Orgueil et psychologie

L’orgueil, l’un des sept péchés capitaux et même le capitaine des capitaux [1], relève de la théologie morale. Pourtant, la psychologie actuelle s’y intéresse, au point d’affiner les descriptions de l’éthique théologique. En l’occurrence, elle en propose un véritable tableau clinique que l’on pourrait décliner en six manifestations (ou signes) principaux que nous allons parcourir.

1) Le soi, mesure de l’autre

Nous avons spontanément tendance à préférer ce qui nous ressemble. Autrement dit, nous sommes portés à nous centrer sur nous et nous prendre comme mesure du bien. Cette homophilie (au sens étymologique qui signifie « amour du même ») est à ce point universelle et ancienne que déjà les philosophes grecs se posaient la question : l’amitié se fonde-t-elle sur la ressemblance ou sur la dissemblance ? La psychologie répond à cette question non pas en prescrivant ce qui doit être, mais en décrivant ce qui est. Elle établit que cette tendance à choisir des amis ou un conjoint qui est semblable à nous est transculturelle, donc universelle. Concernant tous les hommes (êtres humains), cette propension concerne tout l’homme : les caractéristiques physiques (la taille, la similitude corporelle, la beauté physique) et psychologiques (les valeurs morales, la culture, l’éducation) [2] ; plus étonnant, les biens (la santé mentale [3]) et les maux (celui qui souffre d’hypertension ou d’hypercholestérolémie choisira plus volontiers une personne présentant les mêmes signes pathologiques [4]) ; l’état extérieur et l’état intérieur (les conjoints présentent un niveau de bien-être ou de mal-être, c’est-à-dire de stress plus proche que l’écart moyen [5]) ; l’intra- et l’inter-générationnel (la fille qui a bénéficié d’une relation de qualité avec son père a tendance, devenue femme, à choisir un partenaire qui présente plus de similitudes morphofaciales avec son père que la moyenne [6]).

Ce qui vaut pour l’amour vaut aussi pour la confiance qui en est la condition. C’est ainsi que nous accordons plus volontiers notre confiance à une personne qui nous ressemble corporellement [7].

2) La préférence de soi

Avançons d’un pas dans le nombrilisme. Nous sommes spontanément portés à nous préférer. Ce n’est assurément pas une révélation. Il suffit de prendre conscience du nombre de nos pensées tournées vers nous et nos préoccupations.

Nous n’écarquillerons pas les yeux, même si le fait est déjà signifiant, en apprenant que nous mémorisons mieux les informations qui concernent notre personne que celle d’autrui. C’est ce qu’a montré une expérience au protocole ingénieux. L’on a présenté à des sujets une série de mots ; puis on leur a demandé si ceux-ci les décrivaient personnellement ou non ; enfin, après avoir repris la liste, on a demandé aux participants d’évoquer les termes. L’on a fait de même avec un groupe témoin, le lien avec soi en moins. Résultat : les termes corrélés à la description personnelle étaient plus souvent rappelés dans le premier groupe que dans le groupe témoin. La mémoire engramme donc plus ce qui nous concerne [8].

Plus étonnant, cette survalorisation s’étend non seulement à nous, mais aux biens qui nous sont liés. C’est ce que montre une autre expérience astucieuse. Au cours d’une tombola, une chercheuse de l’Université de l’Ontario qui vendait des tickets soit proposait de les choisir, soit les donnait au hasard. Dans un second temps, un compère offrait de le racheter (avant l’issue du tirage). Le prix offert pour le rachat était très différent, entre le premier et le deuxième groupe. Non seulement, il était supérieur, mais il l’était quatre fois [9] ! Voire, même la seule imagination (indépendamment de la possession réelle) suffisait à accroître cette valeur [10]. De même, si l’on nous offre un cadeau, nous estimons plus favorablement la valeur de l’objet que s’il ne nous a pas été donné [11]. Or, bien évidemment, la valeur objective du ticket est identique. Par conséquent, la différence tient au lien subjectif que la personne a noué avec ce bien. Or, la liberté est une capacité d’autodétermination. Elle fait de nous le centre de notre univers : « En disant ‘moi’ – observe profondément le philosophie Louis Lavelle –, je donne au monde un centre [12] ». Notre système de valeurs est donc autocentré. Cet effet est si paradoxal que les psychologues lui ont donné un nom : l’« effet de dotation ».

Mais la psychologie nous révèle que cette autocentration s’invite de manière beaucoup plus large et inattendue que nous ne savons. C’est ce que montre un processus appelé « phénomène de la soirée cocktail ». Par exemple, dans le brouhaha d’une soirée bruyante, s’il est normal de tendre involontairement l’oreille si quelqu’un prononce notre prénom ou notre nom, en revanche, il est plus surprenant que nous devenions attentifs lorsque quelqu’un qui ne s’adresse pas à nous prononce quelques syllabes de notre prénom [13]. Or, bien évidemment, celui-ci exprime notre identité. Nous sommes donc inconsciemment portés à accorder plus d’attention à ce qui nous concerne.

Plus étonnant encore, nous préférons (ce qui est plus qu’être conscient) spontanément les lettres de notre nom ou de notre prénom que les autres lettres de l’alphabet (l’étude ayant bien entendu pris en compte le facteur correctif qu’est la fréquence de ces lettres dans l’alphabet de notre langue) [14] ; et la préférence s’accentue pour nos initiales [15]. Or, spontané s’oppose à volontaire. Il s’agit donc bien d’une inclination naturelle à s’intéresser à soi plutôt qu’à l’autre.

Cette préférence de soi va jusqu’à influencer les choix apparemment les plus hétérogènes à notre identité patronymique. Les chercheurs ont ainsi établi que la ressemblance avec notre prénom joue un rôle dans le choix du conjoint (nous opterons un peu plus souvent pour quelqu’un dont le prénom ressemble au nôtre [16]), de la profession (il y a plus de Dennis qui sont des dentistes et de Lawrence qui sont lawyers, « juristes », que la moyenne !) ou de la ville d’habitation (de même il y a plus de Louis qui déménage en Lousiane ou à Saint-Louis que la moyenne !) [17]. Cette coïncidence qui atteste notre autoscopie inconsciente est tellement troublante que l’expérience a été reproduite et confirmée dans douze langues européennes [18].

3) La sélection du positif ou la dissimulation de son ombre

Jusqu’ici, nous avons constaté la centration privilégiée de notre vouloir sur notre ego. Nous avons aussi commencé à voir qu’elle entraîne une déformation de notre jugement, donc de notre savoir, concernant les choses. Mais cette altération va plus loin et introduit ce que la psychologie cognitive appelle des phénomènes de dissonance cognitive [19]. Elle concerne notre appréciation de nous-même. Dans un ouvrage consacré aux Sept péchés capitaux de la mémoire, le psychologue américain Daniel Schacter, un des plus grands spécialistes de la mémoire, explique que celle-ci sélectionne les informations afin de valoriser notre image [20].

En effet, nous avons tendance à négliger les informations qui soulignent nos limites ou nos défauts [21]. De même, nous surestimons nos anciens salaires ou notre générosité et sous-estimons nos défauts, comme le nombre de verres d’alcool que nous avons bus pendant une soirée [22]. Une étude a comparé deux groupes à qui l’on remettait un faux profil de personnalité accompagné d’une prévision sur l’évolution mentale et physique : au premier, la prévision était optimiste, au second, pessimiste. Résultat : le second groupe était moins porté à croire le test que le premier [23]. Nous avons donc tendance à tendre à notre ego une image plus positive.

C’est aussi ce que montre la recherche suivante. Des étudiants avaient exprimé un avis favorable sur leur place dans les prises de décision concernant le cursus universitaire. Une semaine après, ils devaient rédiger un essai où ils contredisaient leur première prise de décision. Sans surprise, conformément aux lois de la dissonance cognitive, ils avaient été influencés par leur premier avis, à raison de 10 points sur une échelle en comportant 60. Dans un deuxième temps, aussitôt après la réalisation de l’essai, l’on a demandé aux étudiants de se rappeler leur réponse à la même question faite la semaine précédente. Or, non seulement ils minimisaient leur position antérieure d’une proportion signifiante (10 points sur 60), mais ils n’avaient pas conscience de cette modification. Ainsi, leur mémoire dissimulait ce changement qui, perçu, affecterait leur cohérence intérieure et donc leur image d’eux-mêmes.

4) Le mensonge sur soi

Mais l’effet du gonflement de l’ego est encore plus délétère que notre (involontaire) dissimulation. Il va jusqu’au mensonge sur nous-mêmes. Par exemple, nous sommes inclinés à expliquer un événement positif par des raisons qui nous valorisent comme notre intelligence, notre honnêteté, notre gentillesse et un événement négatif par des raisons qui relèvent du hasard (« c’est la faute à pas de chance »). Or, dans les deux cas, il s’agit d’un événement, donc d’un fait fortuit. Ainsi, nous nous mentons sur la cause de ce qui nous advient. Par exemple, selon une étude menée à l’université de Paris-Ouest-Nanterre, les enseignants expliquent spontanément la réussite de leurs élèves par leurs qualités pédagogiques et leurs échecs par leur milieu familial [24]. De même, une personne qui a passé un test psychologique la conteste davantage lorsque le résultat est médiocre que lorsqu’il est brillant ; or, le correcteur ne commet pas plus d’erreurs en mettant une note basse qu’une note élevée [25]. Le mensonge sur soi peut aller jusqu’à s’inventer des qualités afin de mieux se faire accepter. Des chercheurs de l’université d’Aix-en-Provence ont fait passer des tests informatisés à des femmes sur leur profil de personnalité. Puis, ils leur ont attribué des résultats (faux) affirmant qu’elles avaient un profil de dominées. Dans une seconde phase de l’expérimentation qu’ils prétendaient être indépendantes, ils ont observé que ces femmes avaient tendance à se dire plus sensibles (empathiques) aux autres. Puisque le résultat du test était dévalorisant, les sujets ont donc compensé (inventé) en avançant des qualités qui, en relation avec ce résultat, les valorisaient [26].

Le processus de survalorisation mensongère de soi est si constant que les psychologues lui ont donné un nom : l’effet SAM (« supérieur à la moyenne ») [27]. Par exemple, seuls 2 % des adultes américains se considèrent comme des parents, époux ou enfants au-dessous de la moyenne quant à l’intelligence, la fiabilité ou la volonté de travailler [28]. Or, bien évidemment, la moyenne est à 50 %. C’est dire que l’immense majorité des Américains se trompent dans leur auto-évaluation. Ce qui est vrai pour le travail professionnel l’est aussi pour la stabilité du couple (20 % des couples interrogés estiment qu’ils peuvent divorcer, alors que le taux est de un sur deux), le niveau scolaire ou universitaire [29], voire l’intelligence de notre animal de compagnie, en l’occurrence le chien [30] ! Voire, il est tellement résistant ou robuste que même ceux qui le connaissent y succombent ! Une recherche a pris en compte un groupe d’étudiants qui, sans surprise, s’estimaient meilleurs que les autres dans 90 % des cas ; puis, un cours très étayé et très convaincant leur a montré l’effet SM ; alors, dans un troisième temps, les chercheurs ont demandé aux étudiants : pensez-vous que votre première évaluation a été influencé par ce biais cognitif ? Réponse : 75 % répondirent par la négative [31] ! Et n’allons pas nous imaginer que celui qui se survalorise le plus est aussi celui qui possède le plus de valeur. La même étude a testé les capacités de raisonnement des participants : les plus mauvais raisonneurs étaient les plus beaux parleurs (ceux qui se surestimaient le plus) !

Vous me direz que ce ne sont encore que des étudiants ? Ce biais est enseigné aux psychologues sociaux et eux-mêmes l’enseignent à leurs étudiants. Pourtant, une étude a montré que ces professeurs se sentaient plus moraux que leurs collègues du point de vue de la pratique professionnelle [32] !!

Ce phénomène d’auto-mensonge est tellement généralisé qu’un chercheur de l’université de l’Ohio parle du « moi totalitaire ». Il entend par là que notre ego a tendance à agir comme un dictateur ; or, avant même de prendre le pouvoir de force, celui-ci cherche à contrôler l’information [33]. En l’occurrence, à nous mentir à nous-mêmes et aux autres en surestimant systématiquement nos compétences.

5) La dévalorisation de l’autre

Jusqu’à maintenant, nous avons parlé des signes de philautie démesurée vis-à-vis de soi. Mais « tout est relié ». Nous sommes systémiquement connectés à autrui. Aussi, les conséquences toxiques de notre tumor mentis ne peuvent pas ne pas affecter autrui. Se valoriser signifie implicitement dévaloriser autrui. Donc, le mensonge dû à la majoration de soi se dédouble.

Ce processus se constate en plein. Dans la vie conjugale, chacun est en général spontanément convaincu qu’il accomplit plus de tâches domestiques que l’autre : descendre les poubelles, passer la serpillière, faire réciter les leçons, faire le plein d’essence, etc. [34]

Cette dévalorisation d’autrui s’observe aussi dans le travail. Dans un travail collaboratif, nous avons tendance à surestimer notre participation vis-à-vis de notre partenaire [35]. La plupart des commerciaux s’estiment plus honnêtes que leurs confrères [36], les chauffeurs estiment mieux conduire, c’est-à-dire plus prudemment que les autres, etc.

Voire, encore plus étonnant et plus amusant, cela vaut même pour la vie spirituelle. Une intéressante enquête réalisée auprès de mille personnes leur a demandé si elles pensaient que telle ou telle personnalité célèbre irait au Ciel après leur mort. Réponse : Mère Teresa, 69 % ; Michael Jordan, 65 % ; princesse Diana, 60 %. Mais le résultat intéressant n’est pas les précédents, mais celui-ci : pas moins de 87 % des personnes étaient assurées de prendre l’autobus pour le paradis [37]…

6) La délectation du malheur d’autrui

Cette dévalorisation d’autrui se vérifie aussi en creux : diminuer le bien de l’autre conduit à se réjouir de son malheur. Autrement dit, une moindre réussite suscite en nous une satisfaction. Ce phénomène se vérifie pour les proches (familialement, amicalement, professionnellement) [38] ou pour les people (telle célébrité qui passe du succès à l’échec) [39] ; pour les individus ou pour les groupes [40] ; dans la réalité et même dans la fiction (le malheur d’un personnage qui suscite l’envie active le striatum qui est une des zones du plaisir [41]) ; en curatif ou en préventif (pour diminuer cette réaction jalouse, celui qui réussit tend à déjouer celle-ci en rendant service [42]).

Ce phénomène quelque peu gênant (tant il nous rappelle la jalousie dont reparlera la conclusion, sentiment qui n’est guère valorisé socialement) est si connu que l’allemand lui donne un nom : Schadenfreude [43].

7) Conclusion

Les six signes de notre survalorisation spontanée peuvent être regroupés par paires :

 

+ signes individuels

++ volitifs

+++ la centration sur soi (1)

+++ la préférence de soi (2)

++ cognitifs

+++ l’illusion sur soi (3)

+++ le mensonge sur soi (4)

+ signes systémiques

++ en plein (5)

++ en creux (6)

 

La théologie morale nous apprend plusieurs choses : dans sa condition postlapsaire (consécutive au péché originel), l’homme est spontanément incliné au mal ; ce mal prend la forme générique de la préférence de soi ; cette spontanéité qui est inframorale, donc non responsable, se moralise en devenant intentionnelle (volontaire) et donc, par notre consentement, devient un péché actuel ; l’orgueil est le premier des péchés capitaux ; comme tous les péchés capitaux, il est tête (caput, capitis) d’autres fautes comme la dissimulation ; la jalousie est la tristesse du bien de l’autre.

La psychologie retrouve donc certains enseignements de l’éthique théologique. En retour, elle l’enrichit, en montrant que, parmi ces effets toxiques de l’auto-centration, le mensonge (sur soi), l’aveuglement sur la valeur de l’autre et la jalousie tiennent une place particulière. Par ses multiples expérimentations, elle affine aussi ce que l’on pourrait appeler le « tableau clinique ». Par exemple, elle a repéré que la jalousie est un morceau d’autobiographie, autrement dit sélectionne les domaines de valorisation [44].

Assurément, les sciences psychologiques sont descriptives et non pas prescriptives. Elles peuvent donc seulement montrer notre forte propension à l’orgueil. Mais elles confirment son extension et sa profondeur, précisent notre connaissance de nous-mêmes et nous rendent attentives à notre besoin de paradoxalement grandir en humilité !

Pascal Ide

[1] Cf. Pascal Ide, Les sept péchés capitaux. Ce mal qui nous tient tête, en collaboration avec Luc Adrian, Paris, Édifa-Mame, 2002, chap. 2.

[2] Cf. Steven G. Vandenberg, « Assortative mating, or who marries whom? », Behavior Genetics, 2 (1972) n° 2-3, p. 127-157.

[3] Cf. Alan Feingold, « Matching for attractiveness in romantic partners and same-sex friends: A meta-analysis and theoretical critique », Psychological Bulletin, 104 (1988) n° 2, p. 226-235.

[4] Cf. Lucy Vincent, Comment devient-on amoureux ?, Paris, Odile Jacob, 2006, p. 20.

[5] Cf. Darby Saxbe & Rena L. Repetti, « For better or worse? Coregulation of couples’ cortisol levels and mood states », Journal of Personality and Social Psychology, 98 (2010) n° 1, p. 92-103.

[6] Cf. Agnieszka Wiszewska, Bogusław Pawłowski & Lynda Boothroyd, « Father-daughter relationship as a moderator of sexual imprinting: A facialmetric study », Evolution and Human Behavior, 28 (2007) n° 4, p. 248-252.

[7] Cf. Lisa M. DeBruine, « Facial resemblance enhances trust », Proceedings of the Royal Society B, 269 (2002) n° 1498, p. 1307-1312.

[8] Cf. Tim B. Rogers, Nicholas A. Kuiper & W. S. Kirker, « Self-reference and the encoding of personal information », Journal of Personality and Social Psychology, 35 (1977) n° 9, p. 677-688.

[9] Cf. Ellen J. Langer, « The illusion of control », Journal of Personality and Social Psychology, 32 (1975) n° 2, p. 311-328.

[10] Cf. James K. Beggan, « On the social nature of nonsocial perception: The mere ownership effect », Journal of Personality and Social Psychology, 62 (1992) n° 2, p. 229-237.

[11] Cf. James R. Wolf, Hal Richard Arkes & Waleed A. Muhanna, « The power of touch: An examination of the effect of duration of physical contact on the valuation of objects », Judgment and Decision Making, 3 (2008) n° 6, p. 476-482.

[12] Louis Lavelle, La conscience de soi, Paris, Grasset, 41933, p. 140.

[13] Cf. Neville Moray, « Attention in dichotic listening: Affective cues and the influence of instructions », The Quarterly Journal of Experimental Psychology, 11 (1959), 56-60.

[14] Cf. Jozef M. Nuttin, « Narcissism beyond Gestalt and awareness: The name letter effect », European Journal of Social Psychology, 15 (1985) n° 3, p. 353-361.

[15] Cf. Sander L. Koole, Ap Dijksterhuis & Ad van Knippenberg, « What’s in a name: Implicit self-esteem and the automatic self », Journal of Personality and Social Psychology, 80 (2001) n° 4, p. 669-685.

[16] Cf. Jesse Chandler & Tiffany M. Griffin & Nicholas Sorensen, « In the ‘I’ of the storm: Shared initials increase disaster donations », Judgment and Decision Making, 3 (2008) n° 5, p. 404-410.

[17] Cf. Brett W. Pelham, Matthew C. Mirenberg & John T. Jones, « Why Susie sells seashells by the seashore: Implicit egotism and major life decisions », Journal of Personality and Social Psychology, 82 (2002) n° 4, p. 469-487.

[18] Cf. Joseph Nuttin, « Affective consequences of mere ownership: The name letter effect in twelve European languages », European Journal of Social Psychology, 17 (1987) n° 4, p. 381-402.

[19] Cf. Joel Cooper, Cognitive Dissonance. Fifty Years of a Classic Theory, London, Sage, 2007.

[20] Cf. Daniel Schacter, The Seven Sins of Memory: How the Mind Forgets and Remembers, Boston, Hougton Mifflin Company, 2001.

[21] Cf. Mark Leary, The Curse of the Self: Egotism, and the Quality of Human Life, Oxford, Oxford University Press, 2006.

[22] Cf. Elizabeth F. Loftus, Memory: Surprising New Insights into How We Remember and Why We Forget, Reading, Boston, Addison-Wesley Publishing, 1980.

[23] Cf. Peter H. Ditto &. Andrea Fox Boardman, « Perceived accuracy of favorable and unfavorable psychological feedback », Basic and Applied Social Psychology, 16 (1995) n° 1-2, p. 137-157.

[24] Cf. Patrick Gosling, Qui est responsible de l’échec scolaire ? Représentations sociales, attributions et rôle d’enseignant, coll. « Psychologie sociale », Paris, p.u.f., 1992.

[25] Cf. Forsyth & Schlenker, « Attributing the causes of group performance: Effects of performance quality, task importance, and future testing », Journal of Personality, 45 (1977) n° 2, p. 220-236.

[26] Cf. Laurent Buègue-Shankland, « Effet du pouvoir social dans l’usage de dimensions expressives dans la description de soi », Cahiers internationaux de psychologie sociale, 65 (2005), p. 27-32.

[27] Cf. Mark D. Alicke, M. L. Klotz, David L. Breitenbecher, Tricia J. Yurak & Debbie S. Vredenburg, « Personal contact, individuation, and the better-than-average effect », Journal of Personality and Social Psychology, 68 (1995) n° 5, p. 804-825.

[28] Cf. Jerold Heiss & Susan Owens, « Self-evaluations of Blacks and Whites », American Journal of Sociology, 78 (1972) n° 2, p. 360-370.

[29] Cf. David Dunning, Kerri Johnson, Joyce Ehrlinger & Justin Kruger, « Why people fail to recognize their own incompetence », Current Directions in Psychological Science, 12 (2003) n° 3, p. 83-87.

[30] Cf. Amani El-Alayli, Amy L. Lystad, Sara R. Webb, Staci L. Hollingsworth & Jen L. Ciolli, « Reigning cats and dogs: A pet-enhancement bias and its link to pet attachment, pet-self similarity, self-enhancement, and well-being », Basic and Applied Social Psychology, 28 (2006) n° 2, p. 131-143.

[31] Cf. Justin Kruger & David Dunning, « Unskilled and unaware of it: how difficulties in recognizing one’s own incompetence lead to inflated self-assessments », Journal of Personality and Social Psychology, 77 (1999) n° 6, p. 1121-1134.

[32] Cf. Paul A. M. Van Lange & Jeff Joireman, « The Psychology of Social Dilemmas: A Review », Organizational Behavior and Human Decision Processes, 120 (2013) n° 2, p. 125-141.

[33] Cf. Anthony G. Greenwald, « The totalitarian ego: Fabrication and revision of personal history », American Psychologist, 35 (1980) n° 7, p. 603-618.

[34] Cf. William A. Johnston, « Individual performance and self-evaluation in a simulated team », Organizational Behavior & Human Performance, 2 (1967) n° 3, p. 309-328.

[35] Cf. Michael Ross, Fiore Sicoly, « Egocentric biases in availability and attribution », Journal of Personality and Social Psychology, 37 (1979) n° 3, p. 322-336.

[36] Cf. Steven N. Brenner & Earl A. Molander, « Is the ethics of business changing? », Harvard Business Review, 55 (1977) n° 1, p. 57-71.

[37] Cf. Mark Leary, The Curse of the Self…, p. 57. La métaphore est de C. S. Lewis, L’autobus du paradis,

[38] Cf. Jennifer Major Crocker & Major Brenda, « Social stigma and self-esteem: The self-protective properties of stigma », Psychological Review, 96 (1989) n° 4, p. 608-630.

[39] Cf. Norman T. Feather, Values, Achievement, and Justice: Studies in the Psychology of Deservingness, New York, Kluwer Academic/Plenum Press, 1999.

[40] Cf. David J. Y. Combs, Caitlin A. J. Powell, David Ryan Schurtz & Richard H. Smith, « Show more Research article Get rights and content Politics, schadenfreude, and ingroup identification: The sometimes happy thing about a poor economy and death », Journal of Experimental Social Psychology, 45 (2009) n° 4, p. 635-646.

[41] Cf. Hidehiko Takahashi, Motoichiro Kato, Masato Matsuura, Dean Mobbs, Tetsuya Suhara & Yoshiro Okubo, « When your gain is my pain and your pain is my gain: Neural correlates of envy and Schadenfreude », Science, 323 (2009) n° 5916, p. 937-939.

[42] Cf. Niels van de Ven, Marcel Zeelenberg & Rik Pieters, « Warding off the evil eye: When the fear of being envied increases prosocial behavior », Psychological Science, 21 (2010) n° 11, p. 1671-1677.

[43] Cf. John Portmann, When Bad Things Happen to Other People, New York, Routledge, 2000.

[44] Cf. Delphine Martinot, Le Soi, les autres et la société, Grenoble, Presses Universitaires de Grenoble, 2002, p. 40.

5.10.2026
 

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