Là Haut
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Thème (s):
Guérison
Date de sortie:
29 juillet 2009
Durée:
1 heures 35 minutes
Ecrivains:
Aventure, blessure, bonheur, deuil, don de soi
Directeur:
Pete Docter, Bob Peterson
Acteurs:
Edward Asner, Jordan Nagai, Bob Peterson...

Là-haut

Up : Là-haut, film d’animation, drame américain de Pete Docter et Bob Peterson, 2009.

Thème principal

Guérison

Thèmes secondaires

Aventure, blessure, bonheur, deuil, don de soi

Cette brillante production Disney-Pixar n’est pas seulement un film de distraction qui fait rire et d’émotion qui fait pleurer. Elle raconte une ascension intérieure (Là-haut) qui pourrait accompagner un travail de deuil.

Carl Frederiksen, octogénaire bougon, est un homme blessé : il a perdu Ellie, l’amour de sa vie, ils n’ont jamais eu d’enfant, il se retrouve seul quoiqu’entouré d’immeubles, il n’a jamais concrétisé son rêve de jeunesse : retrouver son modèle, l’explorateur Charles Muntz, et rejoindre Paradise Falls. Pourtant, un trauma plus décisif l’afflige, et il l’ignore.

Quand, après bien des péripéties, il arrive aux chutes du paradis, étrangement, il n’est ni joyeux ni même paisible. Son cœur est aussi lourd que son pas et que sa maison qui peine maintenant à s’élever. Deux humbles objets seront médiateurs de sa guérison, plus, de son salut. Il feuillette l’album photos d’Ellie avec nostalgie. Mais celle-ci laisse place à la stupéfaction, lorsqu’il découvre qu’après les souvenirs du passé, il comporte une seconde partie : « Trucs à faire ». Plus encore, il s’achève par ces mots : « Merci de cette merveilleuse aventure. Il est temps pour toi d’en vivre une nouvelle. Je t’aime. Ellie ». Le spectateur, incrédule, est tenté de s’écrier au deus ex machina : comment est-il possible que Carl n’ait jamais lu en entier l’ouvrage qui lui était le plus cher ? Et si, en se murant dans sa tristesse, il avait projeté sur Ellie sa fermeture à tout avenir, devenant ainsi l’artisan de son propre malheur. Or, son épouse lui révèle la loi de la gratitude, qui rime avec béatitude : « Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement » (Mt 10,8). Mais donner à qui ? Là entre en jeu le second objet, baigné d’une lumière féerique : sur le fauteuil d’Ellie, l’attend le baudrier à pins qui symbolise Russell, le boy scout du groupe des petits explorateurs, et le convoque à la sortie de soi, au don de soi (sauver l’oiseau de paradis, Kevin). En répondant à cet appel, toutes les blessures guériront, les manques seront comblés, par surcroît : l’enfant tant désiré, sa compagnie si fraîche, le rêve enfin concrétisé (la dernière image ne montre-t-elle pas la maison ayant miraculeusement atterri aux Paradise Falls ?).

S’élever vers là-haut, c’est d’abord construire le système très ingénieux qui permet à la maison d’échapper à son environnement toxique et honorer l’ingéniosité de Carl. C’est ensuite, se donner le droit de vivre ses rêves au lieu de rêver sa vie. Mais, beaucoup plus radicalement, c’est s’élever vers plus haut que soi. Simone Weil n’opposait-elle pas de manière suggestive la pesanteur et la grâce ? Or, par repli sur le passé et finalement par égoïsme, Carl a préféré la défunte Ellie au vivant Russell. Son changement requerra non seulement une prise de conscience mais une décision : se libérer des souvenirs matériels, donc alléger la maison, donc s’élever. Euphoniquement autant que psychologiquement, Charles et Carl ne se distinguent que par un(e) « h », qui permettra de rompre les amarres ! Autant le « méchant », qui est surtout un homme malheureux incapable de vivre avec son semblable, chute par sa convoitise, autant Carl s’élève en nouant une amitié improbable mais féconde avec le boy scout. Et lui-même qui oscille entre gratuité (service à une personne âgée) et promotion personnelle (devenir senior du groupe) apprendra la véritable générosité. Dès lors, le voyage vers « the above and beyond » est plus qu’évasion ou même réalisation, il est chemin par et pour le don (1).

 

(1) Russell doit parcourir un chemin similaire. Faisant collection de pins, il lui en manque un seul pour devenir senior du groupe, celui qui attesterait qu’il a rendu service à une personne âgée. En fait, une secrète contradiction le mine : soit il agit gratuitement et alors ne veut pas du pin ; soit il désire celui-ci et alors ne veut pas tant aider qu’être promu senior. Ce sera l’évolution de Russell que de risquer sa vie pour Kevin et d’accéder à une véritable générosité.

 

Cf. Quentin Dupont, « Up, un nuovo film della Disney-Pixar », La Civiltà Cattolica, 2009 IV, p. 168-170.

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Des studios Disney-Pixar arrive la comédie d’aventure «Up», qui suit un vendeur de ballons de 78 ans, Carl Fredricksen, au moment où il réalise enfin le rêve de sa vie. Son désir de vivre une grande aventure le pousse à attacher des milliers de ballons à sa maison pour s’envoler vers les régions sauvages de l’Amérique du Sud. Mais il s’aperçoit trop tard de la présence d’un colis ayant la forme de son pire cauchemar : Russell, un jeune explorateur de 8 ans un peu trop optimiste, l’accompagnera dans son voyage.

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