Mission impossible V. Rogue Nation
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Pays:
Américano-chinois
Thème (s):
Amitié, Chasteté, Espionnage, Suspense
Date de sortie:
12 août 2015
Durée:
2 heures 14 minutes
Évaluation:
***
Directeur:
Christopher McQuarrie
Acteurs:
Tom Cruise, Jeremy Renner, Simon Pegg
Age minimum:
Adolescents et adultes

Mission impossible V. Rogue Nation, américano-chinois écrit et réalisé par Christopher McQuarrie, 2015. Inspiré de la série télévisée éponyme. Avec Tom Cruise, Simon Pegg, Ving Rhames, Rebecca Ferguson, Jeremy Renner, Alec Baldwin.

Thèmes

Espionnage, suspense, chasteté, amitié.

Le commentaire qui va suivre aurait pu aussi accompagner le quatrième épisode de la saga (Mission impossible IV. Protocole Fantôme, 2011) et doit être mis en résonance avec les critiques des épisodes VI (Fallout, 2018) et VII-1 (Dead Reckoning, partie 1, 2023), présents sur le site. Et parce que la critique s’intéresse à toute la série, et parce que les épisodes, tous deux excellents, présentent beaucoup de points communs. Suivant l’ordre de détermination (ordo determinandi), allons du plus général au plus particulier.

 

L’excellence de (presque) tous les longs-métrages de la franchise tient d’abord à un remarquable scénario. Comme pour tout film d’action, il met en scène un danger véritable, crédible, où la vie du héros est menacée jusqu’à être partiellement suspendue (tel est le cas ici avec l’arrêt cardiorespiratoire, suite à la noyade). Parfois, cet obstacle majeur survient au début même du film, créant une tension maximale. Tel est le cas du troisième opus (Mission impossible III, 2006) qui commence avec la mise à mort très réaliste de l’épouse même d’Ethan, par un méchant très méchant, Owen Davian (remarquablement interprété par Philip Seymour Hoffman).

Surtout, comme pour un bon film à suspense, l’histoire ne se contente pas de multiplier les scènes spectaculaires (chaque ville traversée est d’abord rituellement traversée par une course-poursuite), mais poursuit un enjeu limpide (une menace souvent mondiale) que l’on peut anticiper et qui est l’occasion d’une multiplication très heureuse d’obstacles. Et, pour être simple, cette structure n’est pas pour autant simpliste, car les protagonistes se démultiplient entre deux pôles : les « purs » dont l’intégrité ne saurait jamais être remise en question, à savoir les trois membres de l’IMF, Ethan, Benji et Luther ; les fous dangereux et (toujours) psychopathes qui menacent la planète et, en incarnant le mal, dramatisent la tension. Mais, entre ces deux extrêmes, les figures ambiguës, au premier rang desquels la Belle (sur laquelle nous reviendrons), mais aussi le chef de la CIA, permettent de renouveler le scénario.

 

De manière plus particulière, la série de films d’action rentre dans le sous-genre du film d’espionnage. Avec les standards bien connus comme les identités multiples. De ce point de vue, redisons ce que j’ai déjà noté dans d’autres critiques : l’appel aux masques relève de la toute-puissance infalsifiable et incontrôlable, et confine au super-pouvoir. Heureusement, ici elle est seulement employée dans la scène la plus bâclée et la moins crédible du film, la rencontre avec le Premier ministre britannique. Mais surtout, le genre (qu’a si magistralement illustré John Le Carré) est l’occasion d’introduire un des ressorts les plus jouissifs et les plus fertiles : les conflits de conscience (et de devoirs). Ces dilemmes cornéliens sont à l’éthique ce que le suspense est à la trame narrative : ce qui en donne tout le sel. Très présents dans les épisodes de la saga, ils se présentent souvent comme de déchirants choix de Sophie : entre le devoir et l’amitié ; pire, entre deux êtres aimés.

 

Enfin, Mission impossible possède sa marque de fabrique propre qui, façonnée au fur et à mesure du développement de la franchise, demeure d’une remarquable et efficace continuité. Certes, celle-ci est assurée par l’increvable et incorruptible (au plan physique, comme au plan éthique) Tom Cruise. Mais, ce qui est le plus étonnant est que, malgré le défilé de réalisateurs-scénaristes de valeur, la trame de fond demeure similaire, non sans, redisons-le, une intéressante évolution.

Bien évidemment, nous avons eu l’occasion de le dire, la série s’inscrit, voire se définit, en concurrence avec l’autre grande saga d’espionnage, James Bond. Mais concurrence n’est pas synonye de réaction et encore moins de plagiat. Le points communs déjà énumérés sont connus : l’enjeu mondial, plus, la lutte contre un maître du monde ; la loyauté fluctuante envers l’autorité politique (britannique d’un côté, américaine de l’autre) ; un héros marmoréen, appartenant à ce profil structural typé par Umberto Eco ; la structure scénaristique en forme de voyage touristique et de juxtaposition par accident de scènes à grand spectacle ; la succession obligatoire et rythmée d’action et de réflexion ; etc.

Sur ce fond de similitudes obligées se détachent les deux notes les plus caractéristiques de la franchise, qui sont aussi les plus vertueuses. Tout d’abord, une relation chaste à la Belle. Si le casting n’oublie pas de donner une place de choix à une femme qui, loin de subir comme une victime, agit parfois comme un bourreau et interagit, tôt ou tard, comme une sauve(te)use, il se refuse, certes à la consommation prédatrice de la première saga 007 (le féminisme est heureusement passé par là, pour substituer au mâle dominant un homme monogame et même passionnément amoureux), mais aussi à la liaison. De sorte que celle-ci est soit déjà réelle jusqu’au mariage dans l’épisode III, soit seulement fantasmée chez le spectateur dans le IV, espérée dans le V, rêvée dans le VI, puis (tristement) abolie dans le VII-1…

Ensuite, une relation d’amitié qui est de plus en plus et heureusement mise en avant. Autant Bond est un héros solitaire, autant Hunt un héraut solidaire. Un signe en est que, de semblables, les deux acolytes sont de plus en plus différenciés : entre le réactif Benji un rien victimaire et l’admiratif inconditionnel Luther.

Pascal Ide

Après avoir intercepté à Minsk des obus contenant du gaz VX neurotoxique vendu à un groupe terroriste Tchétchène à bord d’un Airbus A400M, l’agent Ethan Hunt (Tom Cruise) pense pouvoir démontrer l’existence du Syndicat, un groupe criminel agissant à l’échelle internationale. Mais il est capturé par un homme blond portant des lunettes, plus tard identifié comme Solomon Lane (Sean Harris) dans une station londonienne de la Force Mission impossible (IMF) camouflée en magasin de disques à Picadilly Circus.

Entre-temps, le directeur de la CIA, Alan Hunley (Alec Baldwin), et l’agent William Brandt (Jeremy Renner) paraissent devant une commission du gouvernement américain à cause notamment de l’explosion au Kremlin et de l’ogive nucléaire tombée dans la baie de San Francisco (voir Mission impossible IV. Protocole Fantôme). Brandt ne pouvant parler sans l’accord du ministre de la défense, précédemment décédé, Hunley obtient que l’IMF soit démantelée et ses agents intégrés au sein de la CIA. Pendant ce temps, Ethan Hunt s’enfuit d’une pièce où il s’apprête à être torturé par Janik Vinter (Jens Hultén), grâce à l’aide inattendue d’une agente désavouée du MI6, Ilsa Faust (Rebecca Ferguson). Prenant contact avec Brandt, il refuse la décision de la commission et continue sa traque du Syndicat en cherchant activement Solomon Lane.

Six mois plus tard, Hunt est toujours pourchassé par la CIA qui déclenche une descente à la Havane. On le pense prêt à être pris, mais l’on découvre alors qu’il se trouve à Paris. Incapable de démanteler ou révéler l’existence du Syndicat, il amène son ancien collègue Benji Dunn (Simon Pegg) à participer à une mission au théâtre d’État de Vienne lors de la représentation de l’opéra Turandot où Hunt pense que Lane se trouvera pour surveiller l’assassinat du chancelier d’Autriche. Le chef de l’ex-IMF découvre qu’Ilsa Faust est l’un des deux meurtriers envoyés sur les lieux ; mais il empêche l’assassinat et se sauve avec Ilsa. Toutefois son action s’avère inutile, puisque, à la sortie, le chancelier est tué par une bombe posée dans son véhicule d’évacuation en guise d’assurance. Lors d’une course-poursuite, Isla s’enfuit tout en disant à Hunt qu’il sait comment la retrouver. Elle fait immédiatement son rapport à Solomon.

Un peu plus tard, Brandt demande l’aide de l’ex-agent Luther Stickell (Ving Rhames) pour retrouver Hunt et empêcher qu’il ne soit assassiné par la CIA. Hunt et Benji retrouvent Isla à Casablanca au Maroc, où ils s’introduisent dans un centre de données extrêmement sécurisé pour y dérober un fichier comportant tous les noms des membres du Syndicat. Benji réussit le vol et Hunt aussi, après un saut spectaculaire et une plongée en apnée dans le système de refroidissement du centre. Mais, pris par le temps, il se noie. Heureusement, Isla le récupère et le réanime. Pourtant, elle assomme Simon et s’échappe en emportant la clé USB contenant le fichier, attendue par les hommes du Syndicat. À peine remis de son arrêt cardiaque, Hunt la poursuit dans les rues de la ville mais, une fois débarrassé des hommes du Syndicat, Ilsa lui fausse encore une fois compagnie. Hunt, Benji, Brandt et Stickell se retrouvent. Heureusement, Benji a fait une copie du fichier. Ils découvrent que celui-ci est une « Boîte Rouge », c’est-à-dire qu’il ne peut être lu que par le Premier ministre du Royaume-Uni (Tom Hollander).

Faust retourne à Londres où elle tente de remettre le fichier à son supérieur, Attlee (Simon McBurney), qui lui ordonne de retourner terminer sa mission, c’est-à-dire d’exposer tous les membres du Syndicat. Elle retrouve Lane et lui remet la clé USB, qui a été vidée de son contenu à son insu par Attlee. Plus tard, Hunt rencontre Faust dans une gare bondée et les deux en viennent à comprendre qu’Attlee ment. Des agents du Syndicat enlèvent Benji et leur chef Lane ordonne à Hunt de lui amener une copie du fichier déchiffré sinon Benji mourra. Les trois ex-agents de l’IMF discutent vivement d’une solution.

Brandt révèle à Hunley que Hunt est à Londres et lui demande de le rejoindre. Pendant un gala de charité, le Premier ministre britannique est prié de se rendre de toute urgence auprès d’Attlee, qui est avec Brandt et Hunley. Mais quand ce dernier, décrivant Hunt comme déséquilibré, mentionne le Syndicat, il est abasourdi de voir le Premier ministre lui révéler qu’Attlee avait proposé la mise en place du Syndicat, un groupe d’agents soumis à la seule autorité du Premier ministre; en d’autre terme, l’équivalent britannique de l’IMF. Cependant le Premier ministre a ordonné la fin du projet pour des raisons éthiques, mais Attlee a poursuivi malgré tout. Le Premier ministre reçoit un sérum de vérité par Hunt, qui enlève alors le masque d’Attlee qu’il portait, et se retrouve obligé de déverrouiller la Boîte Rouge. Quand le vrai Attlee entre dans la pièce, il reçoit également une dose de sérum de vérité. Il révèle alors au Premier ministre atterré qu’il a caché l’existence du Syndicat quand Lane a décidé de poursuivre seul avant d’être laissé entre les mains de Hunley, l’histoire officielle étant qu’Attlee a agressé le Premier ministre quand il a révélé l’existence du syndicat, et qu’Hunley a sauvé le Premier Ministre.

De son côté, Stickell découvre que le fichier comprend une liste de comptes numérotés qui donne accès à des milliards de dollars, permettant au Syndicat de poursuivre ses opérations. Hunt en prend connaissance, puis détruit la clé USB qui contient les données. Il retrouve Isla Faust, armée, et Benji, bardé d’une ceinture explosive, tous deux assis à un café en plein air et surveillés par les hommes de Lane. Hunt révèle qu’il a détruit la clé USB, mais qu’il a mémorisé les coordonnées de tous les comptes. Il met Lane au défi de le tuer après lui avoir fait un virement de 50 millions de dollars. Lane libère Benji en échange de la liste complète. Ethan et Faust sont ensuite pris en chasse par les hommes de Lane dans les rues de Londres. Faust tue Vinter, alors que Hunt piège Lane dans une cellule à l’épreuve des balles, où il est endormi par un gaz.

Plus tard, Hunley et Brandt retournent devant la commission, où Hunley explique qu’officiellement, le démantèlement de l’IMF a été une opération visant à exposer le Syndicat à l’intérieur du gouvernement américain. L’IMF peut donc reprendre ses activités habituelles, et Hunley devient le nouveau ministre de la défense.

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