The Last of Us
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Pays:
Américain
Thème (s):
Champignon, Survie
Date de sortie:
2023
Durée:
1 heures 0 minutes
Évaluation:
**
Directeur:
Neil Druckmann et Craig Mazin
Acteurs:
Pedro Pascal, Bella Ramsey, Gabriel Luna
Age minimum:
Adolescents et adultes

The Last of Us, série télévisée post-apocalyptique américaine de Neil Druckmann et Craig Mazin, 2023, diffusée sur la chaîne américaine HBO. Adapté du jeu vidéo éponyme, développé par Naughty Dog, 2013 pour la première saison et 2020 pour la deuxième saison. 2 saisons, 16 épisodes, de 43 à 81 minutes.

Thèmes

Survie, champignon.

La série-phare tient-elle ses promesses ? La question se dédouble. Inspirée très largement d’un jeu vidéo lui aussi très successfull, le feuilleton lui est-il fidèle ? Votre serviteur n’ayant jamais été gamer, il laisse aux accros le soin de jouer à un autre jeu, celui des sept erreurs et, plus encore, d’évaluer si les inévitables transpositions télé sont inventives. Pour ma part, c’est une autre cohérence qui m’intéresse : celle qui faisait dire à Tolkien que la magie de la féerie (fantaisie) tient en sa cohérence interne – critère que l’on peut étendre à toute le domaine de l’imaginaire, donc à la science-fiction. Or, c’est là que le bât blesse.

 

  1. Assurément, tout le monde le note, la série mixe de multiples ingrédients de grandes valeurs. Égrappons-les.
  2. Le concept le plus original est celui de ce Cordyceps quasi-intelligent. D’autant que l’ajout de la scène initiale donne d’emblée (trop !) la clé explicative : celle-ci croise les qualités exceptionnelles d’adaptation-manipulation de ce champignon (ici, nulle coopération, seulement du parasitage) avec la responsabilité humaine (le réchauffement climatique, redoublé par les dates volontairement au passé, comme pour nous dire que le possible futur constitue déjà un passé indépassé).
  3. Le travail numérique sur la représentation de l’apocalypse est d’une qualité et d’une créativité qui rivalise avec les mycètes. On a beau savoir que le budget de chaque épisode avoisine les dix millions de dollars (largement plus que celui d’un film français moyen !!), le spectateur demeure bouche bée face à ces décors aussi variés qu’avariés, aussi troublants qu’effrayants.
  4. Les personnages, aux caractères forts dopés par un parcours traumatique, sont joués par des acteurs eux-mêmes charismatiques. La scène dramatique du monde reflète et potentialise leur conflit intérieur tout en devenant un possible lieu de rédemption.
  5. L’histoire multiplie les rebondissements, tantôt faciles, les flashbacks qui peuvent se ramifier à l’infini, autrement plus intéressants et inventifs, les développements présents. Or, ils sont non seulement cohérents, mais surprenants : l’intrigue n’hésite pas à faire mourir ses protagonistes principaux. De même le script tresse habilement aventures extérieures et évolutions intérieures, s’attardant particulièrement au chiasme complexe des relations entre un Joel traumatisé par la mort de sa fille et une Ellie qui doit métaboliser ses propres blessures. Pas de salut personnel qui ne passe par l’accueil d’une aide interpersonnelle.

 

  1. Mais, et voilà le problème principal, cette somme conspire-t-elle à former un tout ? De bons aliments et de bons condiments font-ils toujours un bon repas ?

En effet, l’on peut aussi inverser chaque trait. Ces zombies non pas amorphes, mais surexcités, on les a déjà vus dans World War Z (Marc Forster, 2013).

La quête du vaccin à partir de l’immunité d’un mort-vivant, on l’a aussi visionné dans le mythique Je suis une légende (Francis Lawrence, 2007).

La violence exacerbée par la survie, la constitution de multiples communautés dérégulées, itou dans le feuilleton interminé, sinon interminable The Walking Dead (Frank Darabont, 2010 s, 11 saisons, 177 épisodes).

Etc.

Surtout, on a l’impression que l’idée originale, sinon géniale, du champignon télépathe et sociopathe, est totalement sous-exploitée, réellement et symboliquement. S’il traumatise les humains infectés, il ne dramatise pas l’intrigue. Pourtant, à l’instar de son potentiel mycologique, son potentiel scénaristique aurait pu conduire à une lutte beaucoup plus passionnante et beaucoup plus créative que celle des seuls démons humains : comment réguler un champignon tout-puissant qui paraît aussi ingénieux que l’homme, et qui, surtout, est beaucoup plus connecté que lui ?

 

  1. S’ajoutent trois critiques éthiques qui rendent mon avis encore plus sombre.
  2. Trop pessimiste est cette vision de l’humanité. Pour exemplaires qu’ils soient, les quelques sacrifices qui émaillent l’histoire ne compensent malheureusement pas la pénible impression d’une humanité sauvage, pire, bestiale (oui, osons-le dire, puisque le seul regard sur la religion concède tout au poncif le plus éculé, en la réduisant à un aveuglement fanatique). Osons poser la question : qu’éprouve le spectateur lors de la scène insupportable, dans sa longueur et sa violence, de la mort de Joel, le personnage (on n’ose dire le héros) principal ? Ou plutôt qu’est-il censé ressentir ? De la haine pour son bourreau vindicatif, dont on sait qu’elle s’est assimilée à lui dans cette quête vengeresse, sans rien dire de la passivité de ses complices ? L’hubris (la démesure) des passions est pour leur catharsis (la purification), disait Aristote. Et ce qui vaut pour le théâtre vaut pour le cinéma. Sommes-nous véritablement apaisés par la torture d’un homme qui a sauvagement tué dix-sept soldats et, gratuitement, un médecin désarmé ? Dans The Patriot : Le Chemin de la liberté (Roland Emmerich, 2000), le capitaine Benjamin Martin (Mel Gibson) supprime d’abord habilement au fusil cinq soldats et officiers (aidé de ses deux grands fils), puis, brutalement, avec son tomahawk, sept hommes du rang, le spectateur est pris entre la compassion pour le père dont le fils cadet a été cruellement tué devant ses yeux, la joie d’une justice aussi efficacement rendue et l’horreur devant les modalités de son exécution. Rien de tel ici.
  3. Concédant tout à l’idéologie ambiante, non seulement le feuilleton nous sert un long épisode gay presque totalement hors sujet (S1E3), mais il récidive avec une héroïne virago dont on insiste aussi pour dire qu’elle est lesbienne (S1E7), le tout sur fond de discrédit systématique des relations conjugales ordonnées. La relation avec l’excellente Tess s’achève malheureusemet dès la S1E2.
  4. Enfin, et n’est pas la moindre des mauvaises surprises, cette série post-apocalyptique et trop post-moderne offre une vision négative de la nature, ici du monde merveilleusement créatif et altruiste de champignons – à moins que, sombrant dans l’idéologie anthropocénique du cosmocentrisme collapsologique, elle ne décide de faire du Cordyceps le bras armé d’une autre revanche : celle de la nature sur l’homme.

Pascal Ide

En 2003, l’Humanité a été décimée à la suite de la mutation d’un champignon parasite, l’Ophiocordyceps. Vingt ans après le début de cette pandémie, Joel (Pedro Pascal), Ellie (Bella Ramsey) et Tess (Anna Torv), un trio lié par la dureté du monde dans lequel ils vivent, se lancent dans un périple à travers ce qu’il reste des États-Unis. Au cours de leur voyage, ils devront faire face aussi bien aux infectés qu’à des survivants hostiles.

En 1968, les épidémiologistes Newman (John Hannah) et Schoenheiss (Christopher Heyerdahl) discutent du potentiel d’une pandémie mondiale. Newman suggère que les champignons sont une grave menace étant donné le manque de traitement préventif ou de guérison. Schoenheiss souligne l’impossibilité d’une infection fongique chez l’homme en raison de l’incapacité des champignons à survivre à la chaleur corporelle. Newman est d’accord mais note que les champignons pourraient évoluer pour surmonter cette faiblesse à mesure que le monde se réchauffe, auquel cas l’humanité ne survivrait pas.

En 2003, à Austin, Sarah Miller (Nico Parker), 14 ans, est réveillée en pleine nuit et découvre ses voisins attaqués par une créature, une femme âgée autrefois sénile. Le père de Sarah, Joel (Pedro Pascal), revient avec son frère Tommy (Gabriel Luna) et tue la créature. Alors que Joel, Tommy et Sarah fuient à travers la foule, les débris d’un avion écrasé renversent le camion de Tommy. Joel essaie de courir avec Sarah mais est acculé par un soldat, qui leur tire dessus. Tommy tue le soldat, mais Sarah est mortellement blessée et meurt dans les bras de Joel.

En 2023, après que la pandémie mondiale des champignons Cordyceps a détruit la civilisation humaine, Joel vit dans une zone de quarantaine militaire à Boston (Massachusetts), gérée par la Federal Disaster Response Agency (FEDRA). Lui et sa partenaire Tess (Anna Torv) s’adonnent à la contrebande. Joel envisage de partir pour le Wyoming à la recherche de Tommy, avec qui il a perdu le contact. Ellie (Bella Ramsey), quatorze ans, est détenue par les Lucioles, un groupe de résistance contre la FEDRA. Leur chef, Marlene (Merle Dandridge), révèle qu’elle a placé Ellie à l’école militaire FEDRA lorsqu’elle était enfant pour sa protection, mais prévoit maintenant de la transporter vers l’ouest.

Joel et Tess achètent une batterie de voiture à Robert (Brendan Fletcher), mais se font doubler lorsqu’elle est vendue aux Lucioles. Ils découvrent que l’accord a mal tourné, laissant Robert et la plupart des Lucioles morts. Marlene supplie Joel et Tess d’emmener Ellie au Capitole de l’État du Massachusetts en échange de fournitures ; Joel et Tess acceptent. Le trio attend la tombée de la nuit pour partir. Ils sont attrapés par un soldat et contraints de se soumettre à un contrôle d’infection. Ellie poignarde le soldat à la jambe. Ce dernier menaçant de tirer sur Ellie, rappelant à Joel la mort de Sarah, il l’abat. Le scanner d’Ellie est positif, mais elle jure qu’elle n’est pas infectée depuis qu’elle a été mordue des semaines plus tôt. Joel, Tess et Ellie entrent dans une zone de contamination biologique du quartier commercial de Boston pour fuir les soldats qui les poursuivent.

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