Une nature sauvage
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Pays:
Américain
Thème (s):
Affectivité, Connaissance, Post-modernité, Sujet et objet, Vérité
Date de sortie:
17 juin 2025
Durée:
1 heures 0 minutes
Évaluation:
**
Directeur:
Mark L. Smith
Acteurs:
Eric Bana, Shea Whigham, Moon Bloodgood
Age minimum:
Adolescents et adultes

Une nature sauvage (Untamed), série télévisée américaine dramatique et policière créée par Mark L. Smith et Elle Smith, diffusée en exclusivité sur Netflix le 17 juillet 2025. Avec Eric Bana, Lily Santiago, Sam Neill, Rosemarie DeWitt et Wilson Bethel. La première saison, composée de six épisodes de 42 à 51 minutes.

Thèmes

Vérité, post-modernité, sujet et objet, connaissance et affectivité.

La seule originalité de cette mini-série réside dans la jonction de ses trois composantes.

 

  1. La première est une enquête policière plutôt lente qui révèle assez (et trop) vite sa première clé, publique (un trafic de drogue qui a mal tourné) et, à la toute fin, sa deuxième clé qui s’avère, à la Grangé, être une affaire familiale, en l’occurrence paternelle.

 

  1. Le deuxième ingrédient est psychologique et renvoie au trauma de l’agent spécial Kyle Turner (excellent Eric Bana, en héros taciturne jusqu’à être nocturne, taiseux jusqu’à être ombrageux). De manière constante aujourd’hui, au point que le phénomène demande à être analysé pour lui-même, l’enquête extérieure se double toujours d’une quête intérieure. Nous venons de l’évoquer : la famille du ranger est impliquée jusque dans le crime. Mais il n’y a pas besoin d’aller jusqu’à ces intrications complexes, inattendues et dérangeantes. Le schéma usuel auquel la série n’échappe plus est le suivant : la résolution (parfois seulement partielle) de l’investigation se double d’une solution (elle, beaucoup plus radicale) de l’investigateur, c’est-à-dire d’une réconciliation, voire d’une guérison.

Or, un tel schéma suppose que soit dépassée une double dualité, plus, le double dualisme sur lequel s’est construit le monde moderne, précisément son épistémologie (sa théorie de la connaissance).

Le premier est celui du sujet et de l’objet, c’est-à-dire la séparation dont une certaine conception cartésienne du savoir estime qu’elle assure ce que l’on appelle de manière si significative, l’objectivité – dès lors identifiée à la vérité qui est elle-même égalisée à la certitude. Mais la post-modernité nous a montré que cette attitude distante est en réalité une posture dominante et même parfois violente (Francis Bacon ne demandait-il pas de passer la nature à la question ?).

Le second dualisme est celui de la cognition et de l’affection, de la tête et du cœur. Et ce dernier, sous le mode négatif de la souffrance, donc de la passion au sens pathique du terme. En effet, l’époque moderne est également née d’une neutralisation émotionnelle allant jusqu’à soupçonner l’admiration (« nil admirari : ne rien admirer », demande Spinoza, disciple d’Horace) et l’enthousiasme (Shaftesbury) d’interférer avec la saisie non biaisée de l’objet. Mais, là encore, la post-modernité, en particulier les premiers représentants de l’école de Francfort, nous a déniaisés, en montrant à quelle violence (osant y inclure le traumatisme d’Auschwitz), cette raison abstraite, universelle et purement opératoire pouvait conduire.

La nouvelle philosophie de la connaissance sera donc systémique et pathique (dramatique). Peut-être non sans le victimisme woke qui a intériorisé l’accusation en oubliant la rédemption. Voilà pourquoi (nous n’avons pas oublié que nous commentons la série télé !), au terme, nous voyons Kyle enfin sourire : en s’arrachant géographiquement à ce lieu qui a donné son nom heureusement ambigu à la série, il s’arrache enfin historiquement (et donc psychologiquement) à sa culpabilité compulsive et à sa posture gratifiante de sauveteur.

 

  1. Loin de se réduire à un superbe décor qui permet de multiplier les plans somptueux et de transformer la série en un documentaire permanent, la troisième composante est cosmologique autant qu’écologique. Le parc national de Yosemite constitue le deuxième personnage de l’intrigue. Certes, nous n’éviterons pas le discours passablement répétitif, unilatéral et compassé du seul ami de Kyle, le vieil indien Jay Stewart (Raoul Max Trujillo), collègue et unique ami de Kyle, qui double le traumatisme infligé à la nature du traumatisme du peuple qui en fut proche et indignement chassé.

Du moins, le scénario évite-t-il le manichéisme culpabilisé du méchant Blanc et du bon autochtone, en montrant toute l’ambiguïté recelée dans le retour à la nature à travers le rousseauisme de cette société alternative squattant le parc combien son illégalité soft favorise d’autres pratiques outlaw autrement plus hard – vous avez dit français ?

Pascal Ide

Dans le parc national de Yosemite, un agent spécial du Service des parcs nationaux, Kyle Turner (Eric Bana), enquête sur la mort suspecte d’une femme tombée de la falaise du El Capitan. Convaincu qu’il ne s’agit pas d’un accident, Turner s’allie à la nouvelle garde-forestière débutante, Naya Vasquez (Lily Santiago), pour dénouer l’affaire. Celle-ci s’avèrera complexe, mêlant secrets personnels, réseaux criminels et mystères nichés au cœur de la nature.

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