Chemins de sagesse (recension)

Louis LAVELLE, Chemins de sagesse, préf. J.-L. Vieillard-Baron, éd. B. Grasset, coll. « Hermann Philosophie », Paris, Hermann, 2013.

Parue dans la Nouvelle Revue Théologique (NRT) 139 (2017) n° 1, p. 140.

Le philosophe spiritualiste français Louis Lavelle (1883-1951) est l’A. d’une vaste métaphysique de l’être et de l’esprit intitulée La dialectique de l’éternel présent, qui se déploie en quatre vol. : De l’être (1928), De l’acte (1957), Du temps et de l’éternité (1945) et De l’âme humaine (1951). Cet opus magnum devait être couronné par un 5e vol. intitulé De la sagesse. Décédé avant d’avoir pu le rédiger, Lavelle en a pourtant donné comme un avant-goût : d’une part dans les nombreux textes déjà publiés où il en parle, d’autre part dans les notes inédites où il ébauche l’ouvrage. Cette distinction structure l’ouvrage qui est précédé par une préface suggestive du président de l’Association Louis Lavelle et d’une substantielle présentation de Bernard Grasset. Le philosophe de Parranquet ne nous offre pas seulement une percée contemplative, à l’entrecroisement de la mesure grecque et de l’infini chrétien, qui est aussi la conciliation de la raison et de l’amour ; il nous ouvre également à un art de vivre, condensé, pour ce qui est des pages du Cahier brun, en des formules denses, presque aphoristiques, qui rappellent celles du maître bien-aimé, jamais loin : l’A. des Pensées. Un florilège, cueilli à la seule p. 108 : « Seul avec la nature ou seul avec Dieu » ; « L’homme de génie n’a point conscience d’en avoir » ; « L’apathéia ne consiste pas à ne point ressentir de passions, mais à ne pas être troublé par elles » ; « Conversion. C’est le retour de ce qu’on n’était pas à ce qu’on est ».

Pascal Ide

5.8.2019
 

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