Les miracles de Jésus. Signification anthropologique

Daniel Duigou, journaliste, psychologue clinicien et prêtre, propose de montrer que les miracles du Christ, dans l’Évangile de Jean, possèdent une profondeur et une fonction anthropologique [1]. Au signe extérieur qui est un changement hors des capacités des causes créées, au signe spirituel qui révèle Dieu proche de l’homme et veut conduire de l’incroyance à la foi, se joint aussi un chemin spirituel d’une situation apparemment inextricable d’impasse existentielle, à la liberté véritable. En effet, sept sont les miracles opérés par le Christ. Or, chacun d’eux est un chemin de libération : les noces de Cana conte le passage de la fusion à la séparation d’avec la mère (Jn 2) ; la guérison du fils de l’officier royal narre le passage du père despote au père libérateur, du père qui impose au père qui propose (Jn 4) ; la guérison du paralytique de la piscine de Béthesda raconte le passage de la peur au désir de vivre (Jn 5) ; la multiplication des pains raconte le passage de la peur de manquer à l’acceptation du partage (Jn 6) ; la marche sur les eaux narre le passage du « nous » au « je » libre (Jn 6) ; la guérison de l’aveugle-né raconte le passage de la condamnation sociale à la prise de parole (Jn 9) ; la résurrection de Lazare conte le passage de l’amour possessif à l’amour oblatif, à la bonne distance (Jn 11).

Précisons enfin que, loin de toute réduction anthropologique à la Bultmann, l’auteur cherche à enrichir le signe en sa puissance apologétique de sa profondeur anthropologique (transformante).

Pascal Ide

[1] Daniel Duigou, Psychanalyse des miracles du Christ, Paris, Presses de la Renaissance, 2003.

16.7.2026
 

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