La Reine des neiges 2
Loading...
Pays:
Américain
Thème (s):
Féminisme, Homosexualité, Relation incestuelle
Date de sortie:
20 novembre 2019
Durée:
1 heures 44 minutes
Évaluation:
(à éviter)
Directeur:
Jennifer Lee, Chris Buck
Acteurs:
Emmylou Homs, Charlotte Hervieux, Dany Boon

La Reine des neiges 2 (Frozen 2), long-métrage d’animation américain de Chris Buck et Jennifer Lee, 2019. Il s’agit de la suite du film La Reine des neiges, sorti en 2013.

Thèmes

Homosexualité, féminisme, relation incestuelle.

Comme (mais un peu moins que) le premier opus, La Reine des neiges 2 est une prouesse technologique, un ravissement pour les sens, une réussite scénaristique et l’occasion de quelques belles leçons de vie – par exemple, les pouvoirs magiques d’Elsa ne seraient rien sans le super-pouvoir du cœur qui caractérise Anna – et de sagesse – en l’occurrence écologique : le barrage qui détruit les terres des peuples des hautes terres est la conséquence de l’inconscience coupable des sociétés industrialisées symbolisées par la ville basse et exige réparation au double sens du terme. Mais surtout, beaucoup plus que le premier volet, une idéologie multiforme s’infiltre et s’explicite usque ad nauseam.

 

La relation des deux sœurs n’est pas seulement fusionnelle, mais constamment préférentielle. De la première à la dernière image, l’attrait premier d’Anna, même mariée, demeure Elsa. L’attirance affective des deux sœurs sature tout l’univers émotionnel. N’est-il pas hautement significatif que, à plusieurs reprises, la demande en mariage de Kristoff soit interrompue non pas seulement par sa veulerie indécise, mais par la préoccupation jusqu’à l’obsession qu’Anna nourrit pour Elsa ?

De plus, ce monde sans figures parentales vivantes ne se contente pas de biffer la différence des sexes, mais aussi la différence des générations – autrement dit les deux rocs qui construisent notre accès à l’altérité.

Comment dès lors s’étonner du triomphe omniprésent du féminisme le plus envahissant ? Les signes de cette symbolique exclusive et excluante de l’anima surabondent : le peuple de la forêt, qui ne manque pourtant pas d’hommes, est dirigé par une femme ; les deux sœurs vivent seules l’aventure, en en expulsant tout mâle ; la voix appelante s’avère être celle non pas du père, mais de la mère ; l’autre révélation finale est celle de l’identification d’Elsa au principe unifiant des quatre éléments (le mâle étant le symbole séparateur et donc différenciant) ; Elsa n’a aucune difficulté à accepter la rupture du barrage qui noiera la ville d’Arendelle, certes, désertée de ses habitants, mais représentant symboliquement le masculin face au monde féminin de la nature forestière ; etc. Enfin est-il si honteux d’être un homme adulte et blanc ? Entre le bonhomme de neige asexué, un grand-père traître, lâche, menteur, assassin, un Kristof définitivement à ranger parmi les maladroits pusillanimes à la remorque, demeure un père qui n’est bon qu’à condition d’être mort…

Certes, aucun geste corporel clairement répréhensible n’est montré. Certes, aucun code explicite de la culture gay n’apparaît. Certes, et pour les mêmes raisons, l’attirance sororale n’est pas incestueuse. Donc, nous en sommes réduits à des interrogations. Mais nous relisons aussi l’histoire. Les studios Disney avaient déjà clairement annoncé la tendance avec la version live de La Belle et la Bête (Bill Condon, 2017) ; ils ont clairement introduit un couple homosexuel dans la seconde saison de la série animée Star Wars Resistance, le 6 octobre 2019 sur Disney Channel. Ne récidivent-ils pas ici de manière encore plus décidée, en attendant le dernier épisode de la saga Star Wars, le 18 décembre prochain ?

 

Alors que, conquise, la salle remplie d’enfants applaudissait, je suis resté sur mon siège, entre tétanisation et colère. Si l’on n’écrit pas de bonne littérature avec de bons sentiments, l’on fera encore moins de bons films avec des sentiments désordonnés et surtout autant de ressentiment. Quand on sait combien l’image possède un impact durable d’autant plus profond que l’enfant est jeune, comment ne pas déserter et dénoncer ces compromissions ?

 

Pascal Ide

Trois ans après les événements du premier film, Elsa commence à entendre une étrange voix venant du nord qui l’appelle. Avec sa sœur Anna, Kristoff, Olaf, et Sven, elle part pour une nouvelle aventure loin d’Arendelle, pour découvrir les origines des pouvoirs d’Elsa et sauver leur royaume.

[/vc_c

Les commentaires sont fermés.