Escape Game
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Pays:
Américain
Thème (s):
Autolimitation, Don de soi
Date de sortie:
27 février 2019
Durée:
1 heures 39 minutes
Évaluation:
**
Directeur:
Adam Robitel
Acteurs:
Taylor Russell McKenzie, Logan Miller, Deborah Ann Woll
Age minimum:
Adolescents et adultes

Escape Game (Escape Room), thriller américain d’Adam Robitel, 2019. Avec Taylor Russell, Logan Miller, Deborah Ann Woll, Jay Ellis, Tyler Labine, Nik Dodani.

Thèmes

Autolimitation, don de soi.

Au-delà de la trame narrative serrée où la multiplication des salles est covalente de la multiplication des rebondissements inattendus, Escape Game tire sa possible richesse de la mise en œuvre d’un triple registre, sociopsychologique, éthique et logique, métaphysique.

 

En effet, ces huis-clos sont l’occasion de regrouper dans un même lieu et un même temps, en vue d’une même action, donc dans la plus grande similitude scénaristique, la plus grande diversité sociopsychologique. Radicalisant la règle des trois unités, ils assurent ainsi la concentration dramatique maximale. Toutefois, s’ajoute dorénavant aujourd’hui un point commun constant, qui relève du survival syndrom : la personne vient avec un passé traumatique ou déviant, refoulé ou dénié, que l’épreuve du jeu mortel contribue paradoxalement soit à assainir soit, au contraire, dans sa répétition irrésolue, à porter son fruit létal.

 

L’histoire serait insupportablement individualiste, amalgamant des individus qui jamais ne se seraient rencontrés dans la « vraie vie », et surtout manquerait son objectif si n’intervenait la deuxième perspective qui enrichit le canevas sociopsychologique de sa profondeur éthique, qui ouvre le passé aliénant sur un possible avenir libérant. Ici, l’itinéraire n’est plus le passage de la blessure à la guérison, mais celui du narcissisme à l’ouverture, voire au don de soi. Autre, en effet, est la mort d’Amanda qui sacrifie sa vie pour le salut du groupe (la scène la plus réussie du film), autre est la mort beaucoup plus violente de Ben qui assassine Jason pour s’emparer de l’unique dose d’antidote. Il n’y va pas que du moralisme américain, mais de la conscience du spectateur : celui-ci n’est pas prêt à consentir à l’injustice multipliée des torts faits à ces joueurs relativement innocents que si en surgit le bien plus grand d’un dépassement de soi. Et donc, s’il éprouve la catharsis de voir un héros mourir héroïquement.

 

Si ingénieuse soit l’intrigue, si douloureuse soit la mémoire, si généreuse soit l’offrande de soi, ce film à budget étriqué (9 millions de dollars) n’aurait pas récolté le pactole le plus inattendu (plus de 155 millions de dollars dans le monde) s’il n’avait renouvelé le genre du film à jeu, dont le paradigme demeure le bien nommé The game (David Fincher, 1997). Cette originalité est l’impossibilité de savoir, pour le joueur s’il a dé-joué tous les pièges et, pour le spectateur qui se situe au niveau n + 1, donc est extérieur au jeu du joueur, mais demeure intérieur au jeu de l’intrigue, s’il est ou non roulé par le scénariste. Dans le cas du joueur, la logique convoquée est, sans grande originalité celle de la ploutocratie où les méchants richissimes aggravent et condamnent leur égoïsme par leur perversion. Dans le cas du spectateur, le modèle implicitement mobilisé est celui de la position méta ou plutôt de la gödelisation du canevas : tout système peut être englobé dans un système plus large qui excède la formalisation du système subordonné. Mais le brio de ces scénarios emboîtés qui enfument les spectateurs avec leur plus jouissive complicité ignore sa secrète auto-divinisation et oublie le mot d’ordre d’Aristote : « Anankhè sténai : il est nécessaire de s’arrêter ». Leur toute-puissance prétendument infinie n’est qu’un avatar de l’indéfini (que Hegel appelait le mauvais infini), celui de l’arbitraire spectaculaire.

Pascal Ide

Après avoir résolu l’énigme d’une boîte à secret reçue dans un colis, six personnes découvrent l’invitation à participer à un escape game à Chicago avec à la clé 10 000 $ promis au vainqueur. L’équipe est composée d’une étudiante en physique, Zoey Davis (Taylor Russell) ; une ex-militaire, Amanda Harper (Deborah Ann Woll) ; Ben Miller (Logan Miller) ; Mike Nolan (Tyler Labine) ; Jason Walker (Jay Ellis) ; Danny Khan (Nik Dodani).

Dès leur arrivée dans le bâtiment de l’entreprise Minos Escape Room, chacun se voit confisquer son portable, sous le prétexte qu’aucune photo du jeu ne filtre. Lorsque Ben tente de sortir de la salle d’attente où tout le monde est rassemblé, il enclenche un mécanisme qui sonne le début de l’escape game. Zoey actionne accidentellement un piège qui active un système de chauffage dans la pièce. Celui-ci devenant de plus en plus brûlant, les participants comprennent soudain que le jeu n’est pas un jeu, mais un piège mortel. Ils réussissent à s’échapper de la première salle in extremis, pendant qu’Amanda, au cours d’un flash, se souvient d’avoir survécu à une attaque par engin explosif improvisé.

La deuxième pièce est une cabane en bois verrouillée par deux cadenas. Le premier est ouvert avec une clef et le deuxième nécessite un mot de sept lettres. Les têtes de rennes accrochées au mur rappellent à Ben sa première sortie en voiture avec des amis durant laquelle il écoutait une chanson de Noël, Rudolphe le renne au nez rouge, lorsqu’un accident est survenu dont il a été le seul survivant. L’équipe parvient ainsi à sortir de la maison qui se verrouille derrière eux.

Les « joueurs » se retrouvent dans un faux extérieur, un lac à la surface gelée, alors que la température se fait désormais de plus en plus froide. Jason découvre la porte de sortie fermée à clef, tandis qu’Amanda trouve dans une malle une parka rouge, que les joueurs décident de porter à tour de rôle. Lorsque Danny tente de récupérer le briquet de Ben pour aider le groupe à faire fondre un cube de glace contenant la clé de la porte de sortie, cette solution est jugée illégale par les concepteurs du jeu. Pour le punir, la glace se brise sous ses pieds et Danny se noie. Cela rappelle alors à Jason qu’il a survécu dans des eaux glacées à la suite d’un naufrage, avec un ami portant une parka rouge.

Sortant de la pièce glacée, l’équipe entre dans une salle de billard renversée dont le sol se dérobe sous leurs pieds à mesure que le temps passe, dévoilant un abîme sans fond. Zoey se souvient alors d’un crash aérien qui a entraîné le décès de sa mère. Un membre de l’équipe trouve une porte sans poignée et remarque également l’absence de la boule 8 sur la table de billard. Il pense donc que cette boule pourrait être la poignée manquante. Amanda réussit à la trouver dans un coffre-fort, mais, au moment de la ramener, elle la laisse tomber sur la dernière partie du sol-plafond qui est en train de se dérober. Elle décide alors de se sacrifier pour ramasser la poignée et ainsi sauver les quatre membres restants de l’équipe.

La pièce suivante est une salle d’hôpital. Les joueurs se rendent compte que les six lits présents sont les mêmes que ceux où ils étaient hospitalisés après leurs accidents respectifs, réalisant que les épreuves qu’ils ont subies ont été calquées sur leurs vies. Une émission sur un écran de télévision leur indique qu’ils ont cinq minutes pour trouver une certaine limite qui leur est propre, avant qu’un gaz toxique ne se répande dans la pièce. Trouvant un électrocardiographe, Mike a l’idée de faire battre son cœur le plus vite possible, sans succès. Jason convainc Mike d’arrêter son cœur avec un défibrillateur, mais la manœuvre échoue et lui coûte la vie. Jason tente alors le contraire : diminuer le plus possible son rythme cardiaque, ce qui provoque l’ouverture de la porte. Mais, dans le même temps, Zoey, exaspérée par le jeu qu’elle pense truqué, détruit toutes les caméras de la pièce, refusant de suivre ses deux partenaires, et finit intoxiquée par le gaz.

Jason et Ben accèdent à une nouvelle pièce psychédélique. Ils se disputent à propos de la mort de Mike et Zoey. Puis Jason reproche à Ben d’avoir envoyé Danny chercher son briquet, provoquant involontairement sa mort. De son côté, Ben avoue avoir compris que Jason a finalement survécu au naufrage en tuant son compagnon de bord. Mais le jeu mortel continue. Apprenant qu’ils ont été drogués, ils trouvent un message leur indiquant qu’ils doivent trouver un antidote pour pouvoir survivre. Ben découvre une seringue contenant une unique dose d’antidote. Au cours de la bagarre qui s’ensuit, Ben tue Jason et s’empare de l’antidote. Il peut ensuite accéder à la septième et dernière pièce, une bibliothèque qui rétrécit, que l’on a brièvement vu au début du film.

S’en échappant de justesse, Ben accède au toit de l’immeuble et découvre la salle de contrôle du jeu, un écran indiquant qu’il est le seul survivant. Il rencontre alors le maître du jeu (Yorick van Wageningen), qui lui annonce l’existence de plusieurs versions du jeu précèdent qu’il a vécu ; il lui apprend également que de richissimes personnes extérieures parient sur les résultats. Pour l’empêcher de divulguer les secrets du jeu au monde extérieur, il tente de tuer Ben. Il est sauvé de justesse par Zoey qui, ayant trouvé un masque à oxygène, a réussi à survivre au gaz toxique.

Tous deux réussissent à sortir du bâtiment. Pendant que Ben est à l’hôpital à la suite de ses blessures, Zoey tente d’expliquer à la police ce qui s’est passé. Mais la salle d’attente et toutes les autres preuves ont été totalement carbonisées. Son témoignage est donc rejeté.

Six mois plus tard, Zoey rencontre Ben et lui montre des articles de presse attestant faussement la mort accidentelle des quatre autres membres de leur équipe. La jeune femme, déterminée à mettre fin à ces jeux mortels, convainc Ben de l’accompagner à New York, où se situe le siège de Minos Escape Room. Nous participons alors à un crash aérien qui s’avère, en fait, être une simulation de la nouvelle épreuve inventée par le Puzzle Master pour le prochain vol de Zoey et Ben…

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