American Assassin
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Pays:
Américain
Thème (s):
Guérison, Vengeance
Date de sortie:
20 septembre 2017
Durée:
1 heures 52 minutes
Directeur:
Michael Cuesta
Acteurs:
Dylan O'Brien, Michael Keaton, Taylor Kitsch

 

 

American Assassin, film d’espionnage américain de Michael Cuesta, 2017, adapté du roman éponyme de Vince Flynn. Avec Dylan O’Brien, Michael Keaton.

Thèmes

Vengeance, guérison.

Passons le thème mille fois ressassé de la vengeance – sauf qu’il est ici remis à la question quant à son efficacité. Passons aussi la scène romantique autant que traumatique cent fois vue de la perte irréparable – sauf qu’elle est ici traitée de manière attachante autant qu’efficace, dès l’ouverture du film qui gagne ainsi en émotion, en lisibilité et en nervosité. Passons enfin la toute-puissance d’un héros un peu trop invincible et un peu trop invisible, pour être crédible – sauf qu’il fait face à un méchant dont on verra qu’il ne s’identifie pas ingénument et en tout cas uniquement aux fondamentalistes barbus. Tout en cherchant d’abord à distraire, ce film d’action aborde un thème qui n’est pas dénué d’intérêt, celui de la « recette » pour fabriquer un agent de terrain ultra-performant.

 

Ladite formule gagnante passe par la prise en compte de (au moins) trois polarités qui sont à doser avec doigté. Du plus global au plus intérieur.

La première oppose l’institution, en l’occurrence la CIA, et l’individu. La réussite requiert de former sans formater. Elle demande assez d’objectivité institutionnelle pour sélectionner les surdoués et les éduquer, mais pas trop pour ne pas les couler dans un moule identifiable – voilà pourquoi, trop repérable, l’agent Victor (Scott Adkins) mourra dès sa première mission – et brider leur créativité – voilà pourquoi, dans la même mission, Stan décrochera alors que Mitch l’achèvera avec brio.

Ici, la médiation institutionnelle est trop éloignée et trop anonyme pour suffire à l’éducation, et le candidat trop blessé, mais aussi trop rebelle pour en bénéficier. La première formation se doit donc d’être doublée d’une autre assurée au plus près par un formateur du contre-espionnage américain. Le deuxième conflit se situera alors entre le maître, en l’occurrence le légendaire vétéran de la Guerre froide qu’est Stan Hurley, et le disciple. La réussite tiendra ici dans la juste distance et donc la juste adaptation. Elle exige assez de paternité empathique pour que l’obéissance permette non pas d’abord de dompter le mustang fougueux, mais de lui donner de porter tout son fruit – de fait, c’est parce qu’il écoute Stan que l’explosif au plutonium ne commet qu’un dégât limité (donnant à voir la scène la plus spectaculaire du film et une première si je ne me trompe : l’impressionnante explosion sous-marine d’une bombe atomique) –, mais pas trop pour ne pas engendrer ce double si révélateur de l’excès paternaliste qu’est la création du méchant, Ghost (Taylor Kitsch) – autre bonne surprise : le pire méchant du film n’est pas un iranien.

Enfin, la troisième tension à intégrer est intérieure à l’agent : celle de son esprit et de son affectivité. Toute l’œuvre éducatrice réside là encore dans un juste milieu tout en nuances. Pas trop d’affect (entendez blessé) pour que, au nom de l’éthique, la justice ne devienne vendetta, mais aussi, au nom de la pragmatique, la raison n’embrume et n’embue l’action– ainsi que Stan le fait expérimenter avec efficacité à Mitch en lui faisant revivre, vidéo à l’appui, la scène du trauma initial –, mais toutefois assez (contrairement à ce qu’une rhétorique anesthésiante un peu trop appuyée semble dire) pour que l’agent conserve son énergie et sa motivation sans se transformer en un froid Terminator. Au terme, le héros est désormais apaisé – non seulement, il le dit à Ghost (« N’y voyez rien de personnel »), mais il l’est : il visionne le souvenir traumatique de ses vacances avec sa fiancée ; plus encore, il est né à une authentique compassion (tempérant les félicitations légitimes de son supérieur par la réponse : « Il y a eu beaucoup de morts ») – le scénario évitant de sombrer dans la facilité de transformer la belle espionne, Annika (Shiva Negar), laps et relaps, en remède.

De fait, en mettant en scène la mort du commanditaire de l’attentat terroriste dès le début, la motivation vengeresse s’épuise. Mais elle aurait pu se transférer et se radicaliser dans un effet miroir où le justicier devient même ou pire que le bourreau. Or, tout au contraire, l’asservissement à sa cause personnelle laisse place à un service de la cause patriotique – ce qui demeure l’ingrédient essentiel pour une recette gagnante.

 

Nous étions en droit de craindre une énième histoire manichéenne. Mais le titre du film dénotait l’essentielle ambiguïté du héros : l’adjectif « américain » désigne-t-il la victime ou l’auteur de l’assassinat ?

Pascal Ide

Passant des vacances de rêve avec Catherine Harper, Mitch Rapp (Dylan O’Brien) la demande en mariage. Stupéfaite et enchantée, elle répond affirmativement. Pour fêter cette réponse, Mitch va chercher une boisson au bar. C’est alors que surgissent des terroristes islamistes qui, avec de nombreux autres innocents, fauchent Catherine.

Dix-mois plus tard, nous retrouvons Mitch, au look ravagé, en contact avec des frères musulmans, affirmant vouloir participer au djihad. En réalité, il est devenu une nouvelle recrue de la CIA. Incorporé dans une équipe d’élite officiant pour le contre-espionnage américain, il suit le rude entraînement de Stan Hurley (Michael Keaton). Mais, encore visiblement traumatisé par la perte de sa fiancée, l’espion en herbe ne risque-t-il pas de confondre vendetta et justice ?

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