De la synchronisation des horloges à la résonance affective

Considérons le riche concept de résonance, introduit par le psychothérapeute systémicien Mony Elkaïm [1]. Après en avoir donné une définition (1), je proposerai quelques exemples pour l’illustrer (2) et quelques mises en pratiques concrètes (3). Nous pourrons alors remonter jusqu’à l’interprétation qu’en donne le thérapeute belge (4). Je ne ferai pas appel à son interprétation suggestive développée par Harmut Rosa ; je renvoie à l’étude sur l’école de Francfort que l’on trouve sur le site.

1) Définition

Mony Elkaïm appelle résonance « cette configuration particulière où des personnes appartenant au même système se mettent à ‘vibrer’ sur le même thème [2] ». Autrement dit, elle est le mécanisme par lequel la même règle s’applique aux différents acteurs d’un groupe. Dans le cadre de la psychothérapie, les protagonistes sont d’abord les patients de la thérapie systémique, par exemple familiale (le couple, les enfants), mais peuvent s’adjoindre le thérapeute et le patient, le système institutionnel et le groupe de supervision.

Cette notion se distingue des concepts psychanalytique de contre-transfert ou rogérien d’empathie. Elle n’est pas un phénomène en écho ou en miroir. En effet, toutes ces notions sont individuelles, personnelles. Concrètement, elles requièrent qu’un élément (une personne) agisse ou rétro-agisse sur un autre, par une action efficace. Or, la résonance est une réalité systémique. Elle implique une action mystérieuse du tout sur les éléments, donc une causalité toute différente.

2) Exemples

a) Dans une même famille

Dans un collectif sur la résilience, Mony Elkaïm donne l’exemple suivant [3]. Dans un couple, le mari avait deux constructions du monde. La première, héritée de sa mère, pouvait s’énoncer : « Je ne suis jamais à la hauteur », c’est-à-dire être considéré comme satisfaisant par les femmes. En effet, sa mère était partie quand il avait six ans et ensuite sa belle-mère (la nouvelle épouse de son père) l’avait toujours rejeté. La seconde, venue de son père, disait : « Je ne peux pas recevoir de la tendresse ». En effet, son père ne lui donnait pas d’affection.

Sa femme présentait aussi un double déficit paternel (le père absent) et maternel (la mère peu affectueuse). Sa constructions du monde affirmait donc : « Je ne peux pas recevoir de la tendresse  de ma famille ». Toutefois, le système était plus souple que celui du mari et laissait la place à une espérance : « Si je me marie, j’espère pouvoir en donner à mon mari et en recevoir de lui ».

Pendant de nombreuses années, le couple va pouvoir se donner une tendresse réciproque, ce qui, étant donné leurs traumatismes (et microtraumatismes), est un bel exemple de résilience. Mais un événement survint : l’époux dut changer de travail et davantage s’absenter. Il s’installa alors un cercle vicieux : ressentant moins la tendresse de son mari, la femme rejoua l’absence du père et se ferma ; à son tour, éprouvant moins l’affection de son épouse, l’homme se sentit insatisfait et, rejouant son propre scénario, il commença à faire des reproches à sa femme ; se sentant à son tour blessée, elle se replia encore davantage. Les deux virent donc se confirmer leurs constructions du monde : « Je ne peux pas recevoir de la tendresse » pour elle ; « Je ne peux pas être considéré comme satisfaisant » pour lui. Autrement dit, ils sont entrés en résonance.

b) Entre deux collègues

Ce processus de mise en résonance peut s’étendre à toute relation entre deux personnes ou plus. La condition est qu’elles soient liées affectivement d’une manière ou d’une autre.

Mony Elkaïm raconte l’exemple donné par une de ses étudiantes, psychologue dans une institution, venue pour une supervision.

 

« À son arrivée au travail, elle a rencontré une employée qui lui a déclaré tout de go : ‘J’ai rêvé de toi’. ‘C’était un rêve agréable, au moins ?’ s’enquiert l’étudiante. ‘Non, j’ai rêvé que tu étais morte, avec une balle dans la tête’. ‘J’espère que tu ne fais pas de rêves prémonitoires’, badine l’étudiante. ‘Si, justement !’, répond l’employée [4] ».

 

 L’on peut imaginer combien l’étudiante fut affectée. Toutefois, elle le fut pour une raison que nous (lecteur), nous ignorons, comme l’ignore l’employée sans filtre ni délicatesse :

 

« Sa tante paternelle s’est suicidée précisément avec une arme à feu, et cette tragédie s’est produite dans un appartement qu’elle-même a occupé et qui était celui de la tante avant sa mort. D’ailleurs, quand elle a emménagé, sa mère lui a dit que ‘rien n’avait changé et qu’on avait l’impression que la défente était toujours en ces lieux’… Il lui a fallu dix ans, ajoute-t-elle, pour accepter la justesse de cette observation – en fait, il a fallu qu’elle quitte elle-même cet appartement [5] ».

 

Mony Elkaïm trouve l’explication lors de la supervision. D’abord, elle apprend de l’étudiante que, lors d’une journée de formation, l’employée en question s’est plainte de ne pas avoir eu sa place parce que d’autres avaient « littéralement monopolisé la parole ». Ensuite, l’étudiante en psychologie affirme : « Je sais bien qu’au goût de certains, je prends trop de place dans mon travail » ; de fait, malgré son jeune âge, elle a une parole qui compte et suscite des jalousies. Par ailleurs, elle évoque la rivalité de place entre elle-même et sa mère, au point que celle-ci pouvait ne pas lui adresser la parole pendant des semaines, ce que la fille ressentait comme un manque d’amour. Et l’on pourrait continuer : la mère de la supervisée avait été mal accueillie par la famille de son père, donc n’avait pas trouvé sa place, etc.

Dès lors, il est aisé de nommer la construction du monde qui habite l’étudiante : « Si je prends toute ma place, je serai rejetée ». Ainsi, le rêve de l’employée vient renforcer cette conviction limitante et est entré en résonance avec elle. Cet exemple montre donc que non seulement des personnes se connaissant peu peuvent entrer en synchronisation, ici néfaste, mais que celle-ci passe par l’inconscient.

Le mécanisme médiateur de cette harmonisation ou mise en vibration paraît clairement être l’affectivité : les sentiments éprouvés par l’employée qui se sent rejetée, donc n’occupe pas toute sa place, vient faire vibrer les sentiments éprouvés par l’étudiante en psychologie qui, elle, est convaincue qu’elle sera rejetée en occupant toute sa place.

c) Entre le thérapeute et la supervision

Ce phénomène de résonance vaut aussi entre thérapeutes

3) Mise en œuvre pratique

Mony Elkaïm propose un exercice pratique pour que ses étudiants découvrent qu’ils sont eux-mêmes engagés dans des résonances. Et, comme celles-ci font vibrer les constructions du monde, afin qu’ils découvrent mieux ces constructions.

a) Exercice général en neuf phases

L’exercice se déroule en neuf temps (phases ou étapes) [6] :

  1. Quel est le reproche répétitif que vous faites à la personne la plus proche de vous (le plus souvent, c’est le conjoint ou le partenaire) ?
  2. Que vivez-vous au moment où vous faites ce reproche ? Quelle est la représentation et quel est le ressenti ?
  3. Quelle est votre construction du monde reliée à ce vécu ?
  4. En quoi la personne la plus proche à qui l’on adresse des reproches prend la place d’un autre, en l’occurrence un membre de la famille ? En effet, le conjoint ou le partenaire ne fait que déclencher et non pas causer la tension. Et celle-ci fait revivre une scène ancienne.
  5. Comment l’autre réagit-il à son reproche ?
  6. Quelle est la construction du monde de cette personne ?
  7. En quoi renforcez-vous la construction du monde de l’autre ?
  8. En quoi, dans ce cycle auto-entretenu, chacun des deux amplifie la construction du monde de l’autre pour mieux se protéger ?
  9. Comment interrompre ce cycle ? Autrement dit, quelle démarche pourra l’interrompre ?

b) Exercice particulier pour la phase 4

L’on s’en doute, le plus difficile réside dans la phase 4. La personne peut accéder à sa construction du monde qui est préconsciente. Par exemple, il lui est relativement aisé de dire : « Je ne peux pas avoir ma place » (phase 3). En revanche, souvent, la personne pense que tout fonctionnait bien dans sa famille, donc que la personne qui déclenche (mais ne cause pas) la crise ne se substitue à personne. Donc, elle fait un refus d’obstacle pour la phase 4. Alors, Elkaïm a « souvent recours à un autre exercice, dont l’efficacité est remarquable [7] ».

Il demande à la personne d’entrer dans sa construction du monde (phase 3) et de l’éprouver vis-à-vis de son proche (phase 2). Puis, il l’invite à monter avec lui dans un vaisseau qui remonte le temps : « Dites-moi maintenant l’âge auquel nous devons arrêter notre machine ». Alors, il n’est pas rare que la personne donne un âge sans réellement savoir pourquoi. Mony Elkaïm lui demande de mettre ce vaisseau, cette machine à voyager dans le temps, en marche et de s’arrêter à cet âge. Une fois accédé à cet âge, il l’interroge sur le lieu. Poursuivons l’exercice à partir d’un exemple. Une étudiante qui dit ne pas se sentir avoir de place s’est spontanément arrêtée à l’âge de cinq ans  :

 

« Nous sommes arrivés. Où sommes-nous ?

– On est chez moi, à la maison.

– Vous savez que nous sommes invisibles.

– Je m’en doutais.

– Bien. Sortons de notre vaisseau. Qu’est-ce que nous voyons ?

– Je vois ma mère et moi.

– Vous êtes fille unique ?

– Non, j’ai deux frères, mais ils sont à l’école… et j’aurais bien aimé être à l’école avec eux !

– Ah ? Pourquoi ?

– Parce que maman prend toute la place.

– Comment ça ?

– Ma mère est constamment fatiguée, déprimée, elle est couchée et il faut que je m’occupe d’elle… comme si c’était moi sa mère à elle [8] ».

 

Certes, la fille savait « intellectuellement », c’est-à-dire de manière affectivement neutre et mnémoniquement passée (donc doublement distanciée), que sa mère malade occupait toute la place, mais, par l’exercice, elle fait l’expérience, c’est-à-dire non seulement de manière totale, affectivement investie, mais de manière actuelle, comme un souvenir la conditionnant aujourd’hui. Autrement dit, l’exercice lui permet d’éprouver la puissance de cet événement qui n’est qu’apparemment dormant mais est réellement toujours agissant. Telle est la puissance de l’inconscient si bien mise en valeur par Freud.

4) L’explication de Mony Elkaïm

Pour rendre compte de ce processus si mystérieux de la résonance, Mony Elkaïm convoque un autre phénomène, tout aussi énigmatique, dont elle serait un cas particulier : les synchronismes spontanés [9]. La loi pourrait s’énoncer ainsi : deux ou plusieurs processus régis par la même loi, mais appliquée à un moment différent, finissent par devenir synchrones.

Ce synchronisme peut être établi par une induction qui concerne tous les types de corps [10].

a) Synchronisme entre corps inertes

On la rencontre dans l’ordre des corps inertes, en l’occurrence des artefacts. L’expérimentateur place des métronomes placés sur un socle non fixe, par exemple une planche posée sur deux canettes vides. Puis il les règle de façon à ce qu’ils oscillent à la même fréquence mais à des rythmes différents. Concrètement, cela signifie que les métronomes battent selon le même nombre de cycle (par exemple : 2 battements à la seconde), mais démarrent à des moments différents (ne serait-ce que parce que le ou les chercheurs ne peuvent pas les lancer de manière totalement simultanée). Il observe alors, au bout de quelques dizaines de secondes, que les métronomes oscillent au même rythme, c’est-à-dire ne sont plus en rien décalés [11]. Le phénomène peut se voir en direct, de manière particulièrement convaincante pour 5 métronomes, puisque l’on observe la différence entre les deux support (une table et une planche posée sur deux canettes vides), [12] et même, de façon spectaculaire, pour 100 métronomes [13] !

Ce très étrange phénomène d’isochronisme est connu depuis longtemps, puisqu’il fut découvert par le grand mathématicien, astronome et physicien néerlandais Christiaan Huygens en 1665 et qu’il l’appela « sympathie des horloges » [14]. L’histoire vaut d’être racontée :

 

« Nous sommes en l’an 1665. Partis conquérir les océans, les explorateurs peinent à se positionner sur les cartes. Faute d’outils précis pour mesurer le temps, il leur est impossible de déterminer correctement la longitude. Pour pallier ce manque, le savant néerlandais Christiaan Huygens rassemble deux horloges à balancier sur un support lourdement lesté. Ainsi, estime-t-il, il y aura toujours une horloge en état, et les marins pourront faire le point. Puis, souffrant, Huygens garde la chambre. Il n’a d’autre occupation que d’observer ses horloges. Surpris, il constate que les deux balanciers oscillent systématiquement en opposition, comme si l’un était le miroir de l’autre. Que l’on perturbe le mouvement et, trente minutes plus tard, le couplage reprend ses droits [15] ».

 

L’observation peut se généraliser et a été confirmée de manière rigoureuse [16]. Ainsi, deux horloges à pendule placées côte à côte sur un même mur ou attachées à un rail en aluminium fixé sur un même mur finissent toujours  par devenir synchrones : leurs mouvements mécaniques battent au même rythme. Elles s’influencent donc mutuellement et parfaitement.

Huygens pensait que les vibrations engendrées par l’une des horloges se propageaient vers l’autre à travers le support. De fines expérimentations actuelles l’ont confirmé : les ondes sonores transportent une forme d’énergie, les impulsions sonores ; or, celles-ci se transmettent d’une horloge à l’autre, via le support ; donc, les mécanismes deviennent isosynchrones.

b) Synchronisme entre corps animés

On l’observe dans l’ordre des corps vivants. C’est ainsi que l’on a constaté que des millions de lucioles luisent à l’unisson et au même rythme en Malaisie ou en Thaïlande.

Ce phénomène est attesté aussi chez les personnes humaines, quant à leur organisme. Par exemple, lorsque plusieurs femmes vivent ensemble, leurs menstruations se synchronisent. Autrement dit, on observe que le temps du début de leurs règles se rapproche [17]. Cette expérience célèbre fut confirmée, par elle [18], mais surtout par d’autres études [19].

Ce processus existe aussi au sein d’un même organisme. De prime abord, il ne devrait pas rentrer dans notre induction, sauf que les éléments de cet organisme se comportent non pas comme un tout hiérarchisé, mais comme des individus indépendants et pour liés synchroniquement. Le fait, indubitable, est que le cœur humain bat régulièrement et cela, grâce à la décharge des milliers de cellules du nœud sinusal (sinoatrial) qui envoie des impulsions électriques en rythme. Or, deux théories ont été proposées. La première, que l’on pourrait qualifier de monarchique, selon laquelle une cellule ou un groupe de cellules dominants servent de pacemaker, communiquant aux autres cellules l’impulsion initiale. La seconde, que les auteurs de l’article qualifient de démocratique, est que les cellules interagissent et se mettent en quelque sorte en consensus pour aboutir à la synchronisation finale [20].

Notons enfin un dernier exemple, lui aussi organique et concernant le deuxième organe émetteur d’ondes après le cœur, le cerveau. Francisco Varela a demandé à des personnes de regarder des taches qui, vues sous un angle donné, laissent percevoir des visages. En même temps, il avait relié ces à un appareil enregistreur par 30 électrodes attachées à leur cuir chevelu. Il a alors montré un visage à l’un d’entre eux, ce qui a déclenché des décharges électriques à raison de 40 cycles par seconde dans la zone du cerveau traitant cette information visuelle. Or, quelle ne fut pas sa surprise de constater que les neurones associés au processus visuel devenaient synchrones chez les autres volontaires [21].

c) Résonance entre psychismes

Ainsi, ce que propose Mony Elkaïm n’est rien moins que d’étendre le processus de synchronisation au deuxième ordre de Pascal, celui de l’esprit, c’est-à-dire la liberté. Ce qui, dans l’ordre des corps, est le phénomène physique de vibration, devient, dans l’ordre de l’esprit, le phénomène éthique de la norme. Dès lors, la loi de résonance est celle-ci : les membres d’un même groupe, comme une famille, finissent par vivre sous la même loi, confirmer la loi de l’autre. La similitude porte aussi sur la médiation. Les corps entrent en résonance parce que le milieu transmet l’onde, précisément est diaphane à l’énergie qui peut ainsi se communiquer. Entre deux psychismes ou deux esprits, la médiation semble être l’affectivité.

Mais peut-être la similitude est-elle encore plus subtile. En effet, les pendules ne sont pas exactement synchrones (tous battent ensemble de gauche à droite et vice versa), mais se mettent en opposition de phase (pendant que le balancier de l’une des deux horloges va de gauche à droite, celui de l’autre horloge suit le mouvement inverse). Or, l’on observe que, dans les couples (ou d’autres communautés), la synchronisation n’est pas une identification, mais est plutôt une mise en résonance des processus opposés.

Cela est vrai du point de vue négatif, c’est-à-dire en cas d’isochronie toxique. Dans l’exemple ci-dessus, le scénario du mari : « Je ne peux pas être considéré comme satisfaisant » vient faire vibrer celui de la femme : « Je ne peux pas recevoir de la tendresse ». C’est encore plus clair, lorsque les deux scénarios sont clairement opposés. Par exemple, lorsque l’un des conjoints se dit : « Je ne peux pas être respecté » et l’autre : « Je serais abandonné ». Or, le respect requiert la mise à distance et la crainte de l’abandon (le besoin de se sentir aimé) le rapprochement. Par conséquent, le couple rentre bien en résonance, se met à vibrer (clastiquement) quand il est en opposition de phase. De même, les affects éprouvés par l’employée qui souffre de ne pas occuper toute sa place, sont en opposition de phase avec ceux ressentis par l’étudiante en psychologie qui, elle, craint d’être rejetée en occupant toute sa place.

Mais cette synchronisation vaut aussi pour les interactions positives, c’est-à-dire en cas d’isochronie bénéfique. D’abord, on notera que la résonance néfaste exerce une fonction révélatrice, par exemple entre employée et psychologue en formation. Surtout, cela est vrai des relations bénéfiques. On pourrait l’énoncer sous la forme d’une loi : plus les personnes sont différentes, et donc opposées sous certains aspects, plus grande et plus féconde est leur communion. Ici, l’opposition de phase enrichit l’interaction. Or, au sein de l’espèce humaine, la distinction entre l’homme et la femme est la plus grande objectivement parlant. Donc, la mise en résonance maximale est celle présente dans le couple.

Une conséquence en est que la complémentarité, souvent vantée comme étant le spécifique d’une relation féconde, notamment entre un homme et une femme, est au minimum ambivalente, au maximum néfaste.

5) Relecture philosophique à la lumière de la dynamique du don

Pour ma part, d’un mot, la résonance psychique est l’illustration d’une loi plus générale qui est celle d’une influence non efficiente entre les êtres, d’une communication de la totalité à la totalité relevant de la causalité exemplaire. Comme si le modèle se reflétait activement dans ce que l’on appelle de manière trop péjorative la copie. Comme s’il fallait convoquer une interprétation non plus aristotélicienne, mais platonicienne, voire pythagoricienne.

Pascal Ide

[1] Cf. Mony Elkaïm, Si tu m’aimes, ne m’aime pas. Approche systémique et psychothérapie, Paris, Seuil, 1989 et coll. « Points », 2002, p. 183-188 ; Id., Où es-tu quand je te parle ?, chap. 5-7, 10 ; « La fonction de résonance », Psychothérapies, 24 (2004) n° 3, p. 145-150.

[2] Mony Elkaïm, Où es-tu quand je te parle ?, p. 68.

[3] Cf. Mony Elkaïm, « Microtraumatisme, constructions du monde et résilience dans les couples », Michel Delage et Boris Cyrulnik (éds.), Famille et résilience, Paris, Odile Jacob, 2010, p.

[4] Mony Elkaïm, Où es-tu quand je te parle ?, p. 82.

[5] Ibid.

[6] Mony Elkaïm, Où es-tu quand je te parle ?, p. 144. Je reformule.

[7] Ibid., p. 145.

[8] Ibid., p. 145-146.

[9] Cf. Mony Elkaïm, « Les résonances : cas particulier du domaine des synchronismes spontanés? », Cahiers critiques de thérapie familiale et de pratiques de réseaux, 43 (2009) n° 2, p. 93-95. Consulté le 30 août 2019 : https://www.cairn.info/revue-cahiers-critiques-de-therapie-familiale-2009-2-page-93.htm

[10] On trouvera d’autres expériences similaires dans Steven Strogatz, Sync. The Emerging Science of Spontaneous Order, London, Penguin Books, 2003.

[11] Cf. James Pantaleone, « Synchronisation of metronomes », American Journal of Physics, 70 (2002) n° 10, p. 992-1000.

[12] Cf. consulté le 30 août 2019 : https://www.koreus.com/video/synchronisation-metronomes.html

[13] Cf. consulté le 30 août 2019 : https://www.koreus.com/video/synchronisation-100-metronomes.html

[14] Cf. Christiaan Huygens, Lettres à de Sluse, 24 février 1665, n° 1333 ; 26 février 1665, n° 1333 ; 6 mars 1665, n° 1345, Société Hollandaise des Sciences, La Haye, Martinus Nijhoff, 1895.

[15] Denis Delbecq, « Les horloges très sympathiques livrent leur mystère », Libération, 1er mars 2002. Consulté le 30 août 2019 : https://www.liberation.fr/sciences/2002/03/01/les-horloges-tres-sympathiques-livrent-leur-mystere_395492

[16] Cf. Henrique M. Oliveira & Luís V. Melo, « Huygens synchronization of two clocks », Scientific Reports, article 11548  (2015) n° 5. Consulté le 30 août 2019 : https://www.nature.com/articles/srep11548

[17] Cf. Martha McClintock, « Menstrual synchrony and suppression », Nature, 229 (1971) n° 5282, p. 244-245.

[18] Cf. Martha McClintock, «  Social control of the ovarian cycle and the function of estrous synchrony », American Zoologist 21 (1981) n° 1, p. 243–256 ; « Pheromonal regulation of the ovarian cycle: Enhancement, suppression, and synchrony », J.G. Vandenbergh (ed.) Pheromones and Reproduction in Mammals. New York, Academic Press, 1983, p. 113-149.

[19] Cf. Russell MJ, Switz GM, Thompson K., « Olfactory influences on the human menstrual cycle », Pharmacology Biochemistry & Behavior, 13 (1980) n° 8, p. 737-738 ; Cynthia Graham & William C Mcgrew, « Menstrual synchrony in female undergraduates living on a coeducational campus », Psychoneuroendocrinology, 5(1980) n° 3, p. 245-252 ; Michael Pettita & Jana Vigor,  « Pheromones, feminism and the many lives of menstrual synchrony », BioSocieties, 2014, p. 1-24. Je renvoie à l’abondance biographie.

[20] Cf. Donald C. Michaels, Edward P. Matyas & Jose Jalife, « Mecanisms of sinoatrial pacemaker synchronisation. A new hypothesis », Circulation Research, 61 (1987) n° 5, p. 704-714. Cf. déjà Jose Jalife, « Mutual entrainment and electrical coupling as mech- anisms for synchronous firing of rabbit sino-atrial pace-maker cells », Journal of Physiology, 356 (1984), p. 221-243.

[21] Cf. Eugenio Rodriguez, Nathalie George, Jean-Philippe Lachaux, Jacques Martinerie, Bernard Renault & Francisco J. Varela, « Perception’s shadow: long-distance synchronization of human brain activity », Nature, 397 (1999), p. 430-433.

11.5.2024
 

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