L’action de l’Esprit-Saint dans l’Église. L’élection de Jean-Paul II.

L’action de l’Esprit-Saint au sein de l’Église se fait parfois perceptible. Tel fut le cas de l’élection de Jean-Paul II. Que les évêques polonais l’affirment ne saurait convaincre : « l’élévation sur le Siège de Pierre de Jean-Paul II […] nous est donné par Dieu comme un signe [1] ». En revanche, il n’en est pas de même que, à une époque où l’Église de France ne brillait pas par son ultramontanisme et ses mentions de l’action pneumatique, le cardinal Marty, qui revient du Conclave, témoigne dans l’homélie à l’assemblée plénière des évêques de l’Église de France à Lourdes, le 29 octobre 1978 :

 

« Je crois en l’Esprit créateur, Veni Creator Spiritus. L’Esprit de Dieu n’est pas l’explication de l’inexplicable : il n’est pas justification de l’inattendu [voilà pour la réduction gallicane !]. […] Et, selon la tradition de l’Église, je lis le signe de l’Esprit dans le consensus de l’accueil. Non seulement le consensus du choix des cardinaux, mais la ratification populaire […]. Et l’impact en est beaucoup plus fort que nous pouvions l’imaginer. […] L’élection de Jean-Paul II a surpris. C’est peut-être que nous n’avions pas su lire les signes que le Seigneur ne cesse de faire à son Église et par son Église [2] ».

 

Un autre cardinal français électeur le confirme, le cardinal Guyot, archevêque de Toulouse, qui témoigne du Conclave avec émotion à la télévision :

 

« Et puis, sans aucune pression de quiconque, la lumière jaillit. Un choix s’impose d’une façon imprévisible. Il faut avoir vécu cette expérience spirituelle, toute semblable à celle du Conclave précédent, pour saisir dans une telle assemblée apostolique quelque chose de l’action mystérieuse de l’Esprit au plus intime des âmes. Ce qui est certain, c’est qu’au terme de la première journée de scrutin, peu d’entre nous sans doute pensaient que l’élu serait le cardinal archevêque de Cracovie. […] Or, voilà qu’en quelques heures tout change brusquement. Un souffle semblable à celui de la première Pentecôte vient balayer nos prévisions antérieures et nous accorder tous ensemble dans une communion fraternelle, source d’une authentique fécondité. […] Le doigt de Dieu est là [3] ! ».

Pascal Ide

[1] Lettre des évêques polonais sur la famille, 28 novembre 1978, lue dans toutes les églises de Pologne le 31 décembre 1978 (fête de la Sainte Famille), La documentation catholique, 4 février 1979, p. 119.

[2] La documentation catholique, 19 novembre 1978, p. 967-968.

[3] Ce soir, le pape est venu de l’Est, TF1, Leo Productions-Protecréa, octobre 1993. Souligné par moi.

19.5.2026
 

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