unilatérale et intime |
Personne en son unicité |
Volonté libre et un peu l’affectivité |
Don de soi unilatéral et total |
Valeur unique de la personne |
Charité (agapè) et chasteté |
p. 86-89 |
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Amour d’amitié |
Connaissance réciproque et subjective |
Personnes en leur intimité |
Bienveillance réciproque intime |
Valeurs intimes des personnes |
Tend vers l’amour de bienveillance et un peu l’amour de concupiscence |
Amitié et chasteté |
p. 82-84 |
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Camaraderie |
Intelligence |
Connaissance réciproque et encore extérieure |
Personnes en leur extériorité |
Volonté (ou affectivité spirituelle) |
Bienveillance réciproque sans intimité |
Valeurs extérieures des personnes |
Tend vers l’amour de bienveillance |
Amitié (philia) |
p. 84-86 |
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Amour de sympathie |
Sens (externes comme la vue et internes comme l’imagination) |
Perception sensible particulière |
Valeurs sensibles et réciproques |
Affectivité sensible |
Sentiment (pathie) |
Valeurs sensibles et réciproques |
Tend vers l’amour de concupiscence (éros) |
Chasteté |
p. 80-82 |
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Amour affectif |
Valeurs du masculin et du féminin |
Sentiment |
Valeurs du masculin et du féminin |
p. 100-104 |
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Sensualité |
Valeurs sexuelles du corps |
Émotion particulière |
Valeurs sexuelles du corps |
p. 95-100 |
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Émotion |
Perception sensible générale |
Valeurs sensibles |
Émotion générale |
Valeurs sensibles |
Neutre (amoral) |
p. 92-95 |
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Amour en général |
Facultés de connaissance |
Prise de conscience |
Bien (valeur) de l’autre |
Affectivité en général |
Bien (valeur) de l’autre |
Attrait |
Bien (valeur) de l’autre |
p. 65-71 |
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Faudrait-il ajouter deux colonnes à gauche, en deuxième position, pour une définition, et en troisième position, pour un exemple pour chaque forme et degré d’amour ? Et une avant les vertus : Relation aux formes d’amour (tend vers) : tend à la concupiscence et tend à la bienveillance
Pour une présentation plus claire, il faudrait peut-être inverser le tableau ou le présenter dans le sens de la largeur.
Pascal Ide
[1] Karol Wojtyla, Amour et responsabilité, p. 74.
[2] Même si Wojtyla n’établit pas une connexion avec les trois termes désignant l’amour en grec, elle ne semble pas déplacée et offre un éclairage complémentaire.
[3] Cf. « Analyse générale de l’amour », p. 65 s.
[4] Cf. « Analyse psychologique de l’amour », p. 92 s.
[5] Cf. « Analyse morale de l’amour », p. 109 s.