Le Grand Bain
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Pays:
Français
Année:
2018
Thème (s):
Amitié, Homme-Femme, Salut
Durée:
1 heures 58 minutes
Évaluation:
***
Directeur:
Gilles Lellouche
Acteurs:
Mathieu Amalric, Guillaume Canet, Benoît Poelvoorde, Jean-Hugues Anglade, Virginie Efira, Leïla Bekhti
Age minimum:
Tout public

Le Grand Bain, comédie dramatique française coécrite et réalisée par Gilles Lellouche, 2018. Avec Mathieu Amalric, Guillaume Canet, Benoît Poelvoorde, Jean-Hugues Anglade, Virginie Efira, Leïla Bekhti.

Thèmes

Salut, homme-femme, amitié.

Comment Gilles Lellouche, pour la première fois seul aux commandes de la réalisation, a-t-il pu faire rire (et la salle ne s’en prive pas) de ces bras cassés, sans pour autant s’en moquer ? Comment a-t-il épinglé la déconfiture de ces hommes à la dérive, sans donner dans la trop facile critique sociale ?

D’abord du fait de raisons trop évidentes pour qu’il vaille la peine de les détailler : une pléiade d’excellents comédiens qui ont accepté de jouer à contre-emploi ; la vulnérabilité touchante d’acteurs qui se mettent à nu ou presque, sans crainte d’exhiber des imperfections physiques que tout, dans la société et plus encore au cinéma, s’empresse de masquer ; une cohérence entre ce qui est montré et ce qui a dû être vécu (la coexistence de tant de vedettes sur un plateau suppose que chacun accepte qu’on lui vole la vedette) ; la monstration de ce cauchemar qu’est la dépression chronique, de la colère compulsive, du déni, etc., sans sombrer dans le double risque de l’ironie ou de la victimisation ; la progressive transformation de ce club de losers anonymes en lieu de paroles ; la symbolique à peine voilée du grand bain océanique ou amniotique conduisant chacun à se jeter à l’eau dans un partage non jugeant et même consolant. Et comment ne pas vibrer avec (autant que se gondoler de) leur panique sans fard, quand il sont confrontés aux équipes sur-entraînées des autres pays en compétition quand, à leur corps défendant, ils comparent leurs corps adipeux à ces corps musculeux, et quand l’anarchie française rencontre l’organisation allemande ou le perfectionnisme sud-asiatique?

Mais aussi pour des raisons plus cachées et plus inattendues : le cinéaste des Infidèles ose nous proposer un chœur d’hommes dont les cœurs ne sont pour une fois pas obsédés par le sexe ; nulle complaisance ou plaidoyer féministe ne vient humilier en contrepoint l’insuffisance masculine de ces hommes en quête de leur virilité ; le dédoublement des coachs, entre la « gentille », qui va jusqu’à lire à ces hommes en quête de rêve et de douceur, Lettres à un jeune poète, et la « méchante » qui se venge de son handicap en transformant l’entraînement en camp G.I., s’avère être une heureuse complémentarité où alternent les paroles exigeantes (« Je vais vous apprendre le sens du mot effort ») et les paroles révélantes (« Accepte la femme en toi ! »). Last but not least, peut-être plus encore, une belle image du couple fidèle où la femme, Claire (Marina Foïs), exprime non seulement toute sa compréhension et sa compassion à son époux dépressif, mais son sincère émerveillement lorsqu’il revient médaillé.

Passons les règlements de compte faciles et vengeurs où la vérité est utilisée comme une arme au lieu d’ouvrir un désirable chemin de réconciliation. Et plongeons, en cadence s’il vous plaît, dans ce grand bain rafraîchissant…

Pascal Ide

Huit quadras-quinquas ébréchés par la vie, entre dépression chronique – Bertrand (Mathieu Amalric) qui emploie ses antidépresseurs pour jouer à Candy Crush toute la journée –, échec professionnel – Marcus (Benoît Poelvoorde) qui, mythomane au bord de la faillite, joue toujours au roi du pétrole –, échec familial – Laurent (Guillaume Canet) qui, largué par son épouse, est en colère contre tout et contre tous, sauf contre lui-même –, mixte – Simon (Jean-Hugues Anglade) qui est cantinier le midi à la grande honte de son adolescente de fille et rockeur de salles des fêtes convaincu d’être Freddie Mercury le soir – ou simplement décalé, socialement – Thierry (Philippe Katerine) qui, gardien de piscine, retient une consigne sur deux, et, dînant seul au restaurant, rit des blagues de ses voisins de table –, ou culturellement – Avanish (Thamilchelvan Balasingham), un Sri-Lankais jovial et rondouillard qui écoute d’autant mieux tout le monde qu’il ne comprend aucun mot de français –, etc., vont reprendre goût à la vie en s’investissant dans leur équipe de natation synchronisée. En prévision des championnats du monde organisés en Norvège, ils sont pris en charge par deux coaches ex-championnes, Delphine (Virginie Efira), qui est alcoolique, et Amanda (Leïla Bekhti), une sportive paraplégique.

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