Piété filiale et gratitude. L’exemple de Gabriel Garrone

Le 17 décembre 1917, à seize ans, Gabriel Garrone (1901-1994), futur cardinal de la Curie romaine, écrit à ses parents pour leur annoncer qu’il va devenir prêtre. Lettre sans rature, symbole d’une âme qui est toute droiture.

 

« Je veux être prêtre ? […] Comment ce divin germe a-t-il pu être mis dans mon cœur et ainsi germer ? C’est à vous qu’il faut le demander, à l’éducation que j’ai reçue de vous d’abord, à celle ensuite que vous avez voulu me faire donner par d’autres, plus aptes à parfaire une œuvre commencée avec tous les soins de la meilleure affection. Je suis tout ce que je vous dois : si je suis là, si je suis tel, c’est à vous, directement ou indirectement, uniquement à vous que je le dois ; à vos efforts, à vos peines, à votre amour jamais lassé ».

 

De la reconnaissance de la grâce, Gabriel passe à la reconnaissance tout court, c’est-à-dire à la gratitude :

 

« Jusqu’ici je n’ai pu manifester ma reconnaissance que de manière bien imparfaite… Je ne vois pas de meilleure façon d’arriver à vous rendre tout. En abandonnant l’espoir doux cependant d’une famille à fonder, en me donnant tout à Dieu, c’est à vous que je reste : ce sera sur vous seuls, qu’ici-bas se concentrera l’affection et la gratitude émue dont mon cœur déborde… Je suis sûr que vous saurez le comprendre, et comprendre en même temps que Dieu ne vous prend votre fils, que pour mieux garder à vous-mêmes, et vous conserver l’intégralité de son amour [1] ».

 

Respectueux de la liberté et approprié, le don reçu appelle le don offert en retour, la grâce appelle l’action de grâces.

Pascal Ide

[1] Cité in Le cardinal Gabriel-Marie Garrone (1901-1994), Supplément à Foi et vie de l’Église au Diocèse de Toulouse, mai 1994, p. 13.

6.2.2026
 

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