c) Interprétations
Le Grand Inquisiteur est possiblement le général des jésuites. Mais le sens déborde largement la polémique anticatholique.
Comme les plus grands textes littéraires, ce texte est susceptible d’une pluralité de significations. Mais existe-t-il un commentaire unique rassemblant les différents aspects du texte ? De toute manière, si l’on pouvait en faire un exposé unifié, conceptuellement unifiant, nous ne serions pas face à un texte littéraire : l’intuition créatrice dépasse toute notionalisation.
Ce Grand Inquisiteur qui est la voix du démon, dont la légende est inventée par Ivan, interprète pour nous les tentations du démon au désert. En un mot, l’Esprit de ténèbres demande au Christ d’être raisonnable. L’Inquisiteur reproche à Jésus d’avoir idéalisé l’homme et d’avoir été trop sublime : « tu te faisais une trop haute idée des hommes, car ce sont des esclaves […]. L’homme est plus faible et plus vil que tu ne le pensais. Peut-il, peut-il accomplir la même chose que toi ? La grande estime que tu avais pour lui a fait tort à la pitié. Tu as trop exigé de lui, toi pourtant qui l’aimais plus que toi-même ! En l’estimant moins, tu lui aurais imposé un fardeau plus léger, plus en rapport avec ton amour. Il est faible et lâche [1] ». Voilà pourquoi, explique-t-il, dans la religion corrigée qu’il propose, « nous leur permettrons même de pécher, car ils sont faibles, et à cause de cela, ils nous aimeront comme des enfants. Nous leur dirons que tout péché sera racheté, s’il est commis avec notre permission ; c’est par amour que nous leur permettrons de pécher et nous en prendrons la peine sur nous [2] ». Les hommes abdiquent ainsi leur responsabilité. Dans ces paroles d’une terrible actualité, Dostoïevski anticipe la réduction du moral au légal que notre occident actuel, en mal de repères, vit jour après jour.
Au fond, le Grand Inquisiteur reproche à Dieu d’avoir créé l’homme libre et d’avoir voulu à nouveau le libérer après son péché [3] : or, « il n’y a pas pour l’homme, demeuré libre, de souci plus constant, plus cuisant que de chercher un être devant qui s’incliner [4] ». C’est donc bien la dignité même de l’homme qui est en jeu : « l’homme préfère la paix et même la mort à la liberté de discerner le bien et le mal [5] »
La tentation est d’autant plus redoutable qu’elle ne se fonde pas sur la seule considération de l’homme tel qu’il est, mais aussi sur une prétendue miséricorde divine : « N’était-ce pas aimer l’humanité que de comprendre sa faiblesse, d’alléger son fardeau avec amour, de tolérer même le péché à sa faible nature, pourvu que ce fût avec notre permission [6] ? » Et le fin du fin, avec la troisième tentation, est de montrer que le Grand Inquisiteur défend cette vérité au prix de sa propre vie [7]. Mais alors qu’il donne son « repos à tous », le Christ, lui, ne regroupe qu’une poignée, une « élite » d’« élus [8] ».
Nous retrouvons ici le matériau de toutes les révoltes de l’homme contre Dieu. Mais le pire et le plus subtil est bien d’avoir refusé « la cause insensée [9] » de la Croix. Il s’agit juste de leur donner « un bonheur doux et humble, un bonheur adapté à de faibles créatures ». Et, il tue toute magnanimité et étouffe tout désir théologal au nom du : « Nous les persuaderons, enfin, de ne pas s’enorgueillir [10] ».
Aliocha ne saura pas répondre à son frère Ivan ; il fera mieux ; il l’embrassera avec le même amour que celui que le Juste a eu pour le Grand Inquisiteur. C’est cette certitude d’être aimé de son frère qui empêche Ivan de sombrer dans la désespérance la plus noire, la plus suicidaire ou assassine.
La littérature a ainsi anticipé tout ce que les maîtres du soupçon diront un jour. Le démon est le premier soupçonneur, comme d’autres l’ont déjà dit. Ivan ne remarque-t-il pas, à propos des trois tentations, que « ce sont les trois formes où se cristallisent toutes les contradictions insolubles de la nature humaine [11] » ?
4) Enracinement dans la vie de Dostoïevski
On peut distinguer trois étapes dans la vie de l’auteur des Frères Karamazov [12].
a) Dostoïevski le romantique
La jeunesse de Dostoïevski fut bercée par Lord Byron. À 23 ans, il renonce à la carrière d’ingénieur pour devenir écrivain. Son premier roman sera Les nuits blanches.
b) Dostoïevski le socialiste
Dostoïevski sympathisera avec les socialistes. En effet, si le tsar Alexandre Ier a gagné contre Napoléon, les idées de la Révolution Française ont pénétré en Russie. Dostoïevski étudie de près la France, lit Fourrier et Proudhon.
Bien qu’il demeure un solitaire notoire, il sera arrêté et enfermé dans les cachots humides de la Forteresse Pierre et Paul durant huit mois. Le jeune écrivain de vingt-huit ans se défend. On lui reproche d’avoir lu en public une lettre de Gogol. Néanmoins, il n’aspire pas à la République. Pour lui, il faut une autorité centrale ; la révolution n’est pas souhaitable.
Et la nouvelle tombe, en 1849 : le tsar a condamné à mort les membres du cercle socialistes arrêtés. Fedor décrit dans une lettre adressée à son frère Mikaïl ce qui s’est passé. Habillé d’une longue chemise blanche, il est conduit jusqu’au peloton d’exécution ; on brise une épée au-dessus de sa tête. « Il ne me reste plus qu’une minute à vivre. J’ai pensé à toi, frère chéri. J’ai alors compris combien je t’aimais ». Alors, coup de théâtre, totalement imprévu, l’officier responsable de l’exécution lit une lettre de sa Majesté impériale qui les gracie. Elle les condamne à quatre ans de travaux forcés, au bagne. Il demeure que, toute sa vie, Dostoïevski restera marqué par cette expérience cruciale qui lui a fait voir la mort en face : ce jeune homme de 28 ans a cru qu’il perdait définitivement la vie et il en connaît maintenant le prix. L’Idiot retrace avec réalisme l’expérience traumatique du peloton d’exécution.
Dostoïevski part dans l’Oural. Il doit traverser la Sibérie par moins quarante degrés, sur un chariot, dans la tempête. Il va purger sa peine avec des prisonniers de droit commun sans scrupule. Contrairement à Tolstoï et à l’aristocrate Tourguéniev, quand il parlera de l’âme russe, du petit peuple de la Russie, il en aura une connaissance intime, car il les a longuement fréquentés. Dans Souvenir de la maison des morts, Dostoïevski fera mémoire du petit peuple russe et de sa dévotion. Dans Journal d’un écrivain, il dira que le peuple russe a besoin de souffrir ; toujours, même lorsqu’il est heureux. Autant d’affirmations qui sont le fruit non pas d’une théorie mais d’une expérience, chèrement acquise.
Il ne pourra pas écrire. Il souffrira de ne jamais être seul. Il écrira : « Je n’ai pas perdu courage. Ne pas perdre espoir, voilà mon but ». Pendant ces quatre années, il n’obtiendra qu’un seul livre : la Bible.
c) Dostoïevski le chrétien orthodoxe
En effet, c’est au bagne que Dostoïevski redécouvre sa foi orthodoxe. Il rompt avec la Révolution et les théories occidentales et découvre sa vocation : unir l’intelligentsia russe et le peuple. Il écrira plus tard à son ami Herzen, marxiste, aristocrate et citoyen du monde, que les socialistes se sont séparés du peuple, donc de Dieu. D’ailleurs, pour Dostoïevski, la peste communiste dont la Russie est malade est venue d’Europe. Plus profondément, c’est le libéralisme qui est pervers. Cinquante ans avant la prise du Palais d’Hiver, il écrira aussi que les grandes nations d’Europe seront jetées à terre par les insatisfactions secrétées par le libéralisme.
Quelques temps après sa sortie du bagne, il se marie. Mais le malheur n’est pas pour autant terminé. Celui-ci sera extérieur et intérieur.
Extérieur, il est dès le début accablé par la maladie. De plus, à Saint Pétersboug, il est suspecté : la police tsariste le surveillera encore pendant vingt ans.
En 1862, Dostoïevski est pris par le désir de visiter le reste de l’Europe. Il sera séduit par la littérature à Paris, par l’art à Florence. Surtout, à Wiesbaden, il va faire l’expérience du jeu et de la dépendance qu’il entraîne. Désormais, le malheur va le ronger du dedans, lui et sa famille. Perdant tout l’argent de son voyage, et jusqu’à sa montre, accumulant les dettes, il risquera même la prison. En 1865, il écrit à Ivan Tourgueniev pour qu’il lui prête cinquante thalers qu’il ne lui remboursera d’ailleurs que douze ans plus tard. Une nouvelle fois, Dostoïevski fait l’expérience du fond de l’âme humaine, il découvre ce que c’est qu’un homme qui ne possède plus rien. Il reconduit aussi cette expérience à l’âme russe (car chaque nation est, pour lui, douée d’une spécificité) : seul le Russe peut tout perdre, car son âme généreuse est sans frein.
Sa vie est alors la matière directe, immédiate de ses romans. Lorsqu’il écrira une de ses œuvres maîtresses (avec les Frères Karamazov), Crime et châtiment (on dirait aujourd’hui : Crime et repentance !), Dostoïevski s’inspirera des milieux sordides qu’il doit fréquenter à cause de ses dettes : ce n’est pas un hasard si la victime est un usurier ! De même, dans Le Joueur, roman qu’il dut écrire car il avait reçu une avance et qu’il sténographia en vingt-six jours, Dostoïevski met en scène les abîmes dans lesquels doit descendre celui qui est pris par la drogue du jeu, c’est-à-dire l’enfer de sa propre vie.
Or, la sténographe, Anna, épouse Dostoïevski, veuf depuis trois ans. Cette jeune fille de vingt ans épouse cet homme de vingt-quatre ans son aîné car elle dit avoir été frappée par ses yeux vairon, l’un marron et l’autre noir (en fait en mydriase) qui lui donnait un air mystérieux. Anna tentera de sauver les finances de Dostoïevski. Mais, accablés de dettes, ils partent à Dresde. Dostoïevski montre à sa femme les plus beaux tableaux d’Europe, s’enchante de la Madone du Raphaël dans la Sixtine et du Tribut du Titien. La fièvre du jeu n’a cependant pas quitté Dostoïevski. En 1869, à Baden-Baden, il en arrive même à vendre les bijoux d’Anna et fait vivre à son épouse une véritable tragédie. Dévoré par cette passion, il perd tout et pleure de ne plus rien avoir. Il est rongé par le fiel de l’éternel perdant.
d) La fin de sa vie
Dostoïevski pourra tout de même partir à la campagne et enfin, pour la première fois de sa vie, acheter une maison où il vivra avec Anna et leurs deux enfants. Cette maison aux nombreux coins et recoins inspirera Les Frères Karamazov.
Le romancier devra encore se rendre à Ems pour se soigner, car il subit des crises d’épilepsie de plus en plus fréquentes. Néanmoins, Dostoïevski trouvera enfin le repos et le bonheur au terme de sa vie.
5) Quelques observations finales
a) Sur la vie de Dostoïevski
Une nouvelle fois, la vie de Dostoïevski vérifie ce grand axiome : derrière le grand homme, cherchez la grande femme. Qui connaît aujourd’hui Anna Dostoïevski ? Or, que serait Fedor sans son épouse ? Que serait le génial écrivain sans la médiatrice qui le sauve ?
La vie de Dostoïevski est-elle traversée par les trois stades d’existence dont parle Kierkegaard : l’esthétique romantique, l’éthique socialiste, le religieux orthodoxe ?
Encore aujourd’hui, Dostoïevski rayonne. Nombreux sont ceux qui ont puisé dans son œuvre une réponse aux questions que posait l’athéisme contemporain. En écrivant le Drame de l’humanisme athée, sous la double figure de Comte et de Nietzsche, Henri de Lubac a demandé la « réponse » non pas à un philosophe ou à une philosophie, ce qui aurait paru homogène à son propos et pertinent, mais à un écrivain. C’est parce que l’athéisme n’est pas une prise de position seulement ni d’abord intellectuelle, mais vitale, que la réponse à l’athéisme doit être aussi vitale. Or, Dostoïevski a connu la tentation de l’athéisme et l’a traversé, y répondant par le don de toute sa vie au Christ qui demeure son grand amour comme son grand tourment. « Dieu m’a mis au supplice toute la vie », dit-il dans ses Carnets.
Le petit-fils de Dostoïevski a trouvé la foi en lisant son génial ancêtre si attaché à l’âme russe : « Dostoïevski suit ma vie, des cieux, il prie pour moi ». De fait, l’auteur des Frères Karamazov nourrit un grand amour du peuple russe, ce qu’il appelle son « sol natal, la terre russe » que symbolisent pour lui le bouleau et, au moins au début, Saint Pétersbourg. Cette appartenance nationale authentique, cet amour conjoint aussi le religieux : pour Dostoïevski, le russe est synonyme d’orthodoxie. De fait, son attitude à l’égard de l’Occident est ambivalente, voire ses attaques cinglantes contre la foi catholique. En effet, pour Dostoïevski, le peuple russe est le plus chrétien : les catholiques sont décrépis et les luthériens paradoxaux. Il peut porter des jugements très durs sur certains peuples : il estime que les Suisses mènent une vie de sauvages, dans la lutte permanente des partis ; il les trouve sous-développés. Néanmoins, il les trouve supérieurs aux Allemands qu’il estime un peuple stupide et sans espoir. C’est pour cela qu’il finira par ne plus aimer Saint Pétersbourg en qui il détectera les influences occidentales extérieures et néfastes pour l’âme russe. Voilà pourquoi, pour le patriote Dostoïevski, la Russie est appelée à jouer un grand rôle en Europe.
b) Sur la Légende
Aliocha a le mot juste, Ivan le reconnaît, quand il affirme que « l’athéisme, voilà leur secret. Ton inquisiteur ne croit pas en Dieu [13] ». Tout le raisonnement de l’inquisiteur ne part pas de l’existence de Dieu pour arriver à la nier, mais il l’a toujours refusée et il raisonne avec ce présupposé implicite, voire hypocritement caché dans les plis de sa robe de cardinal. Il ne tue Jésus à la fin que parce qu’il l’a déjà tué en son cœur depuis le début. Dès lors, la logique du discours se dévoile : le Grand Inquisiteur ne noircit le tableau de l’humanité que parce qu’il désespère, donc parce qu’il ne croit pas à la puissance transformante du salut et qu’il en a depuis toujours postulé l’inexistence ou du moins l’inefficacité.
Révélatrice est la dernière parole de la légende : « Le baiser lui brûle le cœur, mais il persiste dans son idée [14] ». Cette brûlure est le signe d’une division, de l’angoisse profonde présente chez le Grand Inquisiteur. Or, le baiser est le signe du pardon, du don parfait. Il se trouve ainsi confirmé que le refus du don originaire est contre-nature et que la liberté éclot dans sa plénitude seulement lorsqu’elle s’ouvre au don qui la fait exister et, une fois présente, mais après la chute, la réconcilie avec elle-même. « Il n’y a pas d’athée tranquille ».
Le drame de l’humanisme athée est que la formule – humanisme athée – s’avère non pas paradoxale ou oxymorique, mais proprement contradictoire. L’athéisme se dévoile, tôt ou tard, inhumain. C’est ce que montre la vision prophétique des frères Karamazov : celle-ci « n’est pas prévision. C’est anticipation spirituelle ». En écrivant ce roman, Dostoïevski dépasse le temps historique où il fut rédigé : il nous offre « des signes qui nous aident à interpréter notre temps [15] ».
Au fond, pourquoi le projet humaniste athée échoue ? Car l’homme désire non pas tant la liberté que le bonheur. Le conflit fondamental dont part le socialiste, le Grand Inquisiteur, c’est de donner à l’homme le bonheur. Or, à chaque fois, il en conclut qu’il faut aliéner l’homme, car sa liberté pourrait se tourner contre son bonheur. Le paradoxe est grand, mais terriblement logique.
Mais il y a un non-dit encore plus décisif : d’où vient cet appétit de bonheur ? En effet, la souffrance naît d’un hiatus qui est un donné et non pas une construction. C’est donc que si le bonheur réalisé échappe à la liberté, c’est que, déjà à l’origine, le bonheur désiré lui avait échappé, car son existence demeure originaire et fondatrice. Nous retrouvons à nouveau la liberté encadrée dans un double don.
Il y a plus. Une conséquence de la Légende est d’ailleurs qu’il faut permettre aux hommes de pécher, car ils sont faibles. En effet, « nous leur dirons que tout péché sera racheté, s’il est commis avec notre permission ; c’est par amour que nous leur permettrons de pécher [16] ». Une autre conséquence, plus mystérieuse, est que ce bonheur pour tous n’est pas possible sans la souffrance d’une minorité : car il faudra bien que quelques-uns soient lucides, entendent les secrets les plus pénibles des consciences et surtout soient libres pour choisir cette autre voie. Donc « tous seront heureux, des millions de créatures, sauf une centaine de mille, leurs directeurs, sauf nous, les dépositaires du secret [17] ». Le Grand Inquisiteur adopte donc la figure du sauveur : ce qui peut être interprété soit comme une inversion diabolique voire comme une tentation d’auto-idolâtrie, soit comme le témoignage ultime rendu à la vérité du christianisme : on ne pourra jamais se passer d’un rédempteur.
Ainsi, en fondant l’autonomie humaine dans l’hétéronomie divine, Dostoïevski, loin de la nier en montre l’insigne valeur. Dieu se fait une haute idée de la liberté humaine, de sa profondeur et de sa puissance.
Une dernière confirmation atteste que la liberté n’est source que dans la Source. La seule réponse à la « révolte » d’Ivan [18] n’est pas intellectuelle, mais vitale, cordiale : celle de l’amour, affectif et effectif. D’une part, Aliocha est affecté par l’athéisme de son frère : « Tu ne crois pas en Dieu, ajouta-t-il avec une profonde tristesse [19] ». D’autre part, comme le Christ au Grand inquisiteur, Aliocha répond à Ivan en se taisant et en baisant doucement son frère sur les lèvres. Est-ce un « plagiat », comme s’écrit Ivan ? La réponse est d’ordre théologal. En reproduisant la légende, elle identifie les protagonistes : Aliocha imite le Messie que parce que Ivan signale sa profonde proximité avec le Grand Inquisiteur. Le geste de son frère lui permet de prendre conscience de lui-même. Voilà pourquoi il ne peut s’empêcher le remercier pour son baiser : « Si je puis encore aimer les pousses printanières, ce sera grâce à ton souvenir [20] ». Ivan avoue donc qu’il n’existe que parce qu’il est soutenu dans sa liberté par autre que lui. Et Aliocha n’est lui-même que le médiateur pauvre et transparent du Christ, à l’image de cette autre figure christique qu’est l’Idiot, le prince Muichkine.
6) Bibliographie sur la légende du Grand Inquisiteur
a) Bibliographie primaire
– Fiodor Dostoïevski, Les frères Karamazov, trad. Henri Mongault, coll. « Bibliothèque de la Pléiade » n° 91, Paris, Gallimard, 1952, p. 267-287. Une autre édition plus récente : 22009.
b) Bibliographie primaire
– Nicolas Berdiaev, Les sources et le sens du communisme russe, trad. Alexis Nerville, Paris, Gallimard, 1938 ; L’esprit de Dostoïevski, trad. Alexis Nerville, Paris, Stock, 1946.
– Paul Evdokimov, Le Christ dans la pensée russe, Paris, Le Cerf, 1970 ; Dostoïevski et le problème du mal, coll. « Théophanie », Paris, DDB, 1978.
– Konstantin Léontiev, Vladimir Soloviev, Vassili Rozanov, Serge Boulgakov, Nivolas Berdiaev, Sémion Frank, La légende du Grand Inquisiteur de Dostoïevski. Commentaire, coll. « Au cœur du monde », Lausanne, L’Âge d’homme, 2004. Sur la portée du texte. Tous les plus grands russes ont commenté la fameuse Légende.
– Henri de Lubac, Le drame de l’humanisme athée, Paris, Spes, 31945, p. 335-349.
– Théodore Paléologue, Sous l’œil du Grand Inquisiteur. Carl Schmitt et l’héritage de la théologie politique, Paris, Le Cerf, 2004.
– Xavier Tilliette, « Introduction à la Légende du Grand Inquisiteur de Dostoïevski », La mémoire et l’invisible, Genève, Ad Solem, 2001.
Pascal Ide
[1] Ibid., p. 277.
[2] Ibid., p. 281.
[3] Ibid., p. 272 et 273.
[4] Ibid., p. 275.
[5] Ibid., p. 276.
[6] Ibid., p. 278.
[7] Cf. Ibid., p. 281.
[8] Ibid., p. 279.
[9] p. 282.
[10] Ibid., p. 280.
[11] Ibid., p. 273.
[12] Ces différentes informations sur la vie de Dostoïevski ont été tirées d’une excellente émission d’une heure sur Arte, 2000, intitulée « Dieu en Russie ».
[13] « Le Grand Inquisiteur », p. 283.
[14] Ibid., p. 285.
[15] Henri de Lubac, Le drame de l’humanisme athée, p. 344.
[16] « Le Grand Inquisiteur », p. 281.
[17] Ibid., p. 281.
[18] Ibid., p. 266.
[19] Ibid., p. 284.
[20] Ibid., p. 286.