Introduction à la lecture de l’Encyclique Redemptoris Mater de Jean-Paul II 3ème partie 1/2

Troisième partie

La médiation maternelle

Le titre le dit assez clairement : l’objet de cette dernière partie est la médiation que Marie exerce. Précisément, la seconde et la troisième partie ont trait aux relations de Marie et de l’Église. Or, ces rapports sont considérés à partir de deux points de vue : d’une part la foi (et c’est la seconde partie qui l’a traité) ; d’autre part, la médiation : Marie est médiatrice pour l’Église, d’une manière que nous allons avoir l’occasion de préciser en détail. L’ordre entre ces deux dernières parties est significatif : c’est la foi de Marie qui est le fondement ultime (subjectif) de sa médiation.

Que l’on ne s’y trompe pas : Jean-Paul II ne va pas répéter ce qu’il a montré dans la première partie sur la médiation maternelle, même si la circularité de sa pensée le fait revenir toujours aux mêmes thèmes. Ici, il y a deux nouveautés : d’une part, il va expressément appliquer la médiation maternelle à l’Église ; d’autre part, il va le faire pour des raisons neuves qui vont lui donner d’intégrer les dernières étapes de la vie de Marie, à savoir son Assomption et sa vie glorieuse.

Plan

1) Exposé (Première sous-partie : n. 38 à 41)

Jean-Paul II établit d’abord cette médiation maternelle de Marie à l’égard de l’Église.

a) Introduction et énoncé de la thèse de la médiation maternelle de Marie (n. 38).
b) Exposé et preuve de cette médiation maternelle

1’) Preuve prise du début de la vie de Marie, de l’Annonciation (n. 39).

2’) Preuve prise du terme de sa vie : là apparaît vraiment la médiation maternelle de Marie à l’égard de toute l’Église : exposé (n. 40) et confirmation par l’Assomption (n. 41).

D’une autre manière, il y a comme trois temps dans la manifestation plénière de cette médiation mariale : sa nature qui est d’être maternelle (n. 39) ; et son mode, la conséquence de son caractère unique et maternel : la médiation maternelle est parfaitement universelle : elle s’étend à tous les hommes (n. 40) ; elle s’étend à tous les temps (n. 41 : c’est l’enseignement de l’Assomption).

2) Conséquences et applications

a) Générale : présence maternelle de Marie à l’Église (deuxième sous-partie : n. 42 à 47)
1’) Présence dans la vie de toute l’Église

Marie est présente au double titre de l’exemplarité (de figure) et de la coopération (en langage technique : Marie joue à l’égard de l’Église un rôle de cause exemplaire et de cause efficiente).

a’) Marie est figure de l’Église (n. 42 et 43).

b’) Marie coopère à (la fonction maternelle) l’Église (n. 44).

2’) Présence dans la vie de chaque fidèle (n. 45 et 46).
3’) Conséquence (et notamment que Marie est la Mère de l’Église) (n. 47).
b) Particulière pour aujourd’hui : le sens de l’année mariale (troisième sous-partie : n. 48 à 50)

1’) Raison de cette année mariale (n. 48).

2’) Circonstances, notamment le temps (n. 49 et 50).

Première sous-partie : « Marie, Servante du Seigneur »

Participant de l’unique médiation du Christ et subordonnée à elle, la médiation de Marie est en sa spécificité (son originalité) sollicitude maternelle de celle qui, dès l’Annonciation s’est totalement donnée à Dieu dans la virginité et comme sa servante.

1) N. 38 : Marie exerce une médiation maternelle

Dans ce numéro, Jean-Paul II introduit son thème. Comme dans la seconde partie, Jean-Paul II brode sur une thèse unique qu’il s’ingénie à enrichir et à présenter sous des jours complémentaires. Or, ce thème présente un double caractère : général qui est la médiation ; et spécifique à Marie : cette médiation est maternelle. D’où le plan

a) Marie exerce une médiation (§ 1 et 2)

Jean-Paul II ne démontre pas cette thèse et ne fait que l’énoncer, avons-nous dit. Surtout il la replace dans son cadre général qui est la médiation du Christ (§ 1 et 2)

1’) Principe (§ 1)

C’est l’unique médiation du Christ. Celle-ci est établie à partir des deux grandes sources dont use Jean-Paul II : l’Écriture et Vatican II (Lumen Gentium, ch. 8) : à la demande des Pères conciliaires, ce chapitre consacre un numéro entier au primat de la médiation du Christ. La question est importante pour le dialogue œcuménique : en effet, autant les protestants sont prêts à accepter la grandeur de la foi de Marie, autant sa médiation leur paraît un irréparable affront à l’unique médiation du Christ, si nettement affirmée par le passage de la première à Timothée. Cette volonté de ne pas rompre le dialogue œcuménique se manifeste donc aussi chez Jean-Paul II, puisqu’il commence lui aussi par affirmer avec la plus grande énergie cette primauté irréfragable. Ce point est si important que Jean-Paul II le répètera dans tous chaque § sauf le troisième.

2’) Conséquences concrètes (§ 2)

On peut la caractériser par les propositions suivantes : la médiation de Marie est subordonnée à celle du Christ ; elle ne diminue donc pas celle du Christ ; mais surtout, et c’est là le point essentiel qu’il faut comprendre car il fonde les autres : la médiation de Marie tire son existence, et par là, son efficacité, de celle du Christ. Elle en participe. En conséquence, il ne faut pas envisager cette relation entre les deux médiations de manière statique mais dynamique, de sorte qu’il faut soutenir le paradoxe selon lequel plus Marie est médiatrice, plus brille l’unique médiation du Christ et son efficacité souveraine.

Pour plagier une phrase célèbre de l’Evolution créatrice de Bergson : Le médiateur a fait des médiateurs. Analogiquement, qu’une vasque déborde d’eau n’est pas un affront pour la source, mais le signe de sa générosité (et la même image montre bien que l’eau et son origine sont uniques ; de même, uniques sont la grâces et son auteur).

Comme d’habitude, S. Thomas éclaire cette question par les sommets quand il dit que le propre d’une cause, d’un auteur est de donner à ce qui lui est subordonné la dignité d’être cause et de pouvoir rayonner à son tour, selon sa mesure et sa nature propres. Par exemple, le soleil ne fait pas que donner passivement de la chaleur, mais il permet le temps, les saisons, la vie, etc. De même un bon professeur est celui qui fait des disciples (là encore, bien sûr, selon la mesure de ceux qui reçoivent), un bon patron est celui qui non seulement délègue, mais prend plaisir à former et à ne pas se rendre indispensable ! Les applications de ce principe fertile sont multiples et concrètes.

b) La médiation de Marie est maternelle (§ 3 à 5)

On l’a dit, Jean-Paul II va parler de la médiation maternelle de Marie à l’égard de l’Église.

1’) La cause, le fondement de cette médiation (§ 3) : c’est l’Esprit-Saint.

A noter que ces trois premiers § ont une structure trinitaire : le premier est centré sur le Père (dont l’unicité fonde l’unicité de la médiation du Christ, selon S. Paul), le second sur le Christ et le troisième sur l’Esprit-Saint.

2’) Énoncé de cette originalité de cette médiation (§ 4)

La médiation de Marie présente un caractère spécifique et absolument propre à Marie : ele est maternelle. Mais Jean-Paul II ne s’attache pas ici à monter en quoi, mais plutôt à expliquer le pourquoi de la multiplicité des médiations des créatures. Il y a donc trois médiations : celle du Christ, source de toutes les autres, celle de Marie, qui, bien que créature, a une médiation unique et enfin, celles des autres créatures humaines.

3’) Exposé de cette originalité (§ 5)

En un mot, la maternité divine de Marie fonde le caractère maternel de sa médiation. Jean-Paul II le développera plus tard. Mais on voit déjà qu’il connecte cette médiation à ce qui constitue le dessein même de Dieu sur Marie qui est identiquement le plan du salut. Autrement dit, la médiation maternelle n’est pas une qualité, un titre accessoire de Marie mais une conséquence organique et comme nécessaire de l’Incarnation (cause de sa maternité divine). Le Saint-Père fait aussi allusion à une distinction qui a fait fortune dans l’histoire de la foi car elle est très clarifiante et qui est constamment sous-jacente à son propos : Marie est mère de Jésus selon la nature, selon la chair (et d’ailleurs aussi selon la grâce, la foi, si on se rappelle l’enseignement du n. 20, § 8, par exemple), alors qu’elle est la mère des chrétiens, des hommes selon la grâce (cette distinction est donnée au n. 45, § 2).

2) N. 39 : La médiation maternelle à l’Annonciation

Jean-Paul II revient « encore une fois » à « l’évènement fondamental dans l’économie du salut » qu’est l’Annonciation. Or, l’analyse de la première partie nous a monté que cette scène contient deux grands enseignements sur Marie : l’un plus objectif (au sens propre de relatif à un objet) qui est sa maternité divine, l’autre plus subjectif (au sens symétrique de relatif au sujet) qui est la plénitude de grâces. Et ces deux aspects permettent de fonder la médiation maternelle dès l’origine

a) Première raison de cette médiation maternelle : la maternité divine (§ 1 et 2)

La raison ici avancée est de grande profondeur et montre combien Jean-Paul II a médité l’Évangile de l’Annonciation, donnant à chaque mot tout son poids de Révélation.

– Principe (§ 1) : Le consentement que Marie a donné à la maternité divine (identiquement à l’Incarnation) est le fruit de sa totale donation à Dieu.

Jean-Paul II en voit la trace dans la parole qui clôt le dialogue entre l’ange et Marie : « Voici (et non pas « Je suis », comme on lit dans certaines traductions : ici Marie, dit S. Thomas d’Aquin, Marie s’engage au nom de l’humanité entière) la servante du Seigneur ». Mais plus radicalement encore, c’est la virginité de Marie qui est au fondement : car la virginité de Marie (cf. Luc 1,34 que Jean-Paul II ne reprend pas explicitement ici mais qui est présent en arrière-plan) est consécration totale de son être à Dieu. Or, ce don est don au service de Dieu (on ne se réserve pas pour soi ; le célibat consacré n’est pas un repli frileux et égoïste mais une manière de se livrer de manière encore plus radicale à un autre que soi, dans et par l’amour que Jean-Paul II n’hésite pas à qualifier de « nuptial »). Donc la vocation de Marie à la virginité est condition de sa maternité divine.

Ce qui consonne, tout en la prolongeant, avec une doctrine très classique chez les Pères de l’Église pour qui la virginité est le signe par excellence de l’origine divine du Christ.

– Or, la maternité divine est le premier fondement de la médiation maternelle de Marie à l’égard des hommes (§ 2)

A montrer

b) Seconde raison de cette médiation maternelle : la plénitude de grâces (§ 3)

Ici, nous quittons l’Annonciation pour suivre le cheminement de Marie dans la foi, mais nous y reviendrons pour en trouver le fondement ultime, à savoir la plénitude de grâce.

1’) En effet, Marie a coopéré de manière unique à la Rédemption pendant tout son pèlerinage de foi.

A préciser

Ici, Jean-Paul II voit en Marie non plus seulement la Mère du Christ mais aussi sa généreuse associée. Or, Marie a coopéré à toute la mission du Christ non seulement en suivant le Christ dans son pèlerinage sur la terre : cela n’est qu’extrinsèque ; mais d’abord parce qu’elle s’est imprégnée « toujours davantage de ‘charité ardente ‘ envers ceux auxquels s’adressait la mission du Christ ».

Où l’on voit donc qu’il serait erroné de voir dans le pèlerinage de Marie une croissance dans la foi déconnectée de la charité : les deux sont indissolublement liés, aussi nécessaires l’un que l’autre à la mission de médiation maternelle de Marie et ont toujours grandi dans le cœur de Marie.

Or, Marie était particulièrement disposée à cette médiation par la plénitude de grâce (qui est son nom propre, celui dont l’ange l’a salué à l’Annonciation).

2’) Or, dit Jean-Paul II en toutes lettres à la fin du §, « cette coopération est précisément » et identiquement la « médiation » de Marie (dont il ne manque pas de rappeler encore une fois qu’elle est « subordonnée à la médiation du Christ »).

c) Relation entre ces deux raisons (§ 4)

On l’a en fait déjà vu lors de la première partie : la disponibilité liée à l’état de servante du Seigneur n’est pas différente de la plénitude de grâce. Celle-ci est d’abord cette disponibilité qui est constitutive de celui qui sert (et n’est donc pas son propre maître mais au service d’un autre, donc disponible à son égard). Et finalement cette pleine disponibilité est la condition de la médiation maternelle.

Or, Jean-Paul II note que c’est peu à peu que le Christ a éduqué Marie à cette disponibilité intérieure pour que de sa mère, elle devienne mère de tous les hommes. Et la parole de Jn 19, 26 en est l’illustration par excellence et le sommet : « Voici ton fils ».

3) N. 40 : Marie exerce une médiation maternelle à l’égard de l’Église (et des hommes)

a) Existence de cette médiation maternelle (§ 1)
1’) Preuve (§ 1, début)

Jean-Paul II procède par touches successives, rappelant des raisons déjà avancées avant d’assener l’argument décisif.

– Déjà nous savons que Marie était là le jour de la Pentecôte et nous savons quel rôle décisif elle y a joué (cf. n. 26).

– Ensuite, Marie fut appelée « mère » par son Fils, au pied de la croix, et elle y était comme servante fidèle (ce qui est la condition de sa médiation maternelle, comme nous l’avons vu). Or, l’Église naît au pied de la Croix.

Jean-Paul II ne l’explique pas, mais nous avons vu avant que les Pères voyaient la naissance de l’Église dans le transpercement du côté du Christ laissant couler le sang et l’eau : en effet, l’eau symbolise le baptême, porte des sacrements et le sang, l’Eucharistie, sommet des sacrements ; or, les sacrements font l’Église, en faisant du salut du Christ un aujourd’hui permanent.

– Mais surtout : l’Église est

A voir !

2’) Conséquence : universalité de cette médiation (§1, à partir de « Par la mort… »)

En effet, Marie a surtout acquis sa médiation maternelle au pied de la Croix. Or, il s’accomplit alors l’œuvre de la Rédemption qui « inclut tous les hommes ». Donc, cette médiation maternelle est universelle (en conséquence par participation « à l’universalité de la médiation du Rédempteur »). De plus, au pied de la Croix, Marie a intercédé pour tous les hommes avec Jésus (et nous verrons tout à l’heure que c’est là la manière dont elle exerce sa médiation).

b) Nature de cette médiation maternelle (§ 2)

Cela a aussi pour but de montrer une des prémisses avancées ci-dessus et ainsi de conforter l’universalité d la médiation mariale. C’est un médiation d’intercession. Jean-Paul II le montre d’abord en citant Lumen Gentium, mais surtout par deux autres sources

– l’Écriture : Cana analysé au n. 21 le montrait de manière manifeste ; Jean-Paul II y a aussi fait allusion dans le § précédent en traitant de la présence de Marie au pied de la croix ; il aurait aussi pu rajouter la Pentecôte (Actes 1,14 : « Tous étaient assidus à la prière, […] dont Marie… »).

– la liturgie (selon l’axiome : « lex orandi, lex credendi » : la prière de l’Église est une des règles de la foi. Un exemple majeur est la pratique du baptême des petits-enfants qui a servi à Augustin à découvrir l’existence du péché originel, implicitement présente dans le seul fait de cette pratique). Or, l’Église invoque Marie comme « Avocate, Auxiliatrice », etc., autant de titres qui manifestent sa médiation d’intercession (cf. aussi la note 105).

4) N. 41 : La glorification de Marie, confirmation de sa médiation maternelle

o) Transition (§ 1, première phrase)

Jean-Paul II fait le lien entre la médiation subordonnée de Marie et sa glorification. La signification de la première phrase est tel que l’on peut comprendre que la glorification permet la médiation autant que cette dernière donne son sens à celle-là. De sorte qu’il faut affirmer que la glorification joue dans le propos du Saint-Père un double rôle (du point de vue logique, s’entend !) à l’égard de la médiation maternelle : le mystère de la glorification d’une part l’exprime, la signifie, d’autre part, en est la réalisation la plus parfaite, la plus accomplie (et alors n’est plus signe mais cause de l’achèvement de cette médiation).

Ce mystère comporte un double aspect.

a) L’acte de l’Assomption qui est l’acte instantané par lequel Marie est glorifiée (§ 1 et 2)

L’Assomption est l’acte (instantané) par lequel Marie est glorifiée. Autrement dit, la Mère de Dieu passe de sa condition terrestre à la condition céleste.

1’) Exposé du dogme (§ 1, fin)

Jean-Paul II rappelle le dogme de l’Assomption de Marie. Pour cela il se contente de rappeler les termes même de la définition donnée par Pie XII en 1950.

2’) Application (§ 2)

Jean-Paul II a montré avant que la médiation de Marie a une double caractéristique d’être une médiation subordonnée et une coopération unique à l’œuvre de salut du Christ. Or, le mystère de l’Assomption réalise de manière définitive ces deux aspects

– En premier lieu, par l’Assomption, Marie reçoit définitivement les effets de l’unique médiation de salut du Christ (deux premières phrases). En effet, la réalisation plénière du salut dans un personne est la gloire, la glorification (selon la parole de la première aux Corinthiens citée : c’est al référence par excellence en ce domaine). Ce premier aspect est comme passif ou plutôt réceptif.

– En second lieu, par l’Assomption, Marie continue à coopérer et ce, de manière toute particulière à la mission du Christ (et cela va nous faire déjà déborder sur le second aspect de la glorification)

En effet, cette coopération est d’autant plus intime que le lien au Christ est plus intime. Or, l’union dans la gloire est l’union la plus intime. Jean-Paul II distingue deux « temps » dans cette coopération ou médiation céleste de Marie : d’abord durant la marche de l’Église et c’est cela qu’il va développer dans le § suivant ; puis à la fin des temps, dont il dit juste, belle allusion, que Marie y sera une « médiatrice de la clémence » (la clémence est en effet « propre à la Mère »).

b) L’état céleste de glorification lui-même, qui est éternel (§ 3 à 5)
1’) Preuve (§ 3 et 4)

a’) Principe (§ 3) :

Marie est glorifiée comme « Reine de l’univers ». Or, la royauté véritable, la royauté spirituelle, c’est de servir.

C’est là une des profondes intuitions que le Concile Vatican II a voulu déployer. L’Église a toujours su que l’essence même du gouvernement est le service, mais elle en a pris une conscience plus vive à notre temps à la suite de la perte de son pouvoir temporel et de la montée des idéologies totalitaires. C’est là tout le sens de cette béatitude si paradoxale pour notre monde : « Heureux les doux, ils possèderont la terre ». (Matthieu 5,4). Et surtout, c’est la méditation du Christ qui donne de comprendre combien « servir, c’est régner », comme Jean-Paul II va maintenant le rappeler.

b’) Application à la médiation maternelle (§ 4)

Or, nous avons vu que justement le service de Marie (qui est service de la mission de salut du Christ) exprime et fonde toute sa médiation maternelle. C’est ce qu’éclaire l’exemple même du Christ rappelé dans la première phrase du § : le Chrsit nous sauve (en langage plus technique : il exerce sa médiation salvifique) en prenant la condition de serviteur, selon la si forte intuition de l’hymne aux Philippiens (2,7).

Voilà pourquoi Marie dans la gloire du ciel continue d’exercer son rôle de médiatrice jusqu’à ce que se réalise « la plénitude définitive du Royaume ».

2’) Précision (§ 5)

Jean-Paul II rappelle encore une fois, ce qui est plus utile que jamais, que la médiation de Marie est à jamais subordonnée à celle, unique, du Christ.

Remarquez à ce sujet que c’est le 1er novembre et non le 15 août que l’Assomption de Marie fut proclamée, comme on le croit d’habitude : c’est afin de signifier que même si Marie est la seule actuellement à être glorifiée dans son corps au ciel avec le Christ, cela ne la met pas à part du reste des créatures ni ne la retire de la communion des Saints. La piété mariale a toujours connu ce danger de faire de Marie en quelque sorte une « extra-terrestre », au sens propre. C’est ce que Pie XII a voulu signifier en proclamant le dogme de l’Assomption le jour de la fête de tous les saints, le 1er novembre.

Pascal Ide

8.4.2026
 

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