The passenger
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Thème (s):
Amour, Famille, Mal
Date de sortie:
24 janvier 2018
Durée:
1 heures 44 minutes
Directeur:
Jaume Collet-Serra
Acteurs:
Liam Neeson, Vera Farmiga, Patrick Wilson

 

 

The Passenger (The Commuter), thriller américano-britannique-français de Jaume Collet-Serra, 2018. Avec Liam Neeson, Vera Farmiga.

Thèmes

Amour, famille, mal.

Plus que le croisement entre film d’action type Taken et film à énigme type Le crime de l’Orient express, l’histoire s’alimente à l’attrait réel qu’exerce l’irruption de l’extraordinaire dans l’ordinaire d’une vie. Ou plutôt à l’événement qui peut (ou non) transformer l’Américain moyen (versus le golden boy insupportable, comme c’est souligné sans légèreté) en héros (tout aussi pesamment martelé par l’un des rescapés à un journaliste).

C’est ainsi que la première partie du film prend le temps de nous brosser le train-train d’un homme sans train de vie ni grand entrain prenant quotidiennement le train pour entraîner sa famille vers une improbable réussite. Heureux plan qui nous montre Michael traversant la gare de Manhattan, tandis que les autres passagers le frôlent à une célérité qui rime avec virtualité. Comment mieux montrer le double rythme qui cadence nos vies : le tempo rapide du quotidien et le lent écoulement de l’année ? En nous attachant à cette vie routinière de cet usager usé, mais persévérant, la caméra nous le rend attachant. Et favorise l’identification.

Malheureusement, le miracle fragile du mimétisme ne dure pas, lorsque l’intrigue bascule de ces dix années résumées en quelques minutes sinon heureuses, du moins heureusement filmées, en ces presque 90 minutes de temps réel qui vont irréversiblement faire basculer la vie de Michael – non sans le mérite d’une rigoureuse application de la règle des trois unités. Non seulement parce que l’épreuve est trop improbable, mais déjà parce que le choix apparaît d’emblée aussi imprudent que malhonnête (la suite du scénario se chargera de nous le montrer en éventant symboliquement ce bien mal acquis, dont on ne sait qu’il ne profite jamais, du moins dans les films). Mais aussi et surtout parce que ce prétendu Monsieur Tout-le-Monde s’avère être un ex-policier particulièrement performant, au triple plan physique (il décanille plusieurs hommes deux fois plus jeunes que lui), psychologique (il encaisse les stress avec une résistance qui requiert des surrénales volumineuses comme des ballons de rugby) et intellectuel (il enregistre chaque détail avec une mémoire instantanée et en déduit les conduites à tenir mieux qu’un ordinateur dernière génération), au point que, malgré sa soixantaine, son patron pourtant exigeant, le capitaine David Hawthorne (Sam Neill), un moment soupçonné d’être le méchant, souhaitera vivement sa réintégration.

Dès lors, mon attention et, pourquoi pas, ma mimésis identificatoire, s’est reportée sur ces « petits » de la middle class : propulsés par les événements, ils accomplissent, qui un petit pas vers la vérité – Sofia, alias Prynne (Ella-Rae Smith), au lieu de se replier sur elle, témoigne en faveur de Michael son sauveur –, qui un pas plus allongé vers le changement de vie – Gwen (Florence Pugh) se refuse à se laisser instrumentaliser par son petit ami –, qui, enfin, un acte vraiment héroïque – le contrôleur détache le wagon au péril de sa vie.

Dès lors, le titre (français) devient parabole : le passager n’est pas seulement celui qui est de passage, mais qui l’accomplit. En hébreu, passage ne se dit-il pas pâque ?

Pascal Ide

Depuis dix années, Michael MacCauley (Liam Neeson), entrant dans ses 60 ans, marié à Karen (Elizabeth McGovern) et père de deux enfants au seuil de l’université, prend le Metro-North Rail road qui le ramène de son bureau de vendeur en assurances-vie à New York vers Tarry town. Mais, aujourd’hui, les ennuis s’accumulent : tandis que les dettes s’accumulent, il est mis à pied sans préavis, puis il se fait voler son téléphone portable juste avant de monter dans le train. C’est alors que, dans celui-ci, il est abordé par une femme inconnue et séduisante, Joanna (Vera Farmiga). Se présentant comme une psychologue comportementaliste, elle lui soumet une question théorique qui s’avère vite être très pratique : il recevra pas moins de 100 000 dollars en récompense s’il accepte d’identifier un passager caché dans le train. Cédant au besoin d’argent plus encore qu’à la curiosité, Michael accepte. Mais lorsqu’il désirera faire marche arrière, il comprendra alors qu’il est trop tard : la vie de sa femme et de ses enfants est désormais en jeu. Comment sauver sa vie et celle de sa famille, sans pour autant mettre en jeu celle de ce passager ? Mais au fait qui est-il et pourquoi est-il si important ?

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