Flammes jumelles. Un nouveau modèle de la rencontre amoureuse 3/4

4) Les étapes de la rencontre

Loin d’être immédiate, la fusion à laquelle aspirent les FJ (nous ne parlons pas ici des autres relations d’âme) est progressive. Elle ne se concrétise qu’au terme d’un long chemin que les ouvrages jalonnent volontiers. L’on peut distinguer quatre étapes obligatoires au sein de l’itinéraire terrestre :

a) La reconnexion

Les auteurs parlent de « reconnexion » et non de « connexion », parce que la rencontre appelée « reconnexion » succède à une union primordiale, originaire, précédant l’incarnation de l’âme dans son corps dont la prochaine partie parlera.

La reconnexion correspond à la rencontre des FJ dont nous avons décrit les signes. Elle vaut tant pour le chaser qui a conscience que l’autre répond et correspond en tout à ce qu’il a toujours attendu, que pour le runner lui-même qui, s’il est moins impliqué, n’en est pas moins profondément attiré. Si « elle se caractérise par son intensité énergétique [1] », cette « lune de miel [2] » se distingue aussi, comme toute lune de miel par sa relative brièveté.

b) La séparation
1’) En général

En effet, autre est l’ego, autre est le soi. Le premier est marqué par les failles, les blessures, bref, par ce que Jung appelle l’ombre, alors que le second s’identifie à la personne harmonieuse, désormais guérie. Or, la fusion des FJ est celle de leur Soi ou plutôt constitue un Soi unique dans l’interprétation gnostique. Donc, du fait que les personnes qui se rencontrent sont encore meurtries, le duo de la reconnexion ne peut donc pas ne pas se transformer en un duel ; surtout, la guérison est nécessaire. Or, celle-ci est éminemment personnelle. Plus encore, la présence de l’autre ne fait qu’aviver les navrures de chacun : notamment la blessure d’abandon du chaser et la blessure de rejet du runner. D’ailleurs, si, selon sa logique proactive jusqu’à l’intrusion, le chaser tente de renouer, il ne fait qu’aggraver les peurs du runner, de sorte que toutes ses tentatives « sont vouées à l’échec [3] ». Leurs relations suit la logique antagoniste autant que systémique du jeu du chat et de la souris : « Suis-moi je te fuis, fuis-moi je te suis [4] ». Donc, en ce sens, la guérison requiert la séparation qui est une « phase » « inéluctable » « parfaitement définie [5] ». Plus encore, loin d’être une rupture, la séparation est une étape nécessaire sur le chemin de la communion : en donnant « la possibilité pour ces deux flammes d’avancer de panser leurs plaies », elle « est une phase essentielle de protection du lien [6] ». Voire, les auteurs n’hésitent pas à lire dans cette nécessité comme une règle providentielle, à faire de cette loi de vie une loi en quelque sorte divine : « c’est ainsi défini et acté par la Source [7] ».

2’) En particulier : la forme radicale de cette séparation

Cette séparation prend une forme particulièrement dramatique : la « nuit noire de l’âme » qui est « le sommet de la douleur atteint dans un parcours de flammes jumelles [8] ». Sa raison d’être est la suivante. La distance entre les deux flammes ne tient pas seulement à ses blessures, voire à ses égoïsmes, mais à leurs schémas mentaux, leurs repères et leurs croyances. Or, ceux-ci éclairent ses actions et son identité. Donc, le chemin de transformation devra passer par l’abandon, « un dépouillement complet [9] » de ces pseudo-lumières, c’est-à-dire par la « nuit ». Cette souffrance se comprend à l’égard du terme, la communion espérée, et est motivée par lui. Mais elle provient aussi de l’origine, dont elle est un redoublement. Ainsi que nous le verrons, l’âme fut scindée de son autre gémellaire lors de son incarnation. La séparation répète donc cette « blessure originelle [10] ».

Loin d’être rare, cette nuit est « une étape vécue par la majorité des flammes jumelles [11] ». Plus encore, elle est fréquente, voire constante, parce qu’elle est nécessaire. Et les auteurs n’hésitent pas, là encore, à déchiffrer dans cette obligatoriété une pédagogie divine : « la Source met une pression importante sur le runner, ne lui laissant plus le choix [12] ».

Comment ne pas être frappé par la similitude de vocabulaire surtout de concept avec le lexique sanjuaniste qui parle de « nuit de l’esprit » et en explique la raison d’être par l’incommensurabilité de l’homme et de Dieu ?

c) La guérison progressive

Nous l’avons dit, la séparation est l’effet de la fusion des FJ autant que sa cause obligée. Intermédiaire, elle ne constitue donc en rien le terme. Puisqu’elle provient de ce qui en nous est blessé (qu’il s’agisse des blessures de l’affectivité comme des blessures de l’intelligence, puisqu’il a été question de « nuit »), ce chemin vers la complétude requiert par conséquent la guérison. C’est ici l’occasion pour les ouvrages de proposer différents moyens qui sont autant de remèdes pour l’amour [13].

Le point commun de ces itinéraires thérapeutiques est le nécessaire recentrage sur le Soi. Et ce point est un autre apport intéressant : il n’y a d’accès au « nous » que par l’affirmation du « je » qui n’est pas l’ego. C’est ainsi que le chaser et le runner ne se sont jamais écoutés : le premier s’est donné aux autres, pour s’oublier lui-même ; le second, lui, s’est coupé de lui-même pour ne pas souffrir (notamment d’abandon). Et les deux se doivent de cesser d’accuser l’autre d’être la cause de ses souffrances : dans la représentation du chaser, le runner ne cesse de le fuir ; dans celle du runner, le chaser ne cesse de s’imposer. Ce faisant, ils sortiront du triangle de Karpman dont ils adoptent successivement les rôles, non sans une préférence : pour le Bourreau intrusif et le Sauveteur chez le chaser ; pour le Bourreau accusateur et le Victimaire chez le runner.

d) La réunion

Nous aboutissons au terme de ce long et difficile chemin en quatre étapes : la fusion originaire que révèle la reconnexion ; la divergence qui elle-même répète la scission originaire ; la convergence qu’est le processus de guérison ; la réunion finale ou les « retrouvailles [14] » que les auteurs n’hésitent pas à appeler « fusion », c’est-à-dire la « fusion énergétique des flammes jumelles [15] » qui est interprétée comme la réunification de l’âme – et non pas des âmes, puisqu’au commencement, nous le dirons, elle était une.

Outre sa complétude [16] et « l’alignement » harmonieux « entre la chair et l’esprit [17] », cette réunion présente trois traits caractéristiques. Le premier est la purification. Désormais, l’amour porté à l’autre n’est plus mélangé de retour sur soi. Les auteurs parlent d’ « amour inconditionnel ». Mais leur description montre qu’il s’agit d’abord d’amour désintéressé ou personnaliste (qui a conjuré l’amour utilitariste) [18] :

 

« L’amour inconditionnel est le fait d’aimer quelqu’un au-delà d’un besoin et d’une attente. C’est aimer cette personne malgré ce qu’elle peut faire, quel que soit ce qu’elle est et peu importe ce qui se passe entre elle et Soi. C’est l’aimer même s’il ne se passe rien avec elle, même si cette personne choisit de vivre loin ou d’aimer quelqu’un d’autre. C’est aussi savoir aimer, bien qu’elle puisse avoir un comportement blessant ou refuser de s’engager réciproquement [19] ».

 

Quelle superbe hymne à l’amour « qui en cherche pas son intérêt », « supporte tout », etc. (1 Co 13,4-7) ! Or, loin d’être une concession à l’amour pur ou une conception sacrificelle qui caractérisait le modus amandi du chaser, cet amour n’est possible que parce que les deux flammes ont longuement connecté avec elles lors de la séparation et de la guérison, et ont aussi appris à s’aimer d’un « amour inconditionnel [20] ».

Le deuxième est sa stabilité : les deux FJ comprennent alors que « cet amour est éternel ». La raison n’est pas d’abord éthique, mais ontologique : « L’autre ne le quittera jamais puisqu’il est une partie de lui [21] ».

Le troisième est un élargissement : loin de se fermer sur le duo, les FJ s’ouvrent au monde et vivent « un bond spirituel immense [22] ». Là encore, le motif n’est pas premièrement moral, mais anthropologique : « L’arrivée à la complétude se traduit par une sensation d’ouverture totale de son cœur [23] » et donc à un abouchement à la source même de l’amour. Et elle se concrétise par « une mission commune », l’élan à « perpétuer l’énergie d’amour [24] ».

5) La signification de la rencontre d’âme

a) Le problème

Une question souvent posée est celle du sens à donner à ces rencontres. En effet, un point qui m’a de plus en plus frappé à la lecture des ouvrages sur les FJ est l’importance accordée au cheminement des personnes vivant l’expérience des relations d’âme. Ainsi que nous venons de le voir, elles passent systématiquement par des moments douloureux, parfois intenses, parfois prolongés. Or, ces moments demandent, d’une part, d’être accompagnés, d’autre part, d’être interprétés.

Ce qui est vrai pour les relations heureuses traversées par des moments douloureux l’est a fortiori pour celles qui ne sont que douloureuses. Pourquoi certaines personnes sont-elles instantanément et puissamment portées vers leur Bourreau, comme Inès vers Jeanne ? Pourquoi sont-elles attirées par ce qui les détruit ? Autant les relations d’amour et d’amitié sont suscitées par le même ou le semblable, autant les relations karmiques avec son ennemi sont éveillées par les contraires.

b) La réponse : soi-même par un autre

Selon les tenants des relations d’âme, l’interprétation karmique permet de rendre compte de l’attrait pour le Bourreau. Elle permet aussi de sortir de cette relation blessée et de se réparer.

En effet, les relations d’âme en général et les FJ en particulier jouent pour l’autre le rôle d’un « effet miroir ». Double en est la raison. La première est universelle. En effet, c’est là une loi universelle : esprit incarné, l’homme n’est pas transparent à lui-même. Ce qui lui est le plus propre comme le visage qui est l’expression même de son cœur, lui échappe en permanence. Il a donc besoin de l’autre pour accéder à lui-même.

La seconde est conjoncturelle et conditionnelle : la blessure. D’abord, les dysfonctionnements se potentialisent : « Le runner et le chaser appuient sur les blessures de l’autre [25] ». Ensuite, toute blessure s’accompagne d’angles morts, la blessure affective ne va jamais sans blessure cognitive. Dès lors, autrui nous est nécessaire pour nous connaître nous-même. Enfin, toute blessure pousse à la fermeture, au repli sur soi. Or, celui-ci rend impur le don de soi. « Chacune des deux flammes révèle à l’autre, par ses agissements spécifiques, […] les blessures non guéries et l’amour sous conditions [26] ». Ainsi le prochain nous permet d’accéder au don gratuit de soi.

Une objection pourrait surgir : est-ce à dire que la FJ est finalisée par l’accès à soi ? Certaines affirmations et certains titres d’ouvrages pourraient le faire craindre. Mais ne serait-ce pas instrumentaliser autrui ? Surtout, ne serait-ce pas contredire ce que nous avons affirmé ci-dessus sur l’achèvement du chemin qu’était l’amour inconditionnel, c’est-à-dire désintéressé ?

C) Quelques interprétations

Les faits étant narrés (A) et décrits (B), il reste à les expliquer. Les auteurs proposent différentes interprétations.

1) L’interprétation mythologique

L’expression « flammes jumelles » semblent provenit du Livre des morts des Égyptiens de l’époque pharaonique, écrit voici quatre millénaires : « L’âme de l’un embrasse l’âme de l’autre et il en résulte l’âme entre ces deux jumelles [27] » ; « Je te connais, je connais le nom de celui qui est à l’intérieur, amour de la flamme [28] ».

L’on se souvient aussi que, dans son dialogue Le Banquet, Platon met en scène différents discours ayant trait à l’amour et que, dans l’un d’entre eux, Aristophane l’explique à partir du mythe de l’androgyne. Résumons l’essentiel:

 

« L’espèce humaine comportait en effet trois genres (e) ; non pas deux comme à présent, mais, en outre du mâle et femelle, il y en avait un troisième, qui participait de ces deux autres ensemble, et dont le nom subsiste de nos jours, bien qu’on ne voie plus la chose elle-même : il existait alors en effet un genre distinct, l’androgyne, qui, pour la forme comme par le nom, participait des deux autres ensemble, du mâle comme de la femelle […].

« Leur force et leur vigueur étaient d’ailleurs extraordinaires, et grand leur orgueil. Or, ce fut aux Dieux qu’ils s’attaquèrent, et ce que rapporte Homère d’Ephialte et d’Otos [29], auxquels il fait entreprendre l’escalade du ciel, a rapport à ces hommes-là (c) et à leur intention de s’en prendre aux Dieux.

« Sur ces entrefaites, Zeus et les autres Dieux délibéraient de ce qu’il leur fallait faire, et ils en étaient fort en peine : pour eux il n’y avait moyen en effet, ni de faire périr les hommes et d’en anéantir l’espèce comme ils avaient fait des Géants, en les foudroyant ; car c’eût été l’anéantissement, pour eux-mêmes, des honneurs et des offrandes qui leur viennent des hommes ; ni de leur permettre cette attitude impudente : ’Je crois bien, dit enfin Zeus, après s’être bien fatigué à y réfléchir, que je tiens un moyen de faire, à la fois qu’il y ait des hommes et que (d), étant devenus plus faibles ; ils mettent un terme à leur insolence. A cette heure en effet, poursuivit-il je m’en vais sectionner chacun en deux, et, en même temps qu’ils seront plus faibles, en même temps ils seront pour nous d’un meilleur rapport, du fait que le nombre en aura augmenté’.

« (d) Ainsi, c’est depuis un temps aussi lointain, qu’est implanté dans l’homme l’amour qu’il a pour son semblable : l’amour, réassembleur de notre primitive nature ; l’amour qui, de deux êtres, tente d’en faire un seul, autrement dit, de guérir l’humaine nature ! Chacun de nous est donc la moitié complémentaire d’un homme, qui, coupé comme il l’a été, ressemble à un carrelet : un être unique dont on fait deux êtres [30] ».

 

L’on sait également que, loin d’être confiné dans le passé, ce mythe de l’androgyne primitif resurgit à chaque époque, en particulier dans la littérature [31]. Il y a toutefois une différence d’importance : la gémellité est asexuée – ou, si elle l’est, elle l’est symboliquement, à partir, notamment, du yin et du yang, ainsi que nous allons le redire – et peut donc englober autant les attraits amoureux entre sexes différents que les attraits non sexuels, alors que l’androgynie est bisexuée.

2) L’interprétation néo-gnostique

Voici comment s’ouvre l’introduction de l’ouvrage de Daisy et Julie Bodin :

 

« Lorsque la Source divine – certains l’appellent le Grand Tout, l’Univers, Dieu… – crée une âme, elle peut ausis décider de la scinder en deux polarités. C’est de là que naissent les flammes jumelles. Une même âme pour deux entités qui vont s’incarner sur Terre dans deux corps distincts. Les différentes expériences accumulées […] à travers les épreuves et les défis de chaque parcours de vie permettront à l’âme d’acquérir des sagesses dans l’amour divin, dans l’amour inconditionnel et dans l’amour universel [32] ».

 

Un nombre conséquent d’auteurs interprètent l’existence et le devenir des FJ par une « psychogonie » ou une « psychodramaturgie », si je puis dire, croisant le schème gnostique de la chute et la mythologie de l’androgyne (qui s’en inspire partiellement). D’un mot, dans un premier temps, les âmes étaient fusionnées ou plutôt il n’y avait qu’une âme. Dans un deuxième temps, cette unique âme est scindée de manière violente en deux. Mais ces âmes qui sont désormais jumelles demeurent intriquées. Aussi cherchent-elles à se retrouver et fusionner. Donc, dans un troisième temps, elles se rencontrent. Ainsi s’expliquent les différents signes caractéristiques des FJ : l’intensité de l’attraction ; sa soudaineté ; sa nécessité ; son incompréhensibilité (nul conditionnnement, nulle raison ne suffit à en rendre compte). En effet, rappelons-le, le principal critère de reconnaissance des FJ réside dans son incommensurabilité à l’égard des causes objectivables : « ne pas comprendre ce qui initie de tels sentiments est l’un des signes de la relation entre flammes jumelles [33] ».

3) L’interprétation psychologique

Certains auteurs préfèrent convoquer une interprétation plus psychologique. Toutefois, celle-ci est le plus souvent empruntée à Jung dont on sait qu’il n’est pas sans entretenir des relations avec la gnose [34]. Tel est le cas de l’exposé de Cécile Cloulas, dont nous avons noté par ailleurs le souci systématique.

Proches sont les thèmes des enfants indigo [35] ou des jumeaux perdus, secrets ou insoupçonnés [36]. Cette dernière explication semble particulièrement prometteuse. D’abord, la fréquence de ces gémellités interrompues et le plus souvent ignorées de la mère elle-même est sans doute largement sous-estimée. Les statistiques avancées par les auteurs sont très variées : 10 % [37] ; 12,5 % (soit un enfant sur huit) [38] ; 20 % [39] ; 50 % (soit une naissance sur deux !) [40]. Certains se centrent sur les seules personnes qui consultent, mais avancent le pourcentage encore plus élevé de 80 % [41]. Enfin, si l’on considère le moment de la perte, quelques-uns pensent que celle-ci survient surtout au début [42] – notamment à cause des stérilets qui sont des contragestifs et non pas des contraceptifs [43]. Quoi qu’il en soit, « la perte d’un jumeau est beaucoup plus fréquente que l’on pourrait le penser, car certaines passent totalement inaperçues [44] ».

Ensuite, l’expérience montre que la souffrance née de la perte de ce jumeau est telle qu’elle pourrait bien expliquer l’intensité des signes que nous avons décrits. En effet, Brigitte Denis décrit en détail ce qu’elle appelle les « sentiments lourdes du jumeau survivant » : trahison, honte, culpabilité, remorts, impuissance, échec, solitude, abandon, rejet [45] – non sans rejoindre la classification désormais fameuse et fréquemment employée de Lise Bourbeau [46]. Enfin, les ouvrages proposent toujours des chemins de deuil et de guérison [47].

D) Évaluation positive

Faisons le bilan de la théorie des âmes gémellaires. Avouons-le, si nous sommes thérapeutes ou chrétiens, nous aurions tendance à la juger négativement et seulement négativement. Ne peut-on toutefois en « sauver » certaines vérités [48], plus, en souligner certains apports ?

1) Une réponse aux questions posées par l’amour

N’allons pas trop vite juger l’interpétation néo-gnostique (dont nous reparlerons) d’être seulement et purement imaginaire. C’est ainsi qu’un auteur [49] compare ces âmes en morceaux aux « horcruxes » qu’a inventés J. K. Rowling pour expliquer le désir d’immortalité de Voldemort et en manifester la malice [50]. Toutefois, loin d’être seulement évasion, l’imaginaire est aussi et d’abord préparation. Il se dit donc dans cette explication un désir, plus, un besoin vital, de vivre une communion durable, plus, éternelle et féconde.

a) Raisons théoriques

La théorie des FJ répond à un réel besoin : celui de comprendre l’intensité excessive (plus qu’anormale) de certains sentiments éprouvés à l’égard d’autrui : en bien, à savoir l’amour passionnel ou l’amitié passionnée ; en mal, à savoir les relations destructrices. Elle permet aussi d’éclairer un autre interrogation concernant l’amour et l’amitié, interrogation qui était déjà posée par Platon dans son dialogue Le Lysis ou par Aristote au livre VIII de l’Éthique à Nicomaque : est-on attiré par ce qui est semblable ou par ce qui est opposé ?

Cette théorie permet aussi de dépasser les explications seulement psychologiques, psychanalytiques ou sociologiques de l’attrait amoureux. En effet, ces explications rendent compte de la puissance des sentiments par les conditionnements, intérieurs ou extérieurs, passés ou présents ; elles procèdent donc par analyse. En revanche, les FJ convoquent une vision spirituelle et holistique (synthétique). Dit dans les catégories pascaliennes, les premières relèvent de l’ordre du corps et les secondes de celui de l’esprit. Dit de manière imagée, la vision psycho-sociologique propose une interprétation d’« en bas » et les FJ une une interprétation d’« en haut ». C’est ainsi que la psychologue jungienne Cécile Cloulas ouvre un des livres consacrés à ce sujet en affirmant que son propos « porte sur […] la ‘psychologie spirituelle’ [51] ». Pour cela, elle fait appel à « l’âme » : « L’âme désigne cette précieuse essence impalpable, inexplicable, donnant naissance à des perceptions, des ressentis, des intuitions, des rêves. Elle est notre être profond [52] ». Or, l’âme et les liens qu’elle noue avec les autres âmes transcendent les conditionnements psycho-sociologiques : « Ce qui nous lie aux personnes qui nous entourent, qu’il s’agisse de la sphère familiale, sentimentale, amicale ou professionnelle, ne s’arrête indéniablement pas uniquement à des explications factuelles, matérielles, sociales [53] ».

Les FJ présentent aussi une autre différence, plus subtile, avec les autres approches (scientifiques) des attractions puissantes (et répulsions tout aussi violentes) : elles font appel à un exès, à un au-delà, alors que, marquée par le mécanisme, la perspective scientifique mesure et reconduit tout surcroît à la règle formalisée. Or, « l’homme passe l’homme [54] », ainsi que le dit Pascal qui, plus loin, dans le même fragment ajoute l’adverbe « infiniment » : « l’homme passe infiniment l’homme ». Autrement dit, l’être d’esprit est débordé par la charité. En ce sens, l’approche par les FJ ouvre sur un mystère qui, s’il n’est pas surnaturel, pourrait y préparer : la rencontre – amoureuse – de l’autre dit, dans son excessus, dans sa promesse d’infini, quelque chose de la grâce.

b) Raisons pratiques

Enfin, l’approche par les FJ ne cherche pas seulement ni même d’abord à comprendre, mais à transformer et à pleinement vivre ces liens magnifiques (nous parlons bien entendu des relations amoureuses ou amicales). Autrement dit, l’intention est pratique avant d’être théorique (spéculative) ou plutôt n’est théorique que pour devenir pratique : la reconnaissance de ces relations puissantes conduit à employer leur énergie pour s’élever et élever l’autre et les autres spirituellement.

2) Une convergence inattendu avec la doctrine de l’amour-don

Plus encore, comment ne pas se réjouir de ce que la théorie des FJ permet de valoriser certains actes et certaines propriétés de l’amour que l’on croyait réservées à la Révélation chrétienne de l’agapè : la gratuité ; la réciprocité ; l’unicité de l’aimé ; la fidélité ; la spiritualité ; la fécondité ; la conjugaison de l’amour de l’autre, de soi et de l’humanité (ce qui, dans la perspective habituelle des exposés, devient l’amour de Dieu). L’amour apparaît même comme une vertu dans la mesure où il s’inscrit dans un chemin d’arrachement à son contraire, l’égoïsme, et un chemin de progression de l’inachevé vers l’achevé (de l’acte imparfait vers l’acte parfait), requiert de multiplier les actes, de tirer les leçons, de se transformer et non de transformer l’autre. L’amour, enfin, requiert non seulement la conversion (au sens étymologique) à l’autre, mais la guérison des traumatismes passés qui, chez le chaser, s’enracinent souvent dans une blessure d’abandon, et chez le runner, souvent dans une blessure de rejet.

En creux, cette conception conjure l’idéalisation romantique qui ignore la longeur et la douleur du chemin ; elle offusque l’utilitarisme qui réduit l’amour à un calcul d’intérêt ; elle critique aussi le mentalisme qui se met seulement à l’écoute de ce qu’il sait et maîtrise ; elle exclut la vision matérialiste, hédoniste et seulement libidinale (sexuelle). Pour autant, elle n’est en rien désincarnée, puisque, holistique, elle convoque la personne entière. En promouvant la réciprocité, les FJ exclut les amitiés utilitaires et seulement agréables pour souligner l’amitié vertueuse.

Ainsi, la théorie des FJ retrouve la conjugaison d’érôs, d’agapè et de philia caractéristique de la vision catholique. Il faut dire plus. Elle entre en résonance avec de nombreuses lois de l’amour-don et de l’amour-communion comme l’excessus généreux, le beau risque d’aimer (qui caractérise le chaser), la puissance sémiopoïétique (la sensibilité aux synchronicités), etc.

Enfin, les différents ouvrages sont l’occasion de multiples conseils pour guider ceux qui avancent sur le chemin de la communion. À l’époque de la subjectivation quasi-totale de la morale, ces livres se présentent sans vergogne comme des traités d’éthique de l’amour…

3) Une nouvelle « théodicée »

Mais la théorie des FJ ne parle pas que de l’amour. En accompagnant sur le long terme, en montrant le haut idéal recelé par l’énergie d’amour, en soulignant la nécessité de ces étapes de purification, le thérapeute adopte une posture qui n’est plus seulement psychologique, mais éducative et, osons-l’affirmer, éthique. Nous le redirons, ce faisant, il invite la personne à entrer dans une attitude vertueuse et une haute conception de l’amour.

En interprétant la souffrance traversée – cela, à la demande du patient qui pose la question du « pourquoi » –, le thérapeute n’adopte plus seulement une perspective éthico-pédagogique, mais carrément spirituelle et même en quelque sorte théo-logique. En effet, il s’affronte à une question que même la pastorale et la théologie hésite aujourd’hui à considérer tant elle a été critiquée : le sens de la souffrance. Par exemple, la signification de la nuit noire de l’âme est donc positive. Certes, vue du dehors, elle ressemble à une dépression. Mais « la nuit noire de l’âme n’est pas un état dépressif, c’est une mutation de son être profond [55] ».

La conclusion reviendra, de manière plus générale, sur les apports de la pensée nouvelâgiste qui sous-tend la théorie des FJ.

E) Évaluation négative

Tout en faisant notre miel de cette théorie des relations d’âme, nous lui adressons des questions de fond. Nous interrogerons la vision de l’amour principalement sur un point : son nécessitarisme. Nous discuterons ses arguments qui se présentent comme empiriques, et surtout ses présupposés implicites que sont les visions du monde présidant à l’interprétation des âmes ou flammes jumelles.

1) Une vision déterministe

Même si la perspective est spirituelle, la théorie des FJ partage avec la perspective psychologique ou sociologique le déterminisme. Certes, les raisons de la nécessité sont toutes autres : les conditionnements passés d’un côté ; le monisme de l’autre. Mais l’approche de l’amour selon les FJ est affligée par la nécessité. Par exemple, Céline Tesnier conclut son ouvrage sur le sujet en affirmant de manière péremptoire : « garde[z] en mémoire une seule chose : vous et votre flamme êtes liés à vies [56] ».

Or, tout au contraire, il faut affirmer que l’amour est libre. Cela est partiellement et accidentellement vrai de l’amour-passion, cela est totalement et essentiellement vrai de l’amour-don.

L’on pourrait résumer en un tableau les trois types possibles d’interprétation du hasard.

 

 

Origine

Terme

Vision

Référence religieuse

Interprétation scientiste

Hasard dénué de sens

Non-sens

Indéterministe

Athéisme

Interprétation des FJ

Destin, nécessité

Sens ou finalité

Déterministe, karmique

Bouddhiste (moniste)

Interprétation chrétienne

Hasard qui peut être heureux

Sursens du hasard heureux

Providentielle

Chrétienne (monothéiste)

2) Une explication insuffisante

Passons de la thèse aux arguments qui cherchent à la fonder et pour cela reprenons quelques exemples ouvrant notre exposé.

a) Évaluation des exemples

Les signes donnés par les Arcadie ne sont-ils pas troublants ? Faut-il le rappeler ?, pour les amoureux, tout est signe.

Que penser des critères donnés par Cécile Cloulas pour établir que l’emprise d’Inès relève d’une relation karmique ? Ils peuvent tous être déconstruits : l’unicité peut tout simplement provenir de la rareté des personnalités narcissiques (1 à 3 % de la population) ; l’immédiateté et l’intensité peuvent s’expliquer chez des personnes particulièrement sensibles, mais aussi par des personnalités singulièrement toxiques qui font aussitôt « sentir leur pouvoir » (Mt 20,25) ; la prémonition peut être une reconstruction a posteriori (le mécanisme est si bien connu qu’il porte un nom : « biais rétrospectif » [57]).

De même, l’exemple de Lucie permet de montrer combien l’hypothèse des FJ est discutable. Nous l’avons vu, les seuls arguments avancés sont l’absence de « cause particulière » aux sentiments démesurés que Lucie ressent à l’égard de sa mère et l’unicité de la relation (Lucie ne les éprouve que pour sa mère). Or, d’une part, nous ignorons ce que l’auteur entend par « cause particulière ». Plus précisément, la théorie des schémas a par exemple montré qu’une relation toxique ne provient pas toujours d’un traumatisme ou de violences apparentes ; elle peut s’installer progressivement parce que la mère est peu sécurisée et donc peu sécurisante ou parce qu’elle est fusionnelle (et il semble bien que ce soit le cas, puisqu’elle appelle tous les jours sa fille devenue adulte). D’autre part, et ici notre perplexité se transforme en stupeur, que Lucie ressente ces affects démesurés uniquement avec sa mère, cela tient bien évidemment à ce que la relation avec la mère est toujours unique. Il n’y a pas besoin de la psychanalyse pour nous le rappeler ! D’ailleurs, célibataire, Lucie ne vit donc pas cette relation intime qui lui permettrait de rejouer ce qu’elle a vécu avec sa mère et ainsi déchiffrer dans ce transfert la répétition d’un mécanisme passé.

Ajoutons que, Réunionnaise, Lucie est davantage portée à « croire » à une explication spirituelle et récuser une interprétation plus prosaïquement psychologique, qu’une métropolitaine. Mais l’on pourrait relire cette donnée positivement : si l’interprétation spiritualisante est discutable, elle peut bénéficier d’une plus grande efficacité, car elle est plus homogène aux références culturelles de Lucie. L’essentiel est que la thérapie proposée ne conduise ni à l’accusation de la mère ni à la déresponsabilisation victimaire.

Enfin, de manière générale, les différents exemples cités par Cécile Cloulas tombent sous la critique du biais cognitif de confirmation. Ainsi, un de ses exemples de relation amoureuse relèverait de la même critique [58].

b) Exposé général

Les signes par lesquels se reconnaissent les FJ sont les mêmes que ceux de la passion amoureuse, a fortiori du coup de foudre (dont on doit rappeler qu’il ne concerne que 13 % des personnes). Par exemple, Céline Tesnier qui se présente comme une « coach intuitive » (sic !) propose un test diagnostique avec vingt items du genre : « Lors de votre première renconre, vous avez la forte impression de vous connaître depuis toujours » ; « Votre désir charnel est comme réveillé » ; « Vous vivez très rapidement une grande complicité » ; « Vous vous surprenez à vous confier presque immédiatement et à partager votre vécu émotionnel, au-delà de vos habitudes » ; « La présence de l’autre vous procure une impression de protection, de sérénité » ; « Pour la première fois de voter vie, vous vous sentez entier, complet » ; « Vous ressentez un amour inconditionnel envers cette personne » ; « Cette relation vous pousse fortement en dehors de votre zone de confort, enclenche des prises de conscience profonde » ; « La seule pensée de perdre l’autre déclenche une angoisse profonde » [59]. Résultat : « Si vous avez coché la totalité des vingt cases, il est fort probable que vous ayez rencontré la flamme jumelle » ; de même, plus votre coche s’approche des vingt items, plus vous formez des FJ. Or, toutes les études sur le sentiment amoureux décrivent les mêmes signes [60].

L’on objectera que l’on trouve aussi des items parlant de synchronicités (« De nombreuses synchronicités se mettent en place en l’absence de l’autre »), de télépathie (« Vous découvrez une grande connexion à l’autre allant jusqu’à de la télépathie »), de coïncidences (« Vos parcours de vie présentent de multiples similitudes ») [61]. Or, ces critères correspondent à la critériologie de Cécile Cloulas et non aux indices de l’état amoureux. Nous répondrons d’abord que l’état amoureux rend partiellement aveugle et donc favorise les biais cognitifs de confirmation ; ensuite, que c’est confondre effet et cause (c’est parce que l’on se ressemble et ressemble beaucoup, que l’on tombe amoureux) ; enfin, que l’amour transforme les coïncidences en signes et constitue le plus fécond des sémiopoïètes.

Pascal Ide

[1] Daisy Bodin et Julie Bodin, Les flammes jumelles, p. 40. Nous suivrons l’exposé limpide que proposent les auteurs au chapitre 3 : « Les étapes du chemin des flammes jumelles ».

[2] Ibid., p. 41.

[3] Ibid., p. 49.

[4] Marie Sahuguede, Les flammes jumelles, p. 38.

[5] Daisy Bodin et Julie Bodin, Les flammes jumelles, p. 44.

[6] Ibid., p. 45.

[7] Ibid., p. 49.

[8] Cécile Cloulas, Amours et rencontres d’âmes, p. 135. Souligné dans le texte.

[9] Daisy Bodin et Julie Bodin, Les flammes jumelles, p. 50.

[10] Ibid., p. 50.

[11] Ibid., p. 49.

[12] Ibid., p. 52.

[13] Cf., par exemple, Marie Sahuguede, Les flammes jumelles, p. 62-76 ; Daisy Bodin et Julie Bodin, Les flammes jumelles, p. 55-79.

[14] Daisy Bodin et Julie Bodin, Les flammes jumelles, p. 79.

[15] Ibid., p. 82.

[16] Cf. Cécile Cloulas, Amours et rencontres d’âmes, p. 141-144.

[17] Ibid., p. 147. Cf. p. 146-148.

[18] Cf. Pascal Ide, Aimer l’autre sans l’utiliser. Pour des relations transformées, Paris, Éd. de l’Emmanuel et Quasar, 2019.

[19] Daisy Bodin et Julie Bodin, Les flammes jumelles, p. 82.

[20] Ibid.

[21] Cécile Cloulas, Amours et rencontres d’âmes, p. 139. Souligné dans le texte.

[22] Ibid., p. 139. Souligné dans le texte.

[23] Ibid., p. 140. Souligné dans le texte.

[24] Ibid., p. 79.

[25] Daisy Bodin et Julie Bodin, Les flammes jumelles, p. 87.

[26] Ibid., p. 86.

[27] Le Livre des morts des anciens Égyptiens, trad. et éd. Paul Pierret, coll. « Bibliothèque orientale elzévirienne » n° XXXIII, Paris, Ernest Leroux, 1882, p. 61.

[28] Ibid., p. 475.

[29] Pour réussir leur entreprise, ces deux Géants entassèrent sur le mont Olympe le mont Ossa, et, par-dessus, le mont Pélion (cf. Homère, Odyssée, L. XI, v. 305).

[30] Le texte complet se trouve chez Platon, Le Banquet, trad. Léon Robin, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », Paris, Gallimard, 1950, 189 d – 192 b, p. 716-720. Trad. modifiée. Texte sur le site consulté le 16 février 2024 : http://lirephilosopher.canalblog.com/archives/2015/12/23/33109019.html

[31] Cf. Renée Boulos Hage, La quête de l’androgyne dans le récit fantastique français du xixe siècle. Tome 1. Du symbole au principe, Paris, La Pensée universelle, 1993 ; Mircea Eliade, Méphistophélès et l’androgyne, coll. « Les Essais » n° 103, Paris, Gallimard, 1972 ; Justine Gonneaud, L’androgyne dans la littérature britannique contemporaine. Métamorphoses d’une figure, coll. « Horizons anglophones. Present perfect », Montpellier, Presses universitaires de la Méditerranée, 2020 ; Jean Libis, Le Mythe de l’androgyne, coll. « L’Île verte », Paris, Berg, 1980 ; Frédéric Monneyron (éd.), L’Androgyne dans la littérature. Actes du colloque tenu à Cerisy-la-Salle, 26 juin au 7 juillet 1987, coll. « Cahiers de l’hermétisme », Paris, Albin Michel, 1990 ; Id., L’androgyne romantique. Du mythe au mythe littéraire, Grenoble, Ellug, 1994 ; Id., L’androgyne décadent. Mythe, figure, fantasmes, Grenoble, Ellug, 1996.

[32] Daisy Bodin et Julie Bodin, Les flammes jumelles, p. 7.

[33] Cécile Cloulas, Amours et rencontres d’âmes, p. 97. Souligné dans le texte.

[34] Cf. Françoise Bonardel, Jung et la gnose. Essai, Paris, Pierre-Guillaume de Roux, 2017 : Paris, Dervy, 2022.

[35] Cf., par exemple, Arthur Colin, L’enfant Indigo, Monaco, Éd. du Rocher, 2003 ; Lee Carroll et Jan Tober, Les enfants Indigo. Enfants du 3e millénaire, trad. Marie-Andrée Langevin, Outremont (Québec), Éd. Ariane, 1999 ; Marielsa Salsilli, Les Nouveaux enfants. Pionniers d’une nouvelle humanité, Jean-Luc Darrigol éd., Escalquens, Éd. Dangles, 2019.

[36] Outre les livres systématiques cités dans les notes suivantes, cf. les ouvrages suivants de témoignage : Sylvie Ouellet, Bienvenue sur Terre !, Québec, Le Dauphin Blancc, 2008 ; Alfred R. & Bettina Austermann, Témoignages sur le syndrome du jumeau perdu. Sur la voie de la résilience, trad. Florence Ludi, coll. « Naître et grandir », Gap, Éd. le Souffle d’or, 2016.

[37] Cf. Alfred R. & Bettina Austerman, Le syndrome du jumeau perdu. Un embryon sur dix a eu un jumeau, trad. Gabriele Sieck, coll. « Constellations familiales », Gap, Éd. le Souffle d’Or, 2007, 22016.

[38] Cf. Lawrence Wright, Twins. And What The Tell Us About Who We Are, Trafalgar Square, 1999.

[39] « Dans mon bureau, le ratio de 1 sur 5 est valable pour le bébé » (Brigitte Denis, Le jumeau secret. 1. Reconnaître un bébé au jumeau insoupçonné, coll. « Beyond », Aix-en-Provence, Terre en Ciel Éd., 2021, p. 24. Je lui emprunte les autres chiffres).

[40] Cf. Charles E. Boklage, How New Humans Are Made, World Scientific Publishing Company, 2010.

[41] « La cohabitation avec un ou plusieurs fœtus non viables, c’est-à-dire morts pendant la gestation, concerne plus d’une personne sur deux » (Luc Nicon, TIPI. Technique d’identification sensorielle des peurs inconscientes. Phobies, dépression, inhibition, irritabilité, angoisses…, Montpellier, Émotion Forte, 22010. Pour le détail, cf. Pascal Ide, Des ressources pour guérir. Comprendre et évaluer quelques nouvelles thérapies : hypnose éricksonienne, EMDR, Cohérence cardiaque, EFT, Tipi, CNV, Kaizen, Paris, DDB, 2012, chap. 5).

[42] Cf. Claude Imbert, Un seul être vous manque… auriez-vous eu un jumeau ?, Paris, Éd. Visualisation Holistique, 2004.

[43] Cf. Alfred Manuel, Découvrez votre nature profonde avec la kinésiologie, Gap, Éd. le Souffle d’Or, 2009.

[44] Jean-Philippe Brébio, L’empreinte de naissance, Éd. Quintessence, 2004.

[45] Brigitte Denis, Le jumeau secret. 1. Reconnaître un bébé au jumeau insoupçonné, p. 79-107.

[46] Cf. Lise Bourbeau, Les cinq blessures qui empêchent d’être soi-même, Québec, Éd. ETC, 2000, p. 192.

[47] Cf., par exemple, les multiples moyens offerts par Brigitte Denis, en particulier les différents rituels : Le jumeau secret. 2. Le guide d’accompagnement pour les parents et les jumeaux adultes insoupçonnés, coll. « Beyond », Aix-en-Provence, Terre en Ciel Éd., 2022.

[48] Cf. S. Ignace de Loyola, Exercices spirituels, n. 22.

[49] Cécile Cloulas, Amours et rencontres d’âmes, p. 91.

[50] Cf. J. K. Rowling, Harry Potter. 6. Harry Potter et le prince de sang-mêlé, trad. Jean-François Ménard, Paris, Gallimard, 2005. La comparaison est toutefois malheureuse, parce que, explique le professeur Slughorn, créer un horcruxe relève de la magie la plus noire (chap. 23, p. 546).

[51] Cécile Cloulas, Amours et rencontres d’âmes, p. 13.

[52] Ibid., p. 8. Souligné dans le texte.

[53] Ibid., p. 13. Souligné dans le texte.

[54] Blaise Pascal, Fragment Contrariétés n° 14 / 14, Pensées, éd. Brunschvicg 434, éd. Lafuma 13.

[55] Cécile Cloulas, Amours et rencontres d’âmes, p. 142. Souligné dans le texte.

[56] Céline Tesnier, Flammes jumelles, p. 122. Souligné dans le texte.

[57] Cf. site pascalide.fr : « Le biais rétrospectif ou le besoin de continuité ».

[58] Cécile Cloulas, Amours et rencontres d’âmes, p. 164-167.

[59] Céline Tesnier, Flammes jumelles, p. 50-51.

[60] Cf., par exemple, Helen E. Fisher, Pourquoi nous aimons ?, trad. Anatole Muchnik, coll. « Réponses », Paris, Robert Laffont, 2006, en poche, 2008.

[61] Céline Tesnier, Flammes jumelles, p. 50-51.

21.3.2024
 

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