The Wicker Man
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Pays:
américano-germano-canadien
Thème (s):
Justicier, Sauveteur, Secte, Triangle maléfique
Date de sortie:
1er septembre 2006
Durée:
1 heures 42 minutes
Évaluation:
**
Directeur:
Neil LaBute
Acteurs:
Nicolas Cage, Ellen Burstyn, Kate Beahan
Age minimum:
Adolescents et adultes

The Wicker Man, biopic américano-germano-canadien de Neil LaBute, 2006. Remake du film éponyme de Robin Hardy, parfois traduit Le Dieu d’osier, 1973. Adapté du roman de David Pinner, Ritual, 1967. Avec Nicolas Cage.

Thèmes

Sauveteur, Justicier, Triangle Maléfique, secte.

  1. Assurément, cette resucée du film culte de 1973 est un nanar fini (ah, la scène absurde où l’allergique Edward se précipite vers des ruches de plus en plus nombreuses !) doublé, ce qui est bien pire, d’une trahison idéologique (en gommant la référence chrétienne, il a anéanti le sens profond de l’histoire qui est l’abandon de la foi chrétienne au profit d’un culte néo-païen, idolâtre et assassin) et d’une charge féministe contre le mal identifié au mâle (piégé par la séduction, il n’est au fond qu’un homme d’osier que brûle sa passion amoureuse et que remplacera le symbole phallique du soleil qui remplit la dernière image du film avant la conclusion).

 

  1. Demeure une leçon intéressante : rien ne serait arrivé si le policier Edward Malus n’était un Sauveteur professionnel, potentialisé d’un Justicier (je me permets de renvoyer à mon étude sur le passage du Triangle dramatique de Karpman au Rectangle maléfique, qui le symétrise, en l’enrichissant de la posture du Justicier versus le juste Juge : alors que le Sauveur/Sauveteur prend soin de la Victime/Victimaire, le Juge/Justicier combat le Bourreau [1]). Toute l’imprudence aveugle du représentant de la paix tient à ce que, voulant sauver l’autre malgré lui, il ira jusqu’à se perdre et la perdre. Rappelons cette règle fondamentale de toute sortie de secte : nul ne peut faire sortir physiquement quelqu’un d’une communauté sectaire si celui-ci n’a pas d’abord consenti à en sortir psychiquement. Deux signes qui sont deux scènes parmi beaucoup :

Lors d’une confrontation insistante avec son ex-compagne, Willow, Edward la contraint de se justifier, au point qu’elle en vient à se contredire. Incapable de s’expliquer, elle joue alors de sa tactique ultime : elle fond en larmes et tombe dans ses bras. Comprenons bien : plus encore que par l’amour toujours présent dont elle l’a très intentionnellement et très perversement blessé en l’abandonnant, le policier est manipulé par lui-même, à savoir par son besoin compulsif de sauver son prochain, qu’il le veuille ou non.

Dans la conclusion du film, qui prépare une nouvelle tragédie, le spectateur est moins horrifié par le machiavélisme de la double tentatrice et séductrice, que par la faille abyssale du jeune homme qui avoue avoir choisi la profession de policier (encore un !) : « Parce que je veux aider les autres ».

 

Il est urgent que le chrétien découvre le véritable sens de la diaconie du Christ. Oui, « la charité est serviable » (1 Co 13,4), et c’est même là une de ces notes les plus distinctives. Toutefois, servir n’est pas asservir, mais attendre que le prochain (adulte et responsable) s’approche et demande de l’aide.

Pascal Ide

[1] Cf. Pascal Ide, « Du Triangle dramatique de Karpman au Carré maléfique », Nouvelle revue théologique, 141 (2019) n° 3, p. 466-484.

Edward Malus (Nicolas Cage), un policier américain, reçoit des nouvelles de son ex-fiancée, Willow Woodward (Kate Beahan), dont la fille, Rowan (Erika Shaye Gair), a disparu. Il obtient l’aide d’un pilote qui l’emmène sur l’île, au large des côtes de l’État de Washington, où elles vivent.

L’île est dirigée par Sœur Summersisle (Ellen Burstyn), une femme âgée qui est traitée comme une déesse. L’économie de l’île repose sur la production de miel mais Malus apprend que celle-ci a récemment diminué. Malus pose des questions aux villageois sur Rowan, mais ils ne lui donnent que des réponses évasives. Il voit plus tard deux hommes portant un grand sac ruisselant de sang, puis trouve une nouvelle tombe anonyme dans le cimetière. La tombe contient seulement une poupée brûlée. À l’école du village, l’enseignante Sœur Rose (Molly Parker) tente d’empêcher Malus de voir le registre de classe. Quand il voit que le nom de Rowan a été biffé, Rose lui dit qu’elle a été brûlée. Le jour du rituel, Malus attaque Sœur Beech (Diane Delano), vole son costume et rejoint le défilé conduit par Sœur Summersisle. Comprendra-t-il enfin quel sombre dessein se trame sur cette île presque exclusivement féminine et réussira-t-il à sauver Rowan de cette secte mortifère ?

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